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La Diablesse aux 1000 Visages
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29 décembre 2021

Les Vies de Loulou (Las edades de Lulu) 1990 Bigas Luna

vies de loulou

Lulu, pour sa première fois, couche avec un espingouin qui lui rase la vulve (quel con), elle se marie avec lui, ils s’amusent bien, expérimentent, tellement d’ailleurs que Lulu finit par niquer avec son propre frère, à son insu, obéissant à un fantasme de son mari (mais quel con). Elle le quitte mais il lui manque, elle s’oublie dans des pratiques destructrices, avant de retomber dans ses bras. Sans doute que le film a dû choquer le bourgeois et plaire à la jeunesse espagnole d’alors, bon. Mais aujourd’hui ça ne passe plus du tout, on a juste un catalogue de vignettes illustrant quelques fantasmes du mâle de base, assez mal mis en scène qui plus est. Sans être un gros fan d’Almodovar, je lui reconnais un sens plastique et une distance qui rendent ses films intéressants, qui manquent totalement à Bigas Luna. Mais le pire étant finalement la sexualité de Lulu, faussement libérée, totalement soumise aux hommes. Voilà, un bien mauvais portrait de femme, vu par un mec qui y projette ses fantasmes pornos standardisés.  Ça donne envie de se faire un Hong Sang-soo. (vu en 2021)

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29 décembre 2021

Requiem pour un massacre (Idi i smotri) 1985 Elem Klimov

requiem pour un massacre

Les massacres perpétrés en Bielorussie par les nazis, vu par les yeux d’un gamin d’un. Il y a une première partie étrange, le gamin et sa copine errant dans une forêt primordiale, une espèce de réminiscence du jardin d’eden perdu, ils y a une certaine innocence dans ce moment là,  on ne s’attend pas trouver ça dans le film, on sait ce qu’on est venu voir. Ce qui suit n’en est que plus terrible. La caméra colle aux basques du gamin, on découvre un charnier par un coup d’oeil, un plan d’une force incroyable. On assiste aux efforts pour trouver de quoi nourrir les survivants, le film flotte un peu, ça pourrait être ça ou autre chose, mais c’est ça et c’est dans la logique du récit. La dernière partie en vient aux faits, on n’est pas épargné, c’est l’horreur, je n’ai certes pas tout vu de ce qui évoque la barbarie nazi, mais on est certainement dans le plus marquant. Il y a un point de vue direct, assumé, aucune distance, aucune dramatisation ou réflexion, c’est brut, cauchemardesque, au-delà des mots. La fin montre le gamin tirant sur un portrait d'Hitler, monté avec des images d’archives qui remonte jusqu’à l’enfance du monstre, on voit, on ne comprend pas, on est sonné. (vu en 2021)

29 décembre 2021

The Chinese boxer (Long hu dou) 1970 Jimmy Wang Yu

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Tu sais ce que c’est, deux écoles, l’une qu’elle incarne les valeurs traditionnelles (le kung fu c’est autre chose que se foutre sur la gueule), l’autre qu’elle est moins forte mais qu’elle veut être la meilleure. Donc elle massacre la première à l’aide de maîtres venus des quatre coins de l’Asie (tous des mecs, dommage). Seul survivant, mais il s’est quand même fait arracher un bras, Tien Lung va venger son maître en mettant au point une technique de boxe à une main. Original einh ? Connu en France sous « Le Roi du Kung Fu attaque » et « Un Petit coup dans les baguettes » (j’aime bien le deuxième), ça commence classique (Wang Yu est pas mal, et meilleur acteur que Bruce Lee), avant de dériver vers une sorte de kitsch nanardesque qui ne le sauve pas de l’ennui. (vu en 2021)

19 août 2021

Titane 2021 Julia Ducournau

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Adrien est une fille qui a un crâne composé d’un morceau de ferraille depuis son accident de voiture. Elle danse et s’exhibe dans des salons de voitures et tue ceux qui sollicitent ses faveurs sexuelles (pourquoi ? Sais pas). Forcée de fuir après quelques meurtres un peu too much, elle se fait passer pour le fils disparu d’un sapeur pompiers et entame sa nouvelle vie dans la caserne du papa. Lui, désespéré depuis l’événement, accepte la duperie. Je comprends bien le discours sur la redéfinition de la notion de famille et de genre, et je vois bien que la Ducournau n’est pas manche à la mise en scène, qu’elle veut s’affranchir des codes de narration classiques, mais n’arrive-t-elle pas trop tard ? Il y a plein de scènes plutôt réussies dans ce film foutraque qui revendique trop de singularité sans qu’on sache pourquoi, sinon pour prouver qu’on peut le faire, en France aussi. Et puis le discours sur la famille et le genre, c’est tendance mais ça fait pas 60 ans qu’on en parle ? Bref me voilà bien embêté avec ce film que j’aimerais aimé mais non. J’en aime assez la plastique, la réalisation, voir le côté gonflé, mais pas du tout l’écriture. On la compare depuis son premier film avec Cronenberg, elle le revendique aussi, mais lui il écrit ses films au petit oignons, ici on a l’intention, une succession de bonnes scènes, mais tout simplement une histoire pas si bien racontée, que Ducournau peine à rendre intéressante. (vu en 2021)

30 août 2021

Au revoir l’été (Hotori no Sakuko) 2013 Koji Fukada

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Google traduction donne "Sakuko sur le rivage", ça fait Rohmer... C’est l’été avant la rentrée à l’uni, Sakuko est en vacances avec sa tante dans une ville balnéaire. Sa tante y revoit un ex, qui aujourd’hui gère un love hotel clandestin, dont la fille, très franche, n'aime pas vraiment mais fait avec. Elle rencontre aussi un prof, idole de ses étudiantes, qui se révèle être un beau salaud. Sakuko, elle, fait la connaissance d’un timide étudiant originaire de Fukushima et réfugié ici. Elle le dragouille mais il ne voit rien venir, ou alors c’est pas son type, elle est pourtant irrésistible, et Fukada ne se prive pas de le rappeler (Fumi Nikaido, la bombe de Why Don't You Play in Hell). Encore un film d’été lumineux, entre sentiments amoureux et réalités contemporaines, qui mine de rien et sans crier gare, touche sa cible en plein cœur. (vu en 2021)

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16 août 2021

King Kong 2005 Peter Jackson

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Quelquefois on a juste envie d’un spectacle idiot comme on a envie d’un macdo, on pense donc au King Kong de Jackson, histoire d’avoir le plaisir d’en dire du mal (s’il y a des choses à sauver là-dedans j’avoue qu’elles m’échappent). Le Peter, ivre de la puissance de calcul des ses stations de travail, se vautre dans sa fange de pixels (la cavalcade des diplodocus fait la même impression qu’un porno, il faut tout montrer, tenter des positions improbables), on ne sait plus si on est sur Skull island ou au Mordor. Un des trucs exaspérants chez Jackson c’est ces nombreux plans sur ces visages à la mâchoire entrouverte et aux yeux brillants, (sans oublier les violons, gavant), comme si les personnages s’arrêtaient (et le film avec eux) et disaient que waow regarder ça merde, ça vous laisse-t-il pas bouche bée ? Il le fait dans tous ses films sans retenue, et on touche le problème, le gars n’a aucune retenue, il en faut toujours plus (c’était marrant quand il donnait dans le gore fauché), alors un macdo de temps en temps ça passe bien, mais là c’est comme si on se tapait douze cheese royal, quatorze big tasty, une vingtaine de grandes frites, arrosées au coca et au sprite, un poil indigeste quoi. A part ça, il échoue à créer de bons personnages (Jack Black et Adrian Brody ? Et cette caricature d’équipage ?), oublie d'écrire ses dialogues, prive Kong de sa bestialité (il sent la fin des haricots le Kong, on dirait même qu’il pense, qu’il philosophe, perché dans sa tanière ou sur son immeuble), fait d' Ann Darrow un être humain (elle n’est pas là que pour crier et se faire dénuder, elle est une artiste), mais je concède que par moments leur couple fonctionne, ils sont mignons (Kong, mignon !). Je médis mais tout ça n’est-il pas une grosse comédie (poussive) ? La scène où un matelot arrose Adrian Brody à la mitraillette pour le débarrasser de ses cafards va dans ce sens. (vu en 2021)

18 août 2021

La Berçeuse de la grande terre (Daichi no komoriuta) 1976 Yasuzô Masumura

S berceuse de la grande terre

À la mort de sa grand-mère qui l’a élevé, Rin est livrée à elle-même. D’un naturel sauvage, elle ne fait confiance à personne mais se laisse séduire par les belles paroles d’un salaud et se retrouve dare dare employée de maison d’un bordel situé sur une île. Les proprios ont bien l’intention d’en faire une gagneuse dès qu’elle en aura l’âge. Après quelques travaux alimentaires, Masumura revient à un film personnel, avec une héroïne typique de son cinéma : elle est farouche, indépendante mais ne peut que subir le diktat de son entourage. Quitte à être contrainte, elle le fait à sa manière, jusqu'au boutiste, dans une attitude de dévotion masochiste. Elle s’oppose au groupe et puise sa force dans les éléments, terre et eau. Masumura devait être fasciné par ce type de femme, belle, sacrifiée, de laquelle émane une énergie irrésistible qui peut-être destructrice, pour elle-même comme pour son entourage. Ce n’est pas un hasard si c’est Meiko Kaji qui vient en aide à la jeune Rin dans une courte séquence. (vu en 2021)

18 août 2021

La Femme insecte (Nippon konchûki) 1963 Shohei Imamura

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Tome est une petite fille de la campagne, une bâtarde vu que sa mère couche à droite à gauche. Elle grandit, tombe enceinte, puis se fait renier par le fils d’une famille créancière de la sienne, part pour Tokyo, se prostitue, devient maquerelle, se fait entretenir par un vieux bonhomme… On assiste à l’histoire moderne du Japon, qui passe de l’ère féodale au miracle économique en quelques dizaines d’années et, à travers Tome, à la « condition de la femme japonaise » qui, elle, n’évolue guère : elle est un corps que tout le monde exploite (voir la statuette de mère nourricière dans la maison familiale), son père avec qui elle a une relation plutôt louche, les hommes en général, mais les femmes également, celles qui la poussent dans les bras de l’autre famille pour raisons économiques, la maitresse de maison qui l’emploie comme domestique, la maquerelle… Bref elle trime toute sa vie pour les autres, pour sa fille, avec une abnégation certaine. On est chez Imamura, c’est observé avec distance, sévérité, humour, bienveillance, et non dénué d'érotisme. Sa mise en scène à elle seule, précise, assurée, suffit à se pâmer de plaisir, faite de cadre à tomber, d’ellipses, d’actualités, d’arrêt sur image, de poésie - ces petites chansons tristes et courtes scandées par Tome, entre le haïku et le blues- tout ça emballé dans une photo sublime. Sans doute le meilleur de sa filmographie, jusque-là. (vu en 2021)

15 mai 2021

The Nightingale 2018 Jennifer Kent

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En Tasmanie sous joug britannique, l’irlandaise et ex-détenue Clare est la souffre douleur d’un salopard d'officier et de sa clique, qui la viole, tue son mari et le bébé avec. L’officier quitte alors les lieux pour le nord, moins merdique, pour y réclamer sa mutation. Dans un désir de vengeance, Clare se lance sur ses traces, accompagné par un esclave aborigène comme guide, qu’elle prend d’abord comme un moins que rien, puis découvre qu’ils sont de la même condition face à ces chiens d’anglais, forcément ça crée des liens. Le film déjoue les attentes, démarrant sur les traces du rape and revenge pour dire ensuite que la vengeance c’est bien jolie, mais que ça ne fonctionne qu’au cinéma, que dans la vraie vie il en va autrement, la vraie vie ici étant le contexte historique. Ce film me pose problème, c’est violent, primaire, mais habillé comme un film de festival, format 4/3, couleurs désaturées et deux heures vingt à la place d’une heure et demie, pour poser un constat qui n’a rien de bien nouveau : en gros le monde se divise entre oppresseurs et opprimés. Mais on a de la peine à souscrire à la démonstration, d’une part les hommes y sont forcément immondes, dessinés à gros traits, d’autre part les victimes sont forcément une femme et un esclave noir. Je me pose des questions : est-ce que tout ça n’est pas un peu trop réducteur, trop simple, trop noir et blanc (des méchants irrécupérables, une femme et un esclave black qui se lient d’amitié face au racisme) ? L’éprouvante scène du début est-elle nécessaire ? Le contexte n’est-il pas un alibi (on n’apprend a peu près rien sur cette page d’histoire hormis le fait qu’elle a eu lieu). Le film me dit que je devrais l'aimer parce que c'est viscérale mais que c'est aussi un film d'auteur, c'est très violent mais attention, jamais gratuit. Bref, des revendications trop affichées à mon goût, un manque de nuance et une patte auteuriste qui ne m'ont pas convaincu. (vu en 2021)

14 mai 2021

Apocalypto 2006 Mel Gibson

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Des guerriers mayas attaquent le village de Patte de jaguar (c’est mieux que Paul Édouard comme patronyme), qui a juste le temps de cacher sa femme et son fils dans un trou avant d’être emmené pour servir de chair à sacrifice. Dans d’autres mains, Apocalypto aurait sans doute été beaucoup plus conventionnel, on aurait eu des moments de détente entre deux scènes d’actions, des plans aériens de la cité Maya à la Peter Jackson, tout ça pour dire qu’il ne l’est absolument pas, conventionnel. Comme Fury Road, c’est de l’action non-stop du début à la fin (tiens, c’est aussi un aller et retour), si ce n’est les blagounettes du début, comme quoi on peut être sauvage, vivre dans la forêt et avoir le même sens de l’humour que mes collègues de boulot, un humour qui casse l’image cette new age qu’on peut avoir des peuplades primitives et qui permet de s’identifier à elles, même si on ne mange pas de couilles de tapir tous les dimanches. Mel Gibson livre un film réellement spectaculaire et immersif, toujours à niveau d’homme, on découvre tout en même temps que Patte de jaguar, par ses yeux, l’arrivée dans la ville maya est par exemple sidérante. Je dis toujours que quelqu’un qui sait filmer l’action est un bon metteur en scène, il n’y a qu'à voir le combat du début dans le village, lisible, sans cette impression qu’on monte des plans au petit bonheur parce que l’on ne sait pas vraiment quoi faire d’autre, pour se persuader que Gibson a de la ressource. La fin est elle aussi saisissante, à La Planète des Singes. On trouve toute la panoplie du film d’aventure dans la jungle : sables mouvants, serpents venimeux, fléchettes empoisonnées, pièges aux tournants, cité maya, éclipse de soleil, etc. Gibson ne recule devant rien pour rendre son film paroxystique, (peut-être que la scène de l'accouchement était de trop, je ne dis pas). Le tournage en numérique se voit, c’est un peu gênant au début mais on l’oublie assez vite devant le punch de la chose. Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup de films d’action aussi bon ces dernières années. (vu en 2021)

15 mai 2021

La Horde sauvage (The Wild bunch) 1969 Sam Peckinpah

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Pike et sa bande tentent un gros coup, qui s’avère être un piège tendu par son ex ami et partenaire Thornton, maintenant obligé de le trahir s’il ne veut pas retourner en prison. Pike s’en sort, mais a besoin d’un nouveau coup pour pouvoir, enfin, se retirer. Il s’agira de mettre la main sur une cargaison de fusils de l’armée américaine, pour le compte d’un immonde général mexicain. C’est un des premiers DVD que j’ai acheté, voilà bien longtemps. On est bien chez Peckinpah, on y trouve nombres de ses thèmes fétiches : l’amitié, le passage d’un ancien monde (d’homme) à un nouveau (de sociétés) et l’impossibilité d’y survivre, une certaine idée de la virilité, les putes et la téquila. Le film s’ouvre et se ferme par un massacre, l’entre deux étant un long répit avant l'inéluctable. Juste avant le massacre final, Pyke n’a qu’à dire à ses hommes « Allons-y », tout le film les prépare à la compréhension de cette sentence sans qu’il n’ait besoin de dire où ni pourquoi. Et ces fameux gunfights donc, filmés comme on ne l’avait jamais vu, violents c'est clair, paroxystique, mais aussi, disons-le, cinématographiquement exaltants. (vu en 2021)

14 mai 2021

Le Destin se joue la nuit (History is made at night) 1937 Frank Borzage

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Pour empêcher sa femme de demander le divorce, Bruce, le riche propriétaire de paquebot (Colin Clive, parfait en salaud de mari) veut la piéger en simulant un flagrant délit d’adultère . Justement, Paul (Charles Boyer, trop french lover pour être vrai, on est à Paris) passe par là, se fait passer pour un voleur de bijoux, allonge le faux amant, et kidnappe pour de faux Irene, histoire de ne pas amener de l'eau au moulin du mari. Évidemment ils tombent amoureux. Bruce, qui a tout flairé, occit le faux amant et fait porter le chapeau à Paul, puis rentre à New York avec Irene. Paul, qui s’avère être un maître d’hôtel et qui n’a rien compris au film, la suit avec son cuisinier Cesare mais New York c’est grand. Ils reprennent donc un restau, en font LE restau, et attendent qu’Irene y vienne dîner. Quand c’est chose faite, ils prennent le bateau pour Paris afin d’innocenter un inconnu qui est condamné à tort pour le meurtre du faux amant, et se prennent un iceberg en route. Ouf, ils seront sauvés, de plus le mari se suicide (le naufrage du bateau c’est un peu sa faute, c’est le sien et il voulait battre un record malgré les mauvaises conditions météo), en laissant une note dans laquelle il confesse son crime. On n’est jamais touché par ce couple, après tout il s’agit d’une riche bourgeoise qui tombe pour un archétype du french lover, et Charles Boyer et Jean Arthur, pourtant impeccables, n’est pas un duo qui fait rêver, mais le projet de Borzage est sans doute ailleurs : faire de ce film une ode au romantisme à travers l’accumulation de genres, de la comédie au film noir en passant par une catastrophe à la Titanic. Si l’on est pas touché par le couple, on l’est certainement par la virtuosité de l’ensemble, jamais ostentatoire. La mécanique du scénario est irrésistible, sans temps mort, relançant sans cesse l’intérêt, ne dévoilant que ce qu’il faut au moment où il faut. Borzage à un style magnifique, un montage fluide, un grand sens du rythme, des valeurs de plans, et en compose de superbes où l’on reconnaît l’influence du cinéma expressionniste allemand. Ainsi l’histoire d’Irene et Paul n’est là que pour être au service de ce superbe écrin.

8 avril 2021

Les 3 mousquetaires : 2ème époque - La vengeance de Milady

trois mousquetaires 2

La belle et vénéneuse Milady de Winter apporte-t-elle un peu de piquant à ce deuxième volet malgré une mise en scène brouillonne ? On a cru un instant qu’en voilà une qui refuse d’être à la botte de ces moustachus, que son statut d’ex fille de joie l’aura sorti de sa condition de femelle soumise, hélas l’empowerment n’est pas à l’ordre du jour, son ex amant Athos lui administrera une estocade fatale, elle qui a osé taquiner son pote d’Artagnan, qui se l'est tapée au passage, et remet l’église au milieu, où va-t-on si on commence à les laisser faire einh ? La fin voit les mousquetaires partir à la Rochelle mettre une branlée aux anglais, l’air fier et droit. Bof. (vu en 2021)

8 avril 2021

Histoire de détective (Detective story) 1951 William Wyler

detective story

L’inspecteur McLeod est d’une rigueur morale telle qu’il t’enverrait en taule un môme qui a fauché un un carambar. Une affaire sur laquelle il s’acharne, concernant un escroc pratiquant l’avortement, le rattrape et le force à se poser quelques questions sur lui-même. Unité de lieu et de temps (une nuit dans un commissariat de quartier), et quelques petites affaires en plus de celle de l’avorteur, Wyler adapte une pièce de théâtre et ça se voit. C’est une histoire chez les flics, mais l’affaire se passe sur le terrain psychanalytique, et les deux pieds dans une morale très judéo-chrétienne, car il s’agit pour McLeod de résoudre un dilemne : comment continuer à être un flic plus blanc que blanc qui ne laisse rien passer et être le mari d’une femme qui a frayé avec ce salaud d’avorteur et qui a donc eu une aventure avec un rigolo (une putain, selon lui) mais sans laquelle il ne saurait continuer à vivre. C’est techniquement très bon, Wyler varie beaucoup les angles de prises de vue, sort quelquefois de la scène pour aller à l’extérieur ou dans le bureau du lieutenant, mais ne retourne jamais sa caméra sur le quatrième mur, c'est-à-dire sur nous. C’est bien joué, on comprend en une seconde à quel genre de personnages on a à faire, et l’intérêt est maintenu tout du long. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à La Corde, ou à Dial M for Murder, qui ne donnent jamais l’impression qu’on est au théâtre, alors que Detective Story ne nous fait jamais oublier son origine. De même, surtout sur la fin, le jeu d’acteurs devient un brin emphatique, ce qui passe sans doute bien sur scène mais se révèle ici un peu lourd. Mais il y a suffisamment de bonnes choses pour relativiser ces quelques réserves. (vu en 2021)

10 mars 2021

Le maître de guerre (Heartbreak ridge) 1986 Clint Eastwood

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Le sergent Highway est un vieux de la vieille, formé sur le terrain et pas sur les bancs de l’académie, bientôt à la retraite, et c’est un problème parce qu'il est vraiment marié avec le corps des marines. Il est muté dans une compagnie qu’il doit bien connaître vu que son ex femme habite dans le coin, pour reprendre en main une unité de glandeurs. On retrouve avec plaisir notre Clint en plein numéro masochiste, en militaire de carrière bas du front mais avec du bagoût (“Le grognard te prévient qu'il est grognon, mauvais et fatigué, qu'il bouffe du barbelé, pisse du napalm et te vide un chargeur dans le cul d'une mouche à 200 m. Alors, me pèle pas le jonc, pignouf, ou ça va barder”… les doubleurs ont dû se faire plaisir), la tête dans le cul, en dinosaure qui n’a plus sa place dans ce monde, un espèce de dirty Harry en fin de course, et c’est ce qui est passionnant chez lui, la façon dont il malmène le personnage qu’il construit depuis le début de sa carrière. On assiste au récit classique de l’instructeur vache et des pauvres troufions qui doivent le subir, et ça se suit bien, de même que les tentatives du gars pour se rabibocher avec son ex. Sauf qu’on n’est pas dans la démonstration de la fabrique de machines à tuer, le Clint ne changera pas d’un pouce son attitude, il n’apprendra rien de ces jeunes branleurs, ce sont eux qui se rendront compte que finalement, c’est lui the man, et il les emmènera avec lui sur le front, une opération pour libérer des otages américains aux mains des méchants cubains, et sa hiérarchie de se rendre à l’évidence, des mecs comme lui sont indispensables à la nation. Très intéressant dans sa carrière, passionnant dans sa manière de déconstruire son mythe en même temps qu’il met en avant ses idées de droites, mais un film qu’on ne peut suivre jusqu’au bout, faut pas pousser mémé, d’ailleurs la dernière partie, l’invasion de la Grenade, est médiocre. Bien de son temps (vu en 2021)

9 mars 2021

9 songs 2004 Michael Winterbottom

9 songs

Toujours  prêt pour un film polisson, j'ai regardé 9 songs, une film qui raconte une histoire dense et profonde (un couple, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils niquent), un concept qui laisse sur le cul (ils baisent, ils vont voir un concert, ils baisent, concert…), des dialogues remarquables (-T’as sucré le thé? -Possible. -J’aime pas le thé sucré…). Vraiment bien placé pour la coupe du film le plus con du monde. Mais qu’est-ce que Winterbottom a voulu faire au juste ? Un Sex drug and rock’n’roll arty ? A l’arrivé c’est plutôt porno ligne de coke et variété. C’est moche, très mal filmé, les personnages sont épiés dans tous les sens, littéralement mis à poil, pouratnt on en voit rien. On pourrait rire de ce truc si prétentieux si on ne s’emmerdait pas autant (ah, ils remettent ça... c’est quelle heure ? oh putain encore une chanson…). (vu en 2021)

10 mars 2021

Les plaisirs de la chair (Etsuraku) 1965 Nagisa Ôshima

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Atsushi accepte la proposition des parents de la mignonne Shoko, dont il a été le répétiteur et dont il est amoureux : tuer le salaud qui l’a violée jadis et qui fait chanter la famille. Puis un fonctionnaire véreux lui demande de garder son butin, de l’argent public détourné, en attendant qu’il sorte de taule. Shoko s’étant mariée avec un autre, Atsushi décide de se suicider, mais après avoir utilisé le butin pour choper un max, comme on dit aujourd’hui. L’amour est une chimère et les plaisirs de la chair sont amers (et chers !) pour Oshima. Il ajoute à son histoire des éléments de films de gangsters, fait rimer sexe et mort (en même temps on est au Japon), mais même la mort dans l’honneur sera refusée à Atsushi, qui finira bêtement en taule, seul et incompris. Entre-temps il aura eu les faveurs (grassement rémunérées, le sexe est un produit comme les autres) de quatre femmes, une call-girl de luxe, une prostituée moins luxe, une femme mariée, une célibataire. On est toujours dans la contemplation des sensations d’Atsushi, jamais dans ses sentiments. Oshima recherche la modernité dans chaque cadre, son film s’apparente à un collage d’images et de sons, dont beaucoup de silences, qui à la fin donne une sorte de poésie triste, désilusionnée. La beauté de la forme comme remède à l'existence. (vu en 2021)

27 février 2021

Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (Bring me the head of Alfredo Garcia) 1974 Sam Peckinpah

alfredo garcia

Benny s’embarque dans une drôle d’histoire : rapporter la tête d’un péon qui a déshonoré un boss mexicain en mettant sa fille en cloque (ben ouais ça se fait pas quoi). Benny prend donc la route avec sa copine Elita pour un voyage qui devait être facile, vu que le mec est déjà mort et enterré. Au programme, dynastie à l’honneur bafouée, tueurs au look de businessman véreux (comme un texan qui voudrait ressembler à un couturiers italien), anti héros fatigué, dans une épopée violente et désespérée se déroulant dans un vieux mexique poussiéreux, antichambre du nouveau monde. Benny est un fils de pute qui a choisi la liberté de mener sa vie comme il l’entend, malheureusement elle est hors de prix. Tout est foutu, tout est joué d’avance, il ne reste plus qu’à partir dans un geste empreint d’individualité, de liberté et de romantisme fiévreux. Il y a de sacrées gueules dont quelques-unes bien antipathiques, une certaine idée de la virilité, le constat d’un monde qui n’a plus aucune chance face au capitalisme, un Mexique merveilleusement bien filmé, le poids des morts qui tombe au ralenti. Le film devient hallucinant au moment où Benny sort de la tombe d’Alfredo, le cadavre de sa copine dans les bras, puis se lance sur les traces de ses tueurs, la fameuse tête entourée de mouches sur le siège passager. Benny le cabossé est de la pire espèce, et Peckinpah sait le rendre tendre et attachant. Sacrée ballade. (vu en 2021)

6 février 2021

Sherlock Holmes à Washington (Sherlock Holmes in Washington) 1943 Roy William Neill

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Sherlock Holmes et son docteur Watson se rendent aux US, à Washington donc, pour retrouver des documents perdus et convoités par des espions à la solde des nazis. Oui, car c’est un épisode original contemporain de sa réalisation (1943), histoire de faire venir les gens dans les salles en ces temps troublés. Pas de quoi de se relever la nuit mais loin d’être désagréable, grâce à Basil Rathbone, parfait en Sherlock aussi perspicace qu’agaçant, grâce à l’amusant jeu de cette pochette d’allumettes ((du coup ça fume sans arrêt), qui contient les microfilms des fameux documents, qui passe de mains en main sans que personne ne soupçonne rien (sauf Holmes of course), grâce enfin à sa durée d'à peine plus d’une heure, parfois c’est bien agréable ce format. On a droit au petit discours patriotique à la fin, avec le capitol en arrière plan, bon… (vu en 2021)

11 février 2021

Victor Victoria 1982 Blake Edwards

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Victoria, chanteuse sans boulot dans la France d’avant guerre, rencontre Toddy, un gay qui vit pour les nuits parisiennes. Quand il voit Victoria habillé en homme, c’est la révélation : ils vont monter un spectacle où elle se fera passer pour un travesti. Puis un businessman américain tombe amoureux d’elle/lui. Comédie de la confusion des genres et du questionnement des apparences, mise en scène classique (maîtrise des valeurs de plans, couleurs), chorégraphies irrésistibles, humour qui s’exerce contre le désespoir, et ce ton graveleux mais classe, sans parler de Julie Andrews (j’échange volontiers trois kilos de Mélodie du Bonheur contre cinquante grammes de Victor Victoria). Le plus étonnant, c'est qu'on dirait ce film confectionné dans les années soixante alors qu'il à été produit la même année que ET, Blade Runner, Rambo, The Thing… c’est de la provocation. Emballé. (vu en 2021)

6 février 2021

L'Opération diabolique (Seconds) 1966 John Frankenheimer

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Arthur est limite déprimé, son job et sa vie conjugale sont très routinières (et la mienne alors ?), aussi quand une mystérieuse organisation (forcément) lui propose de changer de vie, d’identité, de visage, il saute dedans sans réfléchir. Quand ils lui ont dit qu’ils s’occupaient même de trouver un cadavre pour faire croire à sa disparition, moi je me serais méfié. Évidemment, une fois installé dans sa nouvelle vie, avec son nouveau nom (Antiochus !), avec la tête de Rock Hudson (beau mec, y’a pas à chier), il n’est pas vraiment plus heureux et se rend compte qu’il est passé à côté de tout (avec un nom pareil, remarque…). Et cette jolie blonde qui lui tombe toute cuite dans les bras, c’est pas louche ça einh ? Jolie petit film assez étonnant qui rappelle les scénarios paranoïaques des séries britannique des années 60, qui parle de l’imposture de ce bonheur devenu un bien de consommation comme un autre. Formellement très beau, Mr Frankenheimer se permet quelques expérimentations très réussies bien que le script peine à les justifier. Le film propose une réflexion intéressante pour cette décennie, toujours pertinente bien évidemment. Ceci dit, cette histoire qui adopte la forme de la nouvelle est un peu fermée sur elle-même, et on est plus devant un épisode deluxe d’Au Delà du Réel que du grand film paranoïaque. (vu en 2021)

17 janvier 2021

Angel guts: red classroom 1979 Chûsei Sone

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Tetsuro dirige une petite compagnie qui produit des photos pornos. Lassé par tous ces modèles qui se suivent et se ressemblent (ouais c'est pas marrant comme job), il visionne un jour une vidéo de viol et son intérêt renait devant l’actrice et son jeu vraiment authentique. De nouveau le sexe est triste dans cet épisode d’Angel Guts, Tetsuro besogne sa copine sans trop d’entrain, il idéalise Nami mais celle-ci n’est q'une saute-au-paf, et tout ça finit en gang-bang glauque dans l'arrière salle miteuse d'un petit bar, puis seul dans un terrain vague. C’est un des aspect intéressant du film, de représenter la chose sans joie, à l’intérieur d’un film d’exploitation. Évidemment le script est quelque peu sous-développé, mais on apprécie la mise en scène de Chusei Sone, qui se donne la peine et réussit bon nombre de jolies plans. (vu en 2021)

16 janvier 2021

Les galettes de Pont-Aven 1975 Joël Séria

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Un représentant de commerce (en parapluie !), fait une sortie de route : il quitte son emmerdeuse de femme et son job pour vivre ses passions : les culs et la peinture. Comment ne pas immédiatement sympathiser avec ce personnage, je te le demande ? La première chose qui frappe, c’est cette France qui n’existe plus, et c’est stupéfiant de se retrouver face à elle, car c’est bien elle, je te le garantis. Sinon on vérifie que Jean-Pierre Marielle est au firmament des acteurs français (et il s’entretient le bougre, regarde-moi ça quand il tombe la chemise). Joël Séria, en Robin-des-Bois de l’érotisme, le reprend des mains de Robbe-Grillet et le rend au peuple, et d’une belle manière, assez franche, jamais vulgaire, sauf peut-être par le verbe (toi tu sens la pisse, pas l’eau bénite !), mais eh, là on peut d’accord ? (vu en 2020)

19 décembre 2020

LEAP (Duo guan) 2020 Peter Ho-Sun Chan

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C’est la fin des années 70, Lang Ping en chie dans l’équipe nationale féminine de volley-ball, ouais en Chine on n'a pas les facilités des pays capitalistes mais on a le fighting spirit. L’équipe gagne les championnats du monde cinq fois d’affilée. Puis en une ellipse qui laisse coi, on est en 2004, Lang Ping, toute cassée, est entraîneuse... de l’équipe US, qui met la pâtée aux chinoises qui organisent leur JO. Traîtresse, va. Ellipse. JO de Rio. Lang Ping entraîne cette fois l’équipe chinoise, qui bat les brésiliennes  et rafle la médaille d’or. Donc tout va bien. Les matchs occupent la moitié du film, les vraies joueuses des années 2000 jouent leur rôle, ce qui en dit long sur l’intention de cette production, qui n’arrive jamais, après sa première partie vintage du reste assez ratée, à être autre chose qu’un documentaire, où les matchs historiques sont quasiment reconstitués. Les éléments dramatiques qui occupent l’espace entre les matchs sont du remplissage sans intérêt. Gong Li ne peut rien jouer, coincée sous sa perruque et ses lunettes. De la même manière, le film souffre, gêné par son souci non d’authenticité mais d’imitation. Drôle de truc, sorte de docufiction nationaliste, très mauvais, évidemment. (vu en 2020)

18 novembre 2020

La Résidence (La Residencia) 1969 Narciso Ibáñez Serrador

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Un pensionnat pour jeunes filles difficiles au XIXème siècle, des disparitions mystérieuses, sadisme, inceste et sexualité inhibée, voilà pour les ingrédients prometteurs. Corsets trop serrés, tension sexuelle et décor gothique, le réalisateur arrive à installer une atmosphère qui fonctionne. Lilly Palmer en directrice sévère qui cache ses pulsions incestueuses et la furie Mary Maude au jolie minois (quand elle te regarde, on dirait qu’elle veut t’attacher au radiateur) sont indéniablement les points forts du film. Il y a des bonnes idées : les chemises qui rappellent les uniformes nazis, les conduits d’aérations et le grenier où s’expriment les pulsions refoulées, et quelques scènes très réussies, comme la douche bien sûr. On note l'élégance dont fait preuve Serrador et on sent le sous texte, on est bien loin du film d'exploitation. On pense à Psychose, évidemment, et à Suspiria, bien que La Résidence ne s’élève jamais au même niveau. On ne s’ennuie pas, mais on peine à s'impliquer, d’abord la pauvrette Cristina Galbó ne fait pas le poids face au deux suscitées, et le scénario à tendance à faire du sur place, et échoue à rassembler en un tout ses éléments épars. Il y a enfin quelques maladresses flagrantes, comme le retournement du personnage joué par Mary Maude, incompréhensible. (vu en 2020)

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