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La Diablesse aux 1000 Visages
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15 octobre 2020

Evil dead trap (Shiryô no wana) 1988 Toshiharu Ikeda

evil dead trap

Nami, présentatrice d’un late night show, reçoit une cassette montrant un snuff movie (?), à son intention puisqu'au meurtre sont insérées des photos d’elle. Avec quatre amis, elle part sur les lieux (si!), pensant que ce scoop va booster son audience. J’avais la VHS de ce film à l’époque, et ça m’a fait bien plaisir de le revoir. C’est un très bon slasher, des plus classique (on y couche et on y est tué), du moins dans sa première partie parce qu’après, ça devient pour le moins bizarre. Première partie donc, on assiste à des meurtres imaginatifs et très graphiques, sous influence Argento, qui font leur effets, je n’arrive pas à décider si mon préféré est celui éclairé au flash d’appareil photos, ou celui où la pauvre victime est hissé sur le capot d’une voiture par le coup à l’aide d’un collet en fil de fer. Oui c’est sûr que c’est pas pour tout le monde. Toshiharu Ikeda (Angel guts : red porno) ne s’encombre pas de scènes d’attente, va droit au but, on est tout de suite dans le bain. La vraisemblance n’est pas sa préoccupation première, ni celle de ce sous-genre de toute façon. Par contre il se soucie de sa mise en scène et on a droit à un travail efficace, il prend soin de chaque plan, de chaque mouvements, on est très content. A mi-film la plus grande partie du casting est décimée, et l’histoire prend une tournure bizarre qui peine à convaincre, faut dire. Mais Ikeda continue d’assurer, et le film à sa place parmis les slashers des années 80. (vu en 2020)

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25 novembre 2020

Showgirls 1995 Paul Verhoeven

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Oui ça parle d'Hollywood, c’est connu, et il y a quelque chose de libérateur à voir ce monde clos (entre les deux plans d’autostop, on est “à l’intérieur”, il n’y a jamais d’horizons) exposé ainsi. Verhoeven parle de la vulgarité (entre autre) et utilise les armes de l’ennemi contre lui : la mise en scène est très belle, virevoltante, mais tout est kitsch, vulgaire, outré, du plus mauvais goût, parce que c’est comme ça, et parce qu’il aime ça ; il pourrait faire sienne la citation d’Helmut Newton : "il y a deux obscénités en photographie : l’art et le bon goût". Les rares personnages “du bon côté" s’en prennent plein la gueule, et les autres, eh bien, baise et ramasse le fric. Le bas de la pyramide est glauque, mais Nomi découvre que plus on s’élève, plus c’est dégueulasse. Derrière la version sexy trash d’Eve, un film de guérilla. (vu en 2020)

18 novembre 2020

Sex hunter (Sekkusu hantâ: Sei kariudo) 1980 Toshiharu Ikeda

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Miki la croquignolette petite ballerine est intégrée plus ou moins malgré elle dans l’école de danse de Madame Akiko, où on enseigne autre chose que le ballet. Elle n’oppose que peu de résistance… Une histoire cul-cul, preuve que de jolies femmes filmées (plutôt bien) en train de faire la chose peut être ennuyeux. Je crois que le sbire d'Akiko dit à Miki que l'on a oublié que notre zone la plus érogène est le cerveau, tu parles Charles ! Guère plus intéressant qu’un film X, la faute à un récit à la histoire d’O mince comme un string. Notons un usage du coca cola dont on ne s’est jamais douté (je savais que c'était bon pour les maux de ventre, mais là...). Toshiharu Ikeda fera mieux avec Angel Guts : Red Porno un an plus tard, puis, mais c’est une autre histoire, avec Evil Dead Trap. (vu en 2020)

10 novembre 2020

L'Ange rouge (Akai tenshi) 1966 Yasuzô Masumura

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L’infirmière Sakura Nishi est envoyée au front, pour soigner les blessés nippons, pendant la guerre sino-japonaise. Elle se donnera corps et âme à sa tâche, offrant un réconfort charnel malgré elle à un soldat, puis volontairement à un autre, amputés des deux bras (pas pratique, comme il le remarquera bientôt…), s’offrant enfin au docteur Okabe dont elle tombe amoureuse. Il n’y a pas vraiment de place pour la psychologie, les motivations de l’infirmière restent obscures et peu importantes, de même le film ne cherche pas le réalisme, cette histoire est plutôt un pretexte pour Masumura d’allier à nouveau sexe et mort, passion charnelle et destruction, en un engrenage fatal. Contrairement à Tatouage sorti la même année, la femme de l’ange rouge n’est pas une mante religieuse qui pousse les hommes vers leur fin, bien qu’elle s’en fasse le reproche, elle a au contraire quelque chose de christique, mais reste une femme animée par le désir d’être aimée et à un rôle centrale dans la destinée de ces trois hommes. En somme, l'infirmière Nishi réunit la sainte et la putain. Le contraste entre les scènes de boucherie et cette femme toute de pureté (l’uniforme, la croix, le visage) et de sensualité (le corps sous l’uniforme) est saisissant. Au milieu des décombres et des corps mutilés, Ayako Wakao rayonne littéralement, le noir et blanc semblant là pour mettre en valeur son uniforme (elle est si parfaitement éclairée que la lumière semble émaner d’elle). Masumura compose ses cadres avec un soin d'esthète, chaque photogramme est une merveille. C’est ce qui en fait un film troublant, on y voit des bassines de membres arrachés et d’autres joyeusetés du même genre, et c'est insolemment beau. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Les Bonnes femmes 1960 Claude Chabrol

bonnes femmes

On est chez Chabrol, faut que ça tue, et ça n’arrive qu’à la toute fin, donnant à ce portrait de femmes un goût touchant et amer. On se demande jusqu’à la fin si ce gars est un tueur ou un amoureux, il s'avérera être les deux, évidemment. Ce sont ces femmes et le manège que les mecs lourd font autour d’elles (le seul qui a du tact étant un assassin) qui font le film : la délurée, la mystérieuse, la douce, la bourge, et c’est vraiment chouette de les voir ainsi dessinées par Chabrol (et Decae à la photo) en ce début des années 60. Ça n’a pas trop changé depuis, les femmes rêvent toujours d’amour, les mecs sont toujours lourdingues, tout le monde veut s’amuser, les patrons font chier et on s’emmerde au boulot. Bien aimé cette caissière et son “fétiche”, un mouchoir qu’elle a trempé dans le sang d’un beau mec, tueur de femmes, lors de son exécution. La monstruosité et l’ordinaire. (vu en 2020)

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29 septembre 2020

Angel guts: red porno (Tenshi no harawata: akai inga) 1981 Toshiharu Ikeda

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Hot comme ces plans baignées de lumières rouges, suintant la solitude et le désespoir, tel est le sexe dans cet Angel Guts décidément pas gai, ni passionnant d’ailleurs avec son embryon d’histoire, mais visuellement stimulant et qui arrive a dégager une ambiance qui fait son effet. Surpris d'apprendre que c'est le même Toshiharu Ikeda qui réalisera Evil Dead Trap sept ans plus tard. (vu en 2020)

1 octobre 2020

Espions sur la Tamise (Ministry of fear) 1944 Fritz Lang

espions sur la tamise

Un homme sort d’un asile, se rend à une fête foraine en attendant le train, y gagne un gâteau et se retrouve ainsi mêlé à un réseau d’espions nazis. La première partie, jusqu’à la réunion chez la médium, est extraordinaire, tout en mouvement de caméras justes et élégants, en séquences saisissantes. La première apparition de Mrs Bellane est incroyable, elle semble venir d’un autre monde, vénéneux, terrible mais séducteur. La séquence de spiritisme chez elle est aussi un must (belle utilisation de la lumière... et de l'obscurité), ses invités sont vraiment flippants, normaux mais dégageant quelque chose de maléfique, un peu comme la congrégation de sorciers à la fin de Rosemary’s Baby. De Lang nous ne connaissions que la duologie indienne, Ministry of Fear nous confirme qu’il a une maîtrise du plan qui force le respect, précis, d’une intense beauté. Même le danger, surtout le danger, y est terriblement beau. Très chouette aussi comme cette histoire d’espionnage semble irréelle : fête, gâteau, séance de spiritisme, jeu de piste… Le régime baisse dans la deuxième partie, le scénario devient confus, on est clairement plus au même niveau, même s’il y a du bon bien sûr, comme cette scène chez le tailleur (ces ciseaux !). Le dernier plan est franchement nul, et sûrement pas de Lang. (vu en 2020)

27 juillet 2020

Josey Wales hors-la-loi (The Outlaw Josey Wales) 1976 Clint Eastwood

josey wales

Voilà un des mes Eastwood favoris, même si je conviens que ce n'est pas celui qui plaide le mieux en faveur du réalisateur. En effet, les scènes de fusillades sont peu inspirées, peut-être le point faible du film. En revanche il s'en tire très bien quand c'est plus calme, quand il dégaine tranquillement pour éliminer deux gros fils de putes par exemple. Clint n'est pas un réalisateur de film d'action, mais il est à l'aise pour filmer des faces à faces. Ce n'est donc pas aussi bon et aussi ultime qu'Unforgiven, c'est clair, et pourtant ma côte d'amour est énorme. Je le préfère à High Plain Drifter ou à Pale Rider, malgré ses points faibles, peut-être même à cause d'eux, peut-être parce qu'il est plus touchant (cette fois le mec a un nom, un passé), peut-être à cause de ses allures de road-movie. C'est surtout ce voyage où l'on passe d'une forêt enneigée au désert, du Missouri au Texas, d'une ville de l'ouest à une réserve indienne, cette traversée qui revisite tous les paysages et les climats du western, et cette histoire qui le voit partir seul contre tous, et petit à petit rejoint, malgré lui, par un vieil indien trop civilisé, une squaw rejetée par les siens (elle n'a pas assez résisté quand on l'a violée...), une vieille grand-mère têtue et sa fille un peu simplette, et un chien famélique, qui en font un film magnifique. Sinon, je ne trouve pas qu'il ressemble à un film des années 70, il m'a l'air d'avoir 10 ans de moins. (vu en 2020)

23 juillet 2020

La Sanction (The Eiger sanction) 1975 Clint Eastwood

sanction

Je ne l'avais jamais vu, et je m'attendais à un petit Eastwood sympa, et c'est bien normal, après Breezy et L'Homme des Hautes Plaines. En tout cas je ne m'attendais pas à cette daube. C'est con, mal écrit, ça ne veut rien dire, et il faut supporter toutes les vannes de beaufs que tout le monde envoie aux nanas en leur mettant la main au cul. Sérieux, doit pas être bien fier de celui-là, le Clint. Allez, on va dire que c'est une erreur de parcours, il y en aura d'autres.

7 juillet 2020

Révélations (The Insider) 1999 Michael Mann

révélations

C'est bien la forme d'un film dossier, d'un de ces films où une poignée de personnes s'attaquent à bien plus gros que soit, avec moult menaces et intimidations etc. Il faut bien avouer qu'on n'y apprend pas grand chose (fumer tue, les chaînes TV sont des vendues, sans blagues ?), mais c'est pourtant passionnant, tant le style nous vend l'histoire. On est de suite captivé par ces plans majoritairement au télé, très mobiles, extrêmement élégants, par ce montage qui crée un flux hypnotique d'images et de nappes de sons, par cette caméra attentive qui colle aux visages. Bon, je calme ma joie et constate que Pacino fait un peu trop son numéro, même si on l'aime bien, que les petites victoires avec la musique qui va bien sont un peu clichées. Russel Crowe par contre est très bon, il arrive à nous mettre dans sa poche avec un perso pas vraiment sympa, faut dire que les galères qui lui tombent dessus force l'empathie. Et puis c'est toujours un plaisir de voir ces putains de grandes compagnies vaciller. (vu en 2020)

4 mai 2020

L'Ombre d'un doute (Shadow of a doubt) 1943 Alfred Hitchcock

ombre d'un doute

L'oncle Charlie débarquant chez les Newton, c'est comme le loup de Tex Avery envahissant Disneyland. Joseph Cotten est parfait, qui chie sur l'humanité entière (faut le voir quand il se laisse aller devant la p'tite famille), malgré tout on se range du coté de sa nièce Charlie, bien mignone et innocente ; son monde est bien soporifique, mais haïr la terre entière, c'est pô marrant non plus. Deux visions du monde quoi. La relation télépathique entre les deux est annoncée par les deux plans symétriques qui les introduisent, les montrant s'emmerdant sur leur lit. La fin dans le train est superbe, une tentative de meurtre comme un ébat amoureux, la mort de l'autre en guise d'orgasme libérateur (Hitch le précurseur du giallo, encore). On a des pointes d'humour qui viennent alléger cette trame très sombre ; les remarques des gamins ou les discussions du patriarche avec son pote, dont le hobby est d'imaginer le meurtre parfait, marrant. La nièce Charlie passe par un parcours effrayant par lequel elle quitte son monde enfantin et se découvrir adulte. Peut-être fondera-t-elle un foyer sur le modèle de ses parents, ou peut-être assassinera-t-elle son bénêt de mari, par désoeuvrement, qui sait ? (vu en 2020)

30 janvier 2020

Sexe, mensonges et vidéo (Sex, lies, and videotapes) 1989 Steven Soderbergh

SexLiesVideotapes

Marivaudage à l’aire des camescopes (ça semble déjà loin). Entre le film d’auteur; des femmes sont filmées en train de parler de la chose, qui est donc dite mais jamais montrée, et le film grand public avec de jolies femmes donc, le salaud de mari, l’ami trop mignon, et une morale qui est sauve. Le film est sexy, la forme est belle. (vu en 2019)

18 avril 2022

Toutes les couleurs du vice (Tutti i colori del buio) 1972 Sergio Martino

toutes les couleurs du vice

On est à Londres dans les seventies, Jane Harrison vit avec le souvenir de sa mère assassinée alors qu’elle avait cinq ans, et celui de son bébé mort dans un accident de voiture (!!), tu m’étonnes qu’elle est en proie à des cauchemars récurrents (ridicule scène d’ouverture, se dit-on), qui commencent à méchamment devenir un peu trop réels. Son mari la gave de médicaments (et il se plaint qu’elle est frigide…), sa sœur préfère l'envoyer chez le psy, et la voisine d’en dessous lui dit que ce qu’il lui faut, c’est une bonne vieille messe noire, histoire de se débarrasser des ses angoisses une fois pour toutes. D’accord, répond la Jane. Ouais ben ça ne sera pas plus efficace que les médocs. Bref, c’est la sœur qui est derrière tout ça, une histoire d’héritage. Le script ne veut absolument rien dire et on s’en balance très vite, certaines scènes (le cauchemar, la messe noire) sont quand même assez datées, il n’y a pas de morceau de bravoure à la Dario. Les acteurs jouent bof, la palme à Edwige Fenech qui a le charisme d’un cochon d’inde, elle est là pour se dessapper, et elle a un corps pour ça, on dit ça même si elle n’est pas notre genre. La chose n’est pas vraiment un giallo sur le fond, elle lorgne plutôt, et sans se gêner, vers les délires paranoïaques de Rosemary’s Baby. Mais pourtant, malgré tout ça, on a pris un énorme plaisir à sa vision. La sublime musique de Bruno Nicolaï n’y est sans doute pas pour rien, mais on a aussi trouvé que Sergio soignait ses cadres, ses décors, sa photo, ses ambiances, et on a plongé avec une grande satisfaction dans ce rêve éveillé dont le scénario mal branlé, plutôt que de le desservir, lui procure un côté onirique. (vu en 2022)

19 avril 2021

Triple agent 2004 Éric Rohmer

triple agent

Fiodor, russe blanc et ancien général marié à la Grecque et jolie Arsinoé, travaille dans le renseignement à Paris à la veille de la deuxième guerre (pas compris ce qu’il faisait au juste, mais le sait-il lui même?). Il manie le langage en orfèvre, sachant quoi dire et quoi taire aux oreilles qui passent alentour. Il y excelle à tel point qu’il commence à se prendre pour le joueur qui déplace les pièces dans le contexte bouillonnant de la montée des nationalismes, jusqu’à ce que, ivre de sa virtuosité, il cause sa propre perte et celle de sa femme. Chez Rohmer on vit par le langage, ici c’est un homme en déroute qui veut faire sa place dans le monde, comme dans ses autres films son personnage discourt beaucoup, sûr de lui, et se fait prendre à son propre piège. La reconstitution d’époque se fait avec trois fois rien et fonctionne bien, ainsi le contexte est amené par des images d’archives. Il y a quantité de considérations comme par exemple cette opposition entre art figuratifs dépassé et art moderne naissant, et leur rapport aux classes, et sans doute plein d’autres choses qui me passent à  dix mille pieds au dessus. Je suis bien incapable de dire ce qu’il est arrivé à Fiodor, un coup des bolchéviques ? Des nazis ? Ça laisse perplexe. (vu en 2021)

27 mars 2021

Crash 1996 David Cronenberg

crash

A la suite d’un carambolage, James découvre que le choc de l’accident développe en lui une énergie sexuelle inédite. Cronenberg ne raconte pas une histoire qui va d’un point A vers un point B, si James a bien un problème, il le garde du début à la fin, rien n’est résolu. Passé le choc initial il n’y a pas de progression, plutôt une méditation glacée, un poème sombre faisant le constat d’un monde perdu. Ça parle bien sûr de la sur-stimulation de nos sens et donc de l’assèchement de nos vies intérieures, James et sa femme semblent vides, dépossédés d’eux-mêmes. L’idée des crashs de voitures pour représenter une sexualité mécanique, envahie, volée, dévastée, en manque de sensations fortes, toujours plus violentes, est assez géniale. Par extension, le film ne parle pas que de sexe mais bien de nos existences. Il est assez proche de Videodrome, c’est la même tyrannie, mais videodrome présentait les deux parties en présence, alors que dans Crash nous n’avons que le point de vue de James, puisque si l’on suppose qu’il y a bien un antagonisme, on ne saura rien sur lui, on n’en verra que la manifestation : des voitures et un réseau routier qui envahissent l’espace privé. Cronenberg conduit toujours en maître sa narration sèche, passant son scénario au tamis et ne retenant que l’essentiel. La façon dont il met en scène ces flux routiers omniprésents, envahissant la sphère privée (les intérieurs n’ont plus rien d’intimes, la voiture devient le lieu où l’on vit), est admirable, et annonce le monde connecté d’aujourd’hui. Et bien sûr la métaphore des voitures qui s'enfoncent l’une dans l’autre, des carrosseries que l’on pénètre , défonce, frappe, le cuir des sièges et les fluides des moteurs, les photos d'accidentés de la route que l'on regarde comme des magazines pornos, jamais la petite mort n’a aussi bien porté son nom. (vu en 2021)

27 mars 2021

eXistenZ 1999 David Cronenberg

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La conceptrice de jeu vidéo Allegra Geller est la cible d’un groupuscule prônant le « réalisme «, elle s’enfuit avec l’aide d'un employé de la firme, et tous deux s’échappent dans le dernier jeu d’Allegra : « eXistenZ ». Amusant, Cronenberg s’empare de l’univers du jeu (et de la réalité virtuelle, un de ses thèmes récurrent) et les présente comme une nouvelle religion. L’écriture et la progression narrative sont ainsi celles de cet univers, avec ses caractéristiques propres, ce qui donnent quelques scènes cocasses. C’est plein d’objets assez marrants, comme ce pistolet en os de lézard génétiquement modifié, ces consoles organiques et ces bioports a l’aspect anal qui ne demande qu’à être pénétrés. Bien que très cohérent dans l'œuvre du canadien, il n’a pas ce ton grave et dramatique et est plus récréatif que ses autres films, ce qui est raccord avec son thème. (vu en 2021)

17 octobre 2020

La Vengeance d'un acteur (Yukinojô henge) 1963 Kon Ichikawa

vengeance d'un acteur

Un acteur de kabuki spécialisé dans les rôles de femme aperçoit dans le public les hommes à l’origine de la mort de ses parents, qu’il a jurer de venger. Il va séduire la fille d’un des hommes pour pouvoir les approcher. Deux voleurs rivaux sont témoins des actions de l’onnagata. Acteur travesti, vengeance, cinéma japonais, l’équation avait tout pour me séduire et j’en attendais beaucoup. Cette histoire en vaut une autre, et si les prémisses sont prometteurs, son déroulement est bien classique. C’est par la mise en scène que Ichikawa s’empare du film, il épure ses plans et son propos au maximum, stylise ses décors en ne laissant que le strict nécessaire, ainsi la vengeance de l’acteur devient elle même théâtre, et les deux voleurs qui n’ont que peu de poids dans l’intrigue en sont les spectateurs et les occasionnels commentateurs. Kazuo Hasegawa est très bon, il lui suffit d’un regard pour passer de l’artifice à l’homme. Il endosse les rôles de l’acteur et du voleur, devenant acteur et spectateur simultanément. Last but not least, la beauté de poupée (japonaise) d’Ayako Wakao finit d’emporter l’adhésion.

6 juin 2020

Yojimbo (Yojinbo) 1961 Akira Kurosawa

yojimbo

Là encore, très étonné de découvrir ce film d'action de la part d'AK, qui arrive à renouveler son syle avec une belle vigueur. Mifune est délicieux en ronin cool et mal rasé,. Surtout, le film surprend par son défilé de gueules cassées, de saloparts hirsutes (quelque chose des monstres d'un cirque), par son ton irrévérencieux, son style impur, par cette greffe batarde et sacrilège du chambara et du western, les déopuillant de leur classicisme, les souillant d'une certaine impureté. Faut quand même reconnaître que Leone a quasiment tout pillé, tel un des persos du films. A noter la musique en rupture de Masaru Sato. (vu en 2020)

24 juillet 2020

Le Canardeur (Thunderbolt and Lightfoot) 1974 Michael Cimino

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Dès les premières minutes, on comprend qu'il y a de l'aisance dans l'écriture, voir de la virtuosité, que c'est bien mis en scène, qu'on va voir une certaine Amérique (quelque part entre Los Angeles et New York quoi). S'il fallait faire le difficile, je dirais que la deuxième partie est un cran en dessous, que c'est pas grave, mais je risquerais de passer pour un pisse froid et ça m'embêterais, alors je ne vais pas le faire et je dis que c'est un bon millésime dans la carrière de Clint, que Jeff Bridge y est cromignon, et que c'est un bon film.

23 juillet 2020

La traque 1975 Serge Leroy

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Helen Wells, en visite dans la région, devient la proie d'une bande de chasseurs car elle a tiré sur l'un deux, après qu'il l'ait violée. Ça aurait pu aussi s'appeler la meute. Terrible, glaçant, sans issue, c'est une sorte de rape and revenge sans revenge, on peut penser que pendant un moment elle va se les faire, cette bande de salauds, qu'au moins elle pourra les dénoncer, mais non, ils s'en tireront, ensemble et soudés (on ne peut pas être dans un groupe et hors du groupe, dit l'un d'eux). Même Mansard, qui ne goûte guère la compagnie de ses camarades, considérera son intérêt personnel et se rangera avec la meute. Ils sont tous liés d'une manière ou d'une autre, qu'il s'agisse de petits secrets, de services rendus ou de soutien politique (l'un d'eux se tape la femme de l'autre, l'autre le sait et compte sur lui quand il sera élu pour servir ses intérêts). Certains sont cons, d'autres ont oublié de l'être, mais ils sont tous dangereux à leur manière, surtout en bande. Exemplaire dans sa réalisation sans esbroufe, sans surdramatisation, Leroy cherche seulement à raconter son histoire du mieux qu'il peut, en artisan plutôt qu'en artiste, son sujet est suffisamment fort pour se passer d'effet de style, et il peut compter sur un excellent casting, et sur Claude Renoir, petit fils de Jean, à la photo. C’est con, ça ne serait jamais arrivé si la maîtresse de Mansart n’avait pas été à court de clope dimanche matin. (vu en 2021)

16 juin 2020

Sanjuro (Tsubaki Sanjuro) 1962 Akira Kurosawa

sanjuro

Kuro lâche du leste sur le fond mais pas sur la forme, son histoire de ronin bourru qui donne un coup de main à une bande de jeunes naifs en lutte contre un salaud de gouverneur et sa clique, ne sacrifie rien sur la mise en scène, plus claire, solide et lisible que jamais, et on regarde le tout avec un sourire grand comme ça sur la figure. Cette fois il réussit ses scènes de comédie (je pense à la forteresse cachée et aux deux paysans un peu lourds). La star c'est of course Toshiro-san, qui somnole, baille, se gratte partout, jure, mais il s'en fout, c'est lui le meilleur, question sabre et malice (il annonce les Zatoichi et Ogami Itto à venir), et c'est lui qui vient mettre du goût dans cette histoire à base de jolis jardin jardin japonais et de jeunes samourais trop lisses. Les combats aux sabres installent Kuro au firmament de la discipline. Il clot son film de bien belle maniüre : on croyait que c'était pour rire ? On n'y connait rien ! Le plan final, Sanjuro s'en allant, de dos, la caméra le suivant en plan serré, raccorde sur le plan d'ouverture de Yojimbo qui, bien que tourné avant, pourrait en être la suite directe. (vu en 2020)

22 octobre 2020

San Antonio

J'ai pris beaucoup de plaisir durant mon adolescence avec ces romans. Les éditions Bouquins les a tous ressorti, je me suis mis en tête de tous les lire, dans l'ordre. Je les lis donc depuis quelques années, et j'oublie aussi sec l'intrigue, donc je ne vais pas avoir grand-chose à dire sur les premiers... Ah et j'aime bien les couvertures de mon époque, que je reproduis ici-bas.

1) Réglez-lui son compte ! 1949

Deux histoires en une, vite lues, vit oubliée. C'est pas désagréable mais bon c'est. pas encore tout à fait ça. On attend avec patience le Sana que l'on connait, avec ses célèbres digressions et ses adresses au lecteur. Il faudra patienter...

Réglez-lui-son-compte  Réglez-lui-son-compte-back Réglez-lui-son-compte-fac-similé-de-1992

 

2) Laissez tomber la fille 1950

Alors cette fois ça se passe pendant l'occupation, et je me souviens vaguement du début, quand le commissaire se fait allumer par un type auquel il demandait du feu.

La quatrième : Avez-vous vu un morse jouer du saxophone ? Non ? Moi non plus, à vrai dire, mais je ne désespère pas. En revanche, je vous jure, mes amis, que j'ai déjà entendu un saxophone jouer du morse : dans un cabaret ! Au début, je n'y prêtais pas attention, vu que tout mon intérêt était porté sur la ravissante créature assise à mon côté. Moi, vous me connaissez... Très enclin à la bagatelle, mais jamais dépourvu du sens du devoir. Si vous pouviez savoir ce qu'il racontait, ce saxo, sous ses airs langoureux... Vous m'excuseriez d'avoir laissé tomber la fille ! Mais vous n'allez pas tarder à le savoir, fidèles comme je vous connais.

Laissez tomber la fille

 

3) Les souris ont la peau tendre 1951

Aucun souvenir.

Un patron de bistrot portant, dans son arrière-salle, une épée à la taille, surtout au XX éme siècle, c'est assez extraordinaire. Mais franchement où ça se corse (chef-lieu Bastia - histoire de fomenter une petite guerre civile), où ça se corse, disais-je, c'est quand l'épée n'est pas à la taille du type, mais à travers la taille... Je tiens aussi à vous préciser que cette découverte n'est pas faite pour me réjouir, vu que l'épinglé était mon seul contact dans ce foutu bled... Pour lui, le contact a été plutôt rude, et pour moi, il risque de l'être aussi, je le crains, car j'entends déjà mugir, au loin, une sirène de police...

les souris ont la peau tendre

 

4) Mes hommages à la donzelle 1952

 

Une histoire assez compliquée, avec une tête coupée dedans.

Il y a une multitude de choses dont j'ai horreur. Les jeunes filles de plus de quatre-vingt-dix-sept ans, tout d'abord. Le poisson mal cuit, aussi. Puis les liaisons mal-t-à-propos ; les ouatères de wagons de seconde classe ; les bitures de Bérurier et les imparfaits du subjonctif de Pinaud. Mais s'il y a une chose qui m'énerve par-dessus tout, qui me file au bord du delirium très mince, c'est qu'on s'asseye sur mon chapeau... Surtout au cinéma... Surtout quand on l'a fait exprès... Surtout quand c'est le dargeot d'un truand qui est l'outrageur... Surtout quand tout ça cache le commencement d'une aventure insensée !

mes hommages a ala donzelle

 

5) Du plomb dans les tripes 1953

Celui-ci se passe pendant la guerre, comme quoi le personnage n'est pas encore bien installé. J'ai le souvenir de Sana qui manque de se faire couper en deux dans la longueur par une scie circulaire, et de l'explosion d'un convoi allemand.

Quand j'étais môme et que ma bonne vieille Félicie m'emmenait en vacances à la montagne, dans le Jura, j'adorais fureter du côté de la scierie. J'ai toujours aimé l'odeur du bois fraîchement coupé et le grincement plaintif des scies mécaniques mordant le sapin... Non, ne croyez pas que je cherche à vous pondre de la Haute Littérature, ni que le bucolique (néphrétique) soit à l'ordre du jour, car je vous jure que cette passion de mon enfance, je l'ai perdue... A tout jamais... Car présentement, je me trouve lié sur une de ces scies qui faisaient mon admiration... Et c'est moi qui fais le rondin. La lame se trouve très exactement à 1 mm de mon buste et je ne dispose plus que d'un centième de seconde pour agir... C'est ce qui s'appelle avoir du pain sur la planche .

du plomb dans les tripes du plomb dans les tripes 2

 

6) Des dragées sans baptème 1953

Le Patron charge Sana de refoidir un collègue véreux. Est-ce la première apparition du Chauve ? En tout cas c'est déjà un personnage génial, dans la mnière des Sana à venir.

Lorsque votre chef vous demande à brûle-pourpoint ce que vous pensez d'un copain, on ne peut que la boucler un instant, ne serait-ce que pour se demander ce qui le pousse à poser une question pareille et aussi comment on va y répondre. Le grand patron est agité. Il est adossé au radiateur, ou plutôt, comme il mesure deux mètres, il est assis dessus. Il passe sans arrêt sa main fine sur son crâne en peau de fesse véritable. Ses yeux bleuâtres me considèrent avec intérêt. Je sens qu'à moins d'accepter de passer pour une truffe le moment est venu de me manifester. Je me racle le gosier. -Wolf, je balbutie... Wolf... Ben, c'est un bon petit gars, non ? - Non, San-Antonio: Wolf n'est pas un bon petit gars, et vous le savez aussi bien que moi...

des dragées sans bapême des dragées sans bapême

 

7) Des Clientes pour la morgue 1953

Sana, d'instinct, prend en filature une dame, qui s'avère être un homme, et qui se suicide dans une chambre d'hotel (à Genève !).

Première apparition, très courte, de Berrurier.

Si je voulais l'envoyer rejoindre Crâne pelé dans la baille, je n'aurais qu'une bourrade à lui administrer. Mais je ne tiens pas à procéder ainsi car ce faisant je perdrais le plus important témoin de mon affaire.


Et comme ce témoin est par la même occasion le principal inculpé, vous comprendrez sans qu'on vous l'écrive au néon dans la cervelle que je sois enclin à ne pas me séparer de lui. Un inculpé de cette catégorie, je l'aurai payé le prix !

 

8) Descendez-le à la prochaine 1953

Le commissaire est chargé de "trouver" un cadavre à la morgue, pour le faire passer pour le fils d'un industriel. Un Sana avec du nazi dedans.

Le gars qui pourrait me prouver par a + b qu'il a, au cours de son existence, exécuté une besogne plus débectante que celle à laquelle je me livre depuis une huitaine de jours aurait droit, selon moi, au salut militaire, au salut étemel et à une place assise dans les chemins de fer. Faut vraiment avoir le palpitant arrimé avec du gros filin pour tenir le choc. Et je le tiens, moi, le choc, parce que mon job c'est justement de ne pas faire la fine bouche. Voilà une semaine que je visite les morgues de France à la recherche d'un cadavre...

descendez-le a la prochaine

 

9) Passez-moi la Joconde 1954

J'ai un bon souvenir de celui-ci, Sana est en vacance pas loin de Lyon, tout commance quand il trouve le collier d'un chien mort, gisant sur la route. Il y a aussi une postière.

Un petit loulou de Poméranie qui se tortille dans la clarté de mes phares. Il vient de se faire ratatiner par une bagnole.

Moi, bonne pomme, je descends pour lui administrer la potion calmante et définitive. Et voilà !

Je viens de mettre le doigt dans un engrenage qui conduit à une Joconde au sourire plutôt inquiétant.

passez-moi la joconde passez-moi la joconde 2

 

10) Sérénade pour une souris défunte 1954

Sana se rend à Londres, déguisé en curé, pour recueillir les mots du fils d'un ami du Vieux, condamné à mort...

Voilà maintenant que Le Boss me fait prendre les patins de ses amis ! Il faut reconnaître que le turbin qui échoit sur la tête de son pote est de first quality !

Jugez plutôt : son fils va être cravaté de chanvre incessamment et peut-être avant par la justice britannique. Je vêts l'habit ecclésiastique pour rencontrer le condamné. Brusquement, je sens que ce mec est innocent. Une drôle de sérénade en perspective !

sérénade pour une souris défunte

 

11) Rue des macchabés 1954

En sortant de la poste où il retirait de l'argent pour Félicie, Sana tombe sur un mort, un antiquaire, soit-disant mort de mort naturelle.

Au lieu de passer au centre des chèques postaux, aujourd'hui, j'aurais mieux fait de me consacrer à des amours ancillaires (celles que je préfère).

Au guichet, j'avise un vieux type blême et pâle des crayons qui retire de l'artiche. Où ça se complique, c'est quand je retrouve pépère, assis dans sa bagnole, bien sagement, mais un peu mort ! Alors je me mets en piste, courant de surprise en surprise au long de la rue des Macchabées.

rue des macchabés

 

12) Bas-les pattes ! 1954

Une aventure de Sana à Chicago.

Vous me croirez si vous voudrez, comme dit mon éternel Bérurier, mais à Chicago, un flic français en mission officielle a beaucoup plus de problèmes avec la police locale qu'avec les gangsters ! Nulle part au monde, les poulets n'aiment qu'on vienne marcher sur leurs plates-bandes, mais aux Etats-Unis, c'est pire qu'ailleurs... Peut-être qu'ils craignent qu'on leur pique leur " enveloppe " au passage ! Halte-làl... Pas touche !... Bas les pattes !... C'est notre affaire... BAS LES PATTES ! ils disent, les poulagas, et les durs répliquent " hands up ! ", ce qui prouve que ce pays est bien celui des contradictions. Il n'y a que les gonzesses qui soient comme chez nous... Surtout les taxi-girls à qui j'ai eu affaire tout au cours de ma mission... Leur devise, à elles, ce serait plutôt " legs up ", " jambes en l'air " si vous préférez.

bas les pattes

 

13) Deuil express 1954

Sana passe par Lyon et rend visite à l'oncle Gustave. Il vont pêcher ensemble (surtout piccoler à vrai dire), l'oncle Gustave pêche un cadavre. Il est question de la guerre d'indochine. Première apparition de Pinaud, qui promet.

Ce bouquin doit suffire à intriguer un zig dont l'existence n'est pas particulièrement de tout repos. Il va se demander si c'est un coup de la police ou d'une autre bande.

Dans l'expectative, il lira.

Quant à moi, en voilà assez pour aujourd'hui. Je n'ai plus qu'à aller me coller dans les toiles en attendant que la Terre ait fini son petit tour dans le noir

deuil express

 

14) J'ai bien l'honneur... de vous buter 1955

En angleterre, Sana fait le chauffeur pour une espionne roumaine.

Je marche un peu, histoire de briser ma tension nerveuse. Mais c'est une coriace que cette tension-là1 Une seconde cigarette ne l'entame pas davantage. Au contraire, j'ai l'impression qu'elle est toute prête à se rompre... Je jette un coup de saveur à ma breloque; voilà près de deux heures qu'elle est entrée dans la carrée, Elia... Et celle-ci demeure aussi inerte et silencieuse qu'auparavant. Il n'y a toujours qu'une fenêtre éclairée... Et quand je dis éclairée, j'exagère... Simplement on décèle une lueur... Que fabrique-t-elle derrière cette façade croulante?...

j'ai bien l'honneur de vous buter j'ai bien l'honneur de vous buter

 

15) C'est mort et ça ne sait pas 1955

Culte satanique et un industriel qu'on oblige a produire une bombe cachée dans le truc qui s'élève à l'avant du capot des voitures de maître (comment on appelle ça ?). On entend parler de Beru sans le voir, Le Boss est toujours là, savoureux. Les énumérations de positions amoureuses sont marrantes.

« Je vous ai déjà passablement baladés à travers le monde, dans toutes les couches de toutes les sociétés, mais je n’ai pas souvenir de vous avoir présenté le Pape. N’en déduisez pas trop vite que ce bouquin se passe au Vatican et que Sa Sainteté, que je respecte profondément, est l’acteur d’une de mes facétieuses aventures ! Vous n’y êtes pas du tout.
Le Pape dont je parle, s’il s’appelle Paul, ne porte pas de matricule ou plutôt n’en porte plus, vu que voilà bientôt dix piges qu’il est sorti de taule.
Et c’est en toute candeur qu’il a troqué la casquette-à-Julot pour la tiare pontificale de la religion… luciférienne ! Cette fois, vous avez pigé ! Oui, mes amis, je vous emmène faire un tour dans une société secrète, avec messes noires, sacrifices et tout le schbigntz…
Vous l’imaginez, votre San-Antonio, en enfant de diable ? Ne vous inquiétez pas si mon encensoir fume, c’est qu’il vient de cracher quelques bastos de 9 mm. »

c'est mort et ca ne sait pas

 

20 octobre 2020

Je ne suis pas là pour être aimé 2005 Stéphane Brizé

je ne suis pas là pour être aimé

La rencontre entre un type à la vie terne et une femme qui prend le même chemin. Il n'est pas là pour être aimé donc, ni par sa famille, ni par les gens qu'ils expulsent de leur domicile, ni par une femme. A moins que. Si on comprend que le Jean-Claude est séduit par la Françoise, l’inverse est moins évident, je suppose qu’elle apprécie sa réserve, et puis il est pas moche non plus (bref c'est tout moi). On peut à la limite émettre des réserves sur ces personnages chargés, il est huissier de justice, divorcé, résigné, son père, en maison de retraite, le fait chier à chaque visite. Elle a quarante ans, du charme, elle va se marier avec un pantouflard qui va l’enterrer dans une morne vie de couple (avant le divorce ?). Mais ça fonctionne bien. Les détracteurs du film pourrait relever une certaine tiédeur, ce que je ne ferai pas, préférant y voir une approche délicate et légère. La mise en scène est discrète mais très assurée, toute entière dédiée à l’interprétation. Tous les acteurs sont très bon. (vu en 2020)

14 mai 2021

Mariage à l'italienne (Matrimonio all'italiana) 1964 Vittorio De Sica

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Domenico entretient une relation depuis vingt ans avec Filumena l’ancienne putain, mais n’a jamais voulu l’épouser. Pourtant celle-ci assume toutes les tâches ingrates de l’épouse depuis longtemps. Apprenant que Domenico va se marier avec la caissière de sa pâtisserie, elle imagine un stratagème pour qu’il l’épouse elle, la croyant à l’article de la mort. Je ne sais que dire sinon des banalités, grands acteurs, Sophia Loren impériale, elle passe de la putain à l'épouse à la mamma avec une telle aisance, Mastroianni parfait dans la muflerie (il ne se souvient pas du soir où il l’a mis enceinte : « je portais quel complet ? Quelles chaussures ? »), les deux domestiques hilarants, c’est un chouïa vaudevillesque, ce qui le met peut-être en-deçà des monuments du genre, mais le plaisir est là. (vu en 2021)

31 décembre 2021

Le Poulpe 1998 Guillaume Nicloux

S poulpe

C’est qui le poulpe ? On ne sait pas trop, au fond, si ce n’est qu’il aime à mener l’enquête, à fourrer ses ventouses partout sans se demander s’il est le bienvenu, tant que c’est pour la bonne cause, et celle de sa charmante copine. Passons sur l’histoire prétexte - un pillage de tombe qui mène à un trafic de migrants - pas toujours claire mais on s’en fout. C’est le portrait de cette France (et pas de Paris, pour une fois) qui fait plaisir, des gueules de bistrots, des petites frappes qui prennent pour leur territoire tous les lieux où ils posent leur cul, de ce terreau propice au développement de l’extrême-droite. C’est amusant, et réussi parce que Nicloux ne les prend jamais de haut, ne se moque pas, ne sentimentalise pas, il les filme d’un œil assez juste, sans se prendre au sérieux mais avec attention. Darroussin est dans son élément, Clotilde Courau est une vrai surprise, je la voyais pas comme ça, la femme de l’Emanuele Filiberto. (vu en 2021)

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