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La Diablesse aux 1000 Visages

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26 mai 2022

La Lune s'est levée (Tsuki wa noborinu) 1955 Kinuyo Tanaka

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Trois sœurs vivent avec leur père aux abords d’un temple dans le Japon d'après-guerre. La plus jeune va forcer le destin pour que la deuxième se mette en couple avec un ami d’enfance. Dans un deuxième temps, elle va faire la gueule à son petit copain qui va partir à Tokyo sans elle, mais tout s’arrange, le jeune homme n’étant pas mufle. Quant à l’aînée, ben faut bien que quelqu’un reste avec papa non ? On reconnaît son Ozu dans ce script dont il est l’auteur. Le film n’est pas idéalement découpé, les deux histoires s'enchaînant l’une après l’autre. Mie Kitahara est vite pénible dans le rôle de la cadette. Kinuyo est encore un peu appliquée et livre un premier film joli et gentil. (vu en 2022)

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22 mai 2022

Fin d'une douce nuit (Amai yoru no hate) 1961 Yoshishige Yoshida

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Jiro bosse comme vendeur dans un grand magasin et vient de se faire larguer par sa copine du moment. Il a des envies d'ascension sociale, et comme il est beau gosse, il se dit que le plus simple, c’est de profiter des femmes qui croisent son chemin : une jolie campagnarde qu’il « place » dans un bar à hôtesses, la tenancière du bar, et une veuve qui est l’héritière d’un riche homme d’affaire. Trop sûr de lui et méconnaissant les règles du jeu auquel il s’adonne, trop pressé, la sortie de route est inévitable. Un chouette film des sixties de Yoshishige. (vu en 2022)

22 mai 2022

Rien à foutre 2021 Emmanuel Marre, Julie Lecoustre

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Cassandre est hôtesse dans une compagnie low cost. Elle crèche aux canaris, bosse, fait la fête, chope sur tinder, vit au jour le jour et se fout du reste. Sauf que non, en vrai elle fuit sa famille et la vie, depuis la mort de sa mère dans un accident de voiture. Toute la partie sur le métier d’hôtesse est pas mal, un job merdique qui suffisait à faire le film, les fêtes et les conversations avec ses coups d’un soir n’ont guère d’intérêt, tout comme la dernière partie, quand elle revient chez son père puis part à Dubai, c’est loupé et ça ne sert à rien. On dirait que l’histoire du deuil est là parce que les réalisateurs ne croyaient pas assez à leur film, qu’il fallait l’étoffer,  qu’il fallait expliquer pourquoi elle fait ce job et mène cette vie, mais toutes les hôtesses n’ont pas un trauma, en tout cas on espère. Trop d’explications, de justifications, on sait que ce n’est jamais bon, il faut élaguer et non ajouter, le film est bien trop long, comme s’il avait eu peur d’enlever quoi que ce soit. (vu en 2022)

22 mai 2022

Un Ange pour Satan (Un angelo per Satana) 1966 Camillo Mastrocinque

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Un sculpteur vient restaurer une statue que l’on a retrouvée au fond de l’eau et qu’on dit maudite, alors que la jeune propriétaire du château du village, dont la statue représente son ancêtre, vient prendre possession des lieux. Bien vite, son comportement devient étrange. C’est un bon petit film qui joue sur l’atmosphère plus que sur le décorum gothique auquel on pouvait s’attendre. On devine bien vite ce qui se trame, mais on suit le déroulement avec plaisir, accompagné par une Barbara Steele des plus vénéneuse, qui donne le tournis à tous les mâles de la distribution, il faut la voir quand elle dit au benêt du village «Ôte mes bottes ! », ou quand elle te regarde, avide, comme si tu étais de la chair à fouet. On se calme… (vu en 2022)

22 mai 2022

L'Aventure de Mme Muir (The Ghost and Mrs. Muir) 1947 Joseph L. Mankiewicz

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Madame Muir, jolie veuve et femme libre décidée à vivre sa vie, largue sa belle famille et achète un cottage au bord de la mer. Elle fait la connaissance du fantôme du propriétaire. Presque tout du long, c’est une comédie romantique de bon aloi, mais voilà que sur la fin, le passage du temps et le dernier acte nous prennent par surprise, ce qui n’était que légèreté se teinte d’une tristesse et d’une justesse absolue. Nogueira, qui était dans la salle pour présenter le film, résume bien la chose : « Au vu de ce que sont réellement les hommes, la seule possibilité de bonheur pour une femme est de tomber amoureuse d’un fantôme ». (vu en 2022)

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22 mai 2022

La Légende de Zatoïchi - Vol. 22 - La Fureur du manchot (Shin Zatōichi - Yabure! Tōjin-ken) 1971 Kimiyoshi Yasuda

Zatoichi 22

Ichi rencontre le One-armed swordsman dans cet épisode par ailleurs très classique. Des officiels japonais massacrent des paysans qui regardaient tranquillou passer un cortège, on met ça sur le dos du chinois, qui se croit quant à lui trahi par l’aveugle, qui voulait juste lui donner un coup de main. Une famille paie très cher de les avoir cacher, un moine se révèle ripoux jusqu’à l’os, et un autre aveugle fait de la concurrence à Ichi sur le terrain de l’humour. L’aveugle et le manchot ont tout pour devenir potes mais ne se comprennent pas, le scénario privilégiant l’affrontement plutôt que le rapprochement. (vu en 2022)

22 mai 2022

Un Air de famille 1996 Cédric Klapisch

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Réunion de famille où les non-dits remontent à la surface, qui sent trop la pièce de théâtre. Il y a Darroussin, du coup on pense au Poulpe, ce dernier arrivait à montrer quelque chose de la France, cette réunion n’arrive qu’à montrer une France de pub. Les situations sont attendues, à base de rivalités entre frères et sœur, Bacri est toujours amusant même s’il nous sert encore la même chose, Darroussin s’en tire bien, la surprise venant de Catherine Frot, qui commence en ayant l’air la plus tarte et finit par être la plus surprenante. Les autres sont sans intérêt. Si c’est ça Klapisch, on va peut-être s’arrêter là. (vu en 2022)

22 mai 2022

12 hommes en colère (12 Angry Men) 1957 Sidney Lumet

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Pas besoin de résumer ce classique. C’est impeccable d’efficacité, d’économie, d’intelligence. Qu’en dire d’autre, on se le demande ? Histoire de parler, on avoue qu’on aime mieux les grands films plus tardifs de Sydney, dont la mécanique se voit moins, dont l’excellence est moins évidente mais néanmoins là, mais c’est histoire de parler. Master Lu s’est endormie au bout de 10 minutes, alors qu’elle a suivi tous les autres jusqu’au bout, trop verbeux sans doute. (vu en 2022)

18 mai 2022

Bon à rien (Rokudenashi) 1960 Yoshishige Yoshida

Bon à rien

Jun est étudiant, il vit sans doute son dernier été avant d’entrer dans l'âge adulte, et il est fauché. Il traîne avec ses potes, dont l’un est tout aussi sec que lui, alors que les deux autres sont des fils à papa aisés. Ils s’emmerdent tellement que pour rigoler, il kidnappe Ikuko, la secrétaire du père de Toshio (l’un des deux fils à papa donc…), histoire de tuer le temps. Yoshishige dresse le portrait de la jeunesse japonaise des années 60, désœuvrée, désabusée, avec comme seul futur une carrière de salaryman et leur bergère qui les attend à la maison. Toshio n’a pas à s'en faire financièrement, il semble se foutre de tout et prendre la vie comme elle vient, mais est le plus lucide des quatres. Jun, lui, refuse cet avenir tout tracé, a vrai dire il refuse tout ce qui se présente, si tu lui dit de tourner à droite, il prend la gauche, s’il a une chance à saisir, il la refuse, pareil avec l’amour, quand il se présente. Le constat est amer, le rythme nouvelle vague, et la bande originale jazzy. (vu en 2022)

18 mai 2022

Contes du hasard et autres fantaisies (Gûzen to sôzô) 2021 Ryusuke Hamaguchi

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Une jeune femme écoute les confidences d’une amie, à propos d’un homme qu’elle vient de rencontrer, avant de réaliser qu’il s’agit de son ex. Un étudiant recalé par son professeur veut se venger, il demande à sa maîtresse de le séduire pour le compromettre. Deux femmes  croient chacune reconnaître en l’autre une amie du temps de leurs études, puis se rendent compte qu’elles se trompent. On note le titre (français) à la Rohmer et effectivement on pense à lui, il s’agit de personnages qui parlent de leurs relations sentimentales, qui se trompent, qui prennent une leçon. On a préféré celui-ci à Drive My Car, il est plus digeste, plus ludique, le style de Ryusuke s'accommode très bien de ces formats courts. On a noté ces derniers temps que certains réalisateurs ne regardent jamais vraiment leurs acteurs, ou en font des archétypes. Ici, l’extrême attention portée à ses actrices emporte le morceau, la façon dont il les révèle et en fait des personnages complets, est remarquable. (vu en 2022)

18 mai 2022

X 2022 Ti West

x

Une bande de jeunes loue une cabane chez un fermier pour tourner un film X (on est dans les 80’s). House of the Devil était un film de 2009 qui s’efforçait d’être un film des années 80, sans clin d'œil, sans cynisme et sans justification, et si ce n’était pas le film du siècle, on y passait un moment pas désagréable. X retente le coup, mais cette fois justifie sa raison d’être de différentes manières, film dans le film (du calme, c’est pas La Nuit Américaine), pseudo discours féministe (je tourne dans un porno si je veux, merde), la final girl n’est pas celle qu’on croit (c’est la plus délurée qui s’en tire), les bouseux ont une raison innatendue et grotesque de trépaner les jeunes merdeux (la vieille à une libido que son mari ne peut plus satisfaire, forcément au bout d’un moment on pète un cable…). Autant de mauvaises raisons de décalquer, encore, Massacre à la Tronçonneuse (puisque les références à son illustre ancêtre sont clairement affichées, Le Crocodile de la Mort en guest). Le film ne peut être que méta, et si de bons cinéastes peuvent se le permettre, c’est parce qu’ils ont quelque chose à dire. Mis à part le fait que le film est complètement inutile, ce qui est une assez bonne raison de ne pas le voir, il y a un autre problème : le genre duquel il s’inspire est malaisant mais jamais gore, or X est tout le contraire. Enfin, malgré ses pauvres tentatives de renouvellement, qui sonnent comme un aveux, celui de n’avoir rien à dire, X est au final si conventionnel qu’il agace autant qu’il ennuie. Ni marrant ni terrifiant et complètement idiot, même s’il reste un peu de la sincérité qu’on trouvait dans House of… (vu en 2022)

15 mai 2022

Violette nozière 1978 Claude Chabrol

violette nozière

L’histoire vraie de Violette Nozière, jeune fille délurée qui assassina ses prolétaires de parents. Le film s’en tient aux faits, remonte l’histoire de la Violette jusqu’aux meurtres et au procès, passe vite fait sur le mythe populaire et termine l’histoire en voix off. Encore un Chabrol très moyen, au montage confus, où se côtoient quelques bonnes scènes, celles de la vie secrète de Violette, d’autres terriblement naze, les flashbacks sur son enfance, avec entre les deux des choses très moyenne, comme celles avec les parents. Au final ça ressemble à l’adaptation de la fiche wikipedia de la jeune fille. Il aurait fallu oser élaguer, s’affranchir des faits historiques et interpréter. Reste l’Isabelle, toujours bonne même dans dans œuvres faiblardes. (vu en 2022)

2 mai 2022

Le Verdict (The Verdict) 1982 Sidney Lumet

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C’est pas la joie pour Franck Galvin, avocat spécialisé dans les affaires de bavure médicales, il picole depuis que sa femme l’a quitté, il est obligé de courir les enterrement pour trouver des clients (j’étais un ami de votre père, voici ma carte, tu parles),  tu vois le genre. Son pote lui trouve une affaire facile, une erreur d’un médecin anesthésiste qui a fait d’une jeune femme un légume, et dont l’hopital dans lequel il officie appartient au clergé. Facile, car le clergé offre une confortable somme pour un arrangement à l’amiable. Mais Franck sent qu’il ne se relèvera pas s’il accepte le compromis, il va donc aller au procès. C’est notre Lumet préféré jusque là, qu’on trouve supérieur à Serpico, The Day after et Before the devil… et même à 12 Angry men. Il filme sobrement mais avec la caméra là où il faut des images toujours significatives (le beau plan d’ouverture qui dit tout de Franck). Le script est également formidable, qui ne te prend pas pour un idiot. Franck accompli bien sûr un parcours moral, mais il n’est pas un héros, il le fait par orgueil, il n’est jamais si différent de son adversaire à la barre,  et la fin ouverte nous le laisse là, sans doute en meilleur état qu’au début, mais sans qu'il soit sauvé pour autant. Un script en béton donc, et des interprètes au sommet, grand plaisir. (vu en 2022)

2 mai 2022

Le Syndrome chinois (The China Syndrome) 1979 James Bridges

Syndrome chinois

La présentatrice vedette Kymberly Wells, que sa chaîne cantonne aux sujets légers, et le caméraman Richard Adams, le genre à toujours ouvrir sa grande gueule face à ses salauds de patron, font un reportage de routine dans une centrale nucléaire. Quand ce qui ressemble à un grave accident se produit, le caméraman laisse sa caméra tourner en douce. S’ensuit une lutte entre les deux journalistes, rejoints par le superviseur technique de la centrale, face aux intérêts financiers de cette dernière. Dans la tradition des films qui dénoncent le pouvoir abusif de l'établissement, celui-ci n’est pas dans le haut du panier mais est plutôt pas mal mis en boîte, disons qu’il manque quand même du poids au danger que représente cette centrale, danger qui ne passe pas par l’image. Les scènes de filature en voiture ne sont pas ce qu’il y a de mieux dans la chose, de même Michael Douglas en béret et pattes d’eph’ qui tire trop sur la couverture, mais on suit sans se faire prier la belle Jane (où ne la suivrait-on pas ?) et le sympatoche Jack Lemmon. (vu en 2022)

2 mai 2022

Crime à froid (Thriller - en grym film) 1973 Bo Arne Vibenius

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Madeleine, c’est la fille qui n’a pas de bol, elle se fait violer alors qu’elle n’est  qu’une fillette, elle en reste muette, sa vie s’écoule dans son village terne, et voilà qu’on la kidnappe, qu’on la drogue et qu’on la force à se prostituer. Mais la petite a de la ressource, elle sert les dents, et prends des cours en cachette : tirs, self-défense et… conduite sportive, oui. Au long de son parcours vengeur, elle tue une poignée de mâles qui n'auraient pas dû, et finit par littéralement avoir la tête de son ravisseur. Drôle de film, qui fait le grand écart entre l’exploitation la plus vile et un ton clinique et déceptif qu’on ne s’attend pas à trouver dans ce genre de production. Un rape and revenge classique et frontal dans le fond dont la forme froide nous tient à distance en nous refusant toute implication émotionnelle, un script basique flattant nos instincts les plus bas filmé comme un manifeste féministe (on s’emporte), nous refusant la jouissance qu’on est, peut-être, venu y chercher, on a plutôt l'impression de mettre les doigts dans la prise. Cette façon de réunir le monde du bis, du X et une grammaire formelle dont on ne sait si elle est consciente d'elle-même mais qu’on reconnaît, en tout cas, ne pas venir des univers qu’elle conjugue ici, en font un objet définitivement singulier et pas vraiment agréable, dont l'intérêt est au-delà du fait qu'il soit réussi ou non, auquel il faut reconnaître une certaine force. (vu en 2022)

30 avril 2022

La Gueule de l'autre 1979 Pierre Tchernia

gueule de l'autre

Le leader d’un parti politique devient la cible d’un tueur rancunier. Son assistant engage son cousin, qui se trouve être son sosie, pour prendre sa place, d’où quiproquos. C’est assez faiblard, Serrault et Poiret font leur numéro sur un script sans intérêt, tout au plus retient-on le débat qui oppose le cousin au leader du parti concurrent, où Serrault montre qu’il à du métier. Sinon on constate que la médiocrité de la comédie française ne date pas d’hier, et ça nous fait mal de dire ça de Pierre, qui a égayé nos jeunes années avec sa Séquence du Spectateur, qui partage le podium des émissions ayant eu la plus longue longévité, avec une pelletée d’émissions religieuses, sportives et animalières. Misère…(vu en 2022)

30 avril 2022

Apollo 10 1/2: les fusées de mon enfance (Apollo 10 1/2: A Space age adventure) 2022 Richard Linklater

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Un homme raconte sa vie de garçon de dix ans dans les années soixante, quand la NASA l’a envoyé sur la lune, avant Apollo 11. L’arc science-fictionnel est un prétexte à digression, Richard raconte sa vie de famille dans cette Amérique qui croyait à la société de consommation. Les souvenirs, la culture pop et les fantasmes d’un gamin se mélangent sans distinction. Un film très attachant, tout au plus trouve-t-on la narration en voix off un brin envahissante. (vu en 2022

18 avril 2022

The Windshield wiper 2021 Alberto Mielgo

windshield wiper

Une série de vignettes sur le thème de l’amour, ça dure quinze minutes et c’est de l’animation. On a pas du tout aimé, le film ne raconte rien de nouveau, on est dans les clichés des relations sentimentales au XXIème siècle, les hommes et les femmes ne se comprennent pas, les apps de rencontres entretiennent la solitude, une japonaise se jette du haut d’un building, pitié. Il y a quelque chose de très complaisant là dedans, le problème étant que l’auteur croit faire quelque chose de personnel (moments glanés au cours de mes voyages, nous dit le générique) alors qu’il n’a clairement rien à dire. (vu en 2022)

18 avril 2022

La Légende de Zatoichi (vol. 21) : Le Shogun de l'ombre (Zatôichi abare-himatsuri) 1970 Kenji Misumi

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Un excellentissime épisode, un des meilleurs, ce qui est quand même fort après une vingtaine de films. C’est toujours la même histoire, ici on n’en laisse que le squelette : Ichi gène un clan de Yakuzas, ils veulent l'éliminer, pendant qu’un samuraï ténébreux veut la peau d’Ichi qui, croit-il, a voulu lui piquer sa copine. C’est dans tout le reste que l’épisode est mémorable : Kenji assure une mise en scène brillante, les combats sont variés, tantôt brefs et somptueux, tantôt pop, drôles et sanglants (la tuerie dans les bains fait forcément penser à Kill Bill), il y a de l’humour, très coquin cette fois, voir paillard (le couple d’aubergistes) qui viennent en contrepoint du côté dramatique. Le méchant est très réussi, la super idée étant d’en avoir fait un aveugle, sorte de double maléfique de Zato. Il nest pas con d’ailleurs, il sait que le sabre ne servira à rien pour vaincre Ichi, il envoie donc une femme faire le job, et elle aurait pu aisément, mais le masseur sait mettre toutes les grognasses dans sa poche. Et que dire de Tatsuya Nakadai ? On n’a pas les deux superstars de l’opus (loupé) précédent, il est traité comme n’importe quel adversaire de la série, et il est magnifique. Ses rêves donnent l’occasion à Kenji de trousser quelques visions de toutes beautés comme jamais la série n’en avait connu. Excellent disons-nous, et le plus sensuel également. (vu en 2022)

18 avril 2022

L’Homme qui voulait savoir (Spoorloos) 1988 George Sluizer

homme qui voulait savoir

Rex (mon voisin a un chien qui s’appelle comme ça, lui dit Donnadieu) et Saskia sont un couple néerlandais en vacances sur les routes de France. Pendant une halte dans une station service d’autoroute, Saskia va acheter des boissons mais ne revient jamais, elle a été enlevée. Rex est obsédé par sa disparition, il veut savoir ce qui lui est arrivé. Le film touille pas mal de thèmes, le couple, la solitude, la connaissance, il oppose l’émotionnel à la raison, l’instinct à la réflexion, la lumière aux ténèbres, etc., tant Rex et Raymond Lemorne (!) sont opposés dans leur manière de vivre. C’est donc thématiquement assez riche, et ça tient en haleine tout du long, ou presque, on se demande où George veut en venir avec cette fin qui nous semble trop « coup de théâtre » et pas vraiment dans la continuité de ce qui précède. Après tout, il s’agit d’un vrai thriller, plutôt habile et bien mené, et on accepte toutes ces questions qui n’ont peut-être que les réponses que chaque spectateur y amène (ça veut dire qu’on est pas certains d’avoir tout compris), mais cette fin, qui vient mettre un terme à l’affaire, enferme la chose (c’est le mot !) qui était jusqu’alors très ouverte, et ressemble trop à un coup de petit malin, il n’y avait pas besoin de ça, le film est meilleur sans sa dernière minute, qui l'appauvrit. (vu en 2022)

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