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La Diablesse aux 1000 Visages

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24 février 2021

Firefox : l'arme absolue (Firefox) 1982 Clint Eastwood

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On vient chercher Mitchell Gant pour dérober un avion furtif révolutionnaire des mains des soviétiques, parce que c’est le meilleur des meilleurs. Encore un film plutôt méconnu dans la carrière de Clint, et si ce n’est pas le navet auquel on pouvait s’attendre, c’est quand même assez mou du genoux, le script linéaire se déroulant sans surprise. Les américains sont un peu trop cool, les russes un peu trop cons, clint un peu trop lisse (si le film était bon, on aurait dit qu’il est sobre), et on a droit au sempiternel trauma originel que le héros doit surmonter pour réussir à… on devrait mettre aux fers les scénaristes qui utilise encore ce truc. Le dernier tiers est un autre film, on s’attend à voir apparaître Dark Vador dans son tie fighter, c’est normal c’est le même gars qui a conçu les plans aérien. On se console en portant son intérêt sur la mise en scène, pas mauvaise dans les scènes de rues de Moscou. (vu en 2021)

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24 février 2021

Vixen (Jotai) 1969 Yasuzô Masumura

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Un homme marié qui a une bonne situation tombe pour une fille délurée (et pourtant c'est Kyoko Kishida qui joue sa femme, je sais pas moi...). Un film très proche de Love of an Idiot, c’est encore une frangine sexy et sans cerveau qui met la pagaille chez la gent masculine. Il faut attendre la fin pour que le film devienne touchant, que la donzelle se dévoile un peu, quand elle fait remarquer qu’après tout elle agit comme les hommes, ou la jolie scène finale. Pas très convaincu par ce script qui ne tire pas le jus de son thème, et par cet animal tout en minauderies, on se demande ce que les mecs ont dans la tête, mais bon, je sais, on est con des fois. (vu en 2021)

24 février 2021

La Bête aveugle (Môjû) 1969 Yasuzô Masumura

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Aki, qui a posé nue pour un artiste photographe, est kidnappée par Michio, sculpteur aveugle, qui veut réaliser son chef d'œuvre en la prenant comme modèle : une sculpture destinée au touché. Encore un film remarquable - pourquoi n’a-t-il pas encore bénéficié d’une restauration ? - où Masumura exerce son art du récit concis. Il y a d’un côté la fille moderne, superficielle et pas spécialement aimable qui fait son chemin avec ses jambes, de l’autre un homme renfermé, obsédé par une idée fixe et encore dans les jupes de sa mère. Son atelier empli de « morceaux » de corps féminins est bien sûr son espace mental. Après un déroulement prévisible, le film opère un drôle de glissement et plonge dans l'abîme. Dans le noir de l’atelier, au contact de Michio, Aki perd peu à peu la vue et passe du côté obscur, dans le royaume charnel du touché. Michio quant à lui sort de son univers d’enfant et fait l'expérience de la chair. Débarrassés ainsi du monde des apparences et de la sublimation, ils sont tous deux happés dans une région reculée et oubliée, primitive et originelle, où seul compte le plaisir, dont la stimulation les pousse toujours plus loin dans l’horreur. D’une beauté macabre, ce n'est à aucun moment un film d’horreur, même si on en retrouve des thèmes récurrents : séquestration, couple mère-fils psychopathe, univers mental déviant, vampirisme et mutilation. Masumura livre une œuvre extrême qui suscite assurément l’effroi, mais c’est avant tout, comme souvent chez lui, l’histoire d’une passion, toujours destructrice. (vu en 2021)

16 février 2021

Senses (Happî awâ) 2015 Ryûsuke Hamaguchi

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Quatres amies ont l’habitude de se retrouver pour des sorties, créant ainsi un espace hors de leur quotidien et de ses tracas. L’une d’elle fait la révélation de son divorce en cours (on est au Japon, c'est comme si tu disais que tu as violé ta grande tante), qu’elle avait caché jusque-là, ce qui remet en question le sens de leur amitié, de leur relation aux autres, notamment aux hommes. Ça parle bien sûr de ce que c’est d’être une femme dans le Japon contemporain, mais encore de lien, de rencontre et de communication. C’est long, plus de cinq heures, mais disons tout de suite que ça passe tout seul, la durée est au cœur de la mise en scène. Le film est très ouvert, aéré, limpide, d’une lisibilité remarquable, ses actrices sont excellentes. C’est au terme de la première partie, environ deux heures et demi, passionnante, que l’on commence à voir où le réalisateur nous emmène. Par la suite, le récit utilise des ficelles très mélo (le coup du fils qui met sa copine enceinte, l’accident de voiture) que l’on attendait pas et qui, j’avoue, m'ont quelque peu sorti émotionnellement du film à cause de leur côté soap. L’impression d’ensemble est néanmoins très bonne. (vu en 2021)

Revu Senses, tout ce qui m’apparaissait comme des éléments soap me semblent cette fois parfaitement naturels. (vu en 2021)

11 février 2021

Une Famille dévoyée (Hentai kazoku: Aniki no yomesan) 1984 Masayuki Suo

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Dans la famille chose (ils gardent l'anonymat, on les comprend), le fils aîné vient de se marier (tout le monde, stoïque, l’entend consommer l'évènement), mais il ne tarde pas à se lasser de son épouse et s'acoquine avec une serveuse dominatrice (elle en a pas l’air comme ça…). En attendant qu'il lui revienne, son épouse tue le temps en déniaisant le fils cadet. Quand à la fille, peu emballée par l’institution du mariage (la fin de la vie selon elle), découragée par le peu de perspective professionnelle quand on est une femme dans le Japon des années soixante, entame une carrière dans un sex sauna. Il n’y a que le père qui ne se mette pas à l’horizontale, il préfère rêver à sa défunte épouse, dont il retrouve les traits dans n’importe quel visage féminin. Tout ça sonne miikesque, mais Suo gomme tout le potentiel glauque de l’histoire, signe de bien belles images et distille un certain humour à travers ses clins d'oeil bienveillant à Ozu ; caméra au raz du tatami, cadres dans le cadre et cadrage frontal, dialogues triviaux, couleurs pastels, trois petites notes de musiques par ci par là, et ce personnage du père, peu loquace (soo ka ? soo desu ka?), tranquillement nostalgique et amateur de saké. Éminemment sympathique. (vu en 2021)

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11 février 2021

Victor Victoria 1982 Blake Edwards

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Victoria, chanteuse sans boulot dans la France d’avant guerre, rencontre Toddy, un gay qui vit pour les nuits parisiennes. Quand il voit Victoria habillé en homme, c’est la révélation : ils vont monter un spectacle où elle se fera passer pour un travesti. Puis un businessman américain tombe amoureux d’elle/lui. Comédie de la confusion des genres et du questionnement des apparences, mise en scène classique (maîtrise des valeurs de plans, couleurs), chorégraphies irrésistibles, humour qui s’exerce contre le désespoir, et ce ton graveleux mais classe, sans parler de Julie Andrews (j’échange volontiers trois kilos de Mélodie du Bonheur contre cinquante grammes de Victor Victoria). Le plus étonnant, c'est qu'on dirait ce film confectionné dans les années soixante alors qu'il à été produit la même année que ET, Blade Runner, Rambo, The Thing… c’est de la provocation. Emballé. (vu en 2021)

6 février 2021

Saint Maud 2019 Rose Glass

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Maud est une jeune infirmière à qui est arrivé un truc horrible, même si la nature des événements passés n’est jamais claire. Visiblement pas bien remise, elle se convainc d'être une sainte, et que Dieu a un dessein pour elle. Endossant son nouveau rôle, elle va accompagner les derniers jours d’une ex danseuse malade et condamnée. Le gros point faible du film est qu’il ne raconte pas grand chose, même si on le suit sans ennui car Rose Glass sait distiller une atmosphère inquiétante et on lui est gré de nous épargner les effets habituels du cinéma d’horreur contemporain. De fait, Saint Maud semble se rattacher au films de Robert Eggers et Ari Aster mais là où ces derniers revendique le genre et ont quelque chose à dire, Glass préfère laisser planer le doute sur la nature surnaturelle des évènements et n'a pas grand chose à raconter, elle est plus occupée à soigner ses plans (assez beau par ailleurs), en oublie de caractériser ses personnages et le film n'est finalement qu'atmosphérique et anecdotique. Pas convaincu donc. (vu en 2021)

6 février 2021

The Big hit 1998 Kirk Wong

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Melvin est tueur à gage, mais il est aussi anxieux de ne déplaire à personne, du coup tout le monde profite de lui pour lui taper du pognon : ses potes de boulot (!), sa fiancée, sa maîtresse (!!). Il donne un coup de main pour un enlevement « au noir » mais la victime se trouve être la filleule de son boss, du coup son « pote » lui fait porter le chapeau. En plus, ses futurs beau-parents viennent passer le week-end chez lui… C’est une comédie d’action qu’on aurait tort de prendre de haut, Kirk Wong se donne la peine de faire du bon boulot. C’est assez drôle et totalement divertissant, les fx ne sont pas tout à fait au point mais les idées qui les sous-tendent impressionnent (la chute dans la piscine qui reflète l’explosion de l'hôtel). Le film a un look de sitcom mais des références inattendues sont lâchées ça et là, ainsi on y voit un running gag sur King Kong 2, et le vidéoclub du coin expose des affiches Trauma. Kirk Wong apporte vraiment dans cette comédie US quelque chose de l’énergie, de la décontraction et du mélange de genre parfois improbable du cinéma HK (la scène du poulet !). Surement un des meilleurs films parmi ceux réalisés par ces réalisateurs chinois qui ont tenté leur chance à hollywood dans les années 90. (vu en 2020)

6 février 2021

The Wife of Seishu Hanaoka (Hanaoka Seishû no tsuma) 1967 Yasuzô Masumura

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Kae admire la belle Otsugi depuis qu’elle est petiote. Quand elle est en âge de se marier, Otsugi la prie de devenir l’épouse de son fils, médecin ambitieux. Kae accepte, plus séduite de devenir la fille d’Ostugi que la femme de Seishu. Quand ce dernier finit ses études et rentre au bercail, L'attitude de la bienveillante Ostugi change du tout au tout. Le film narre la confrontation de ces deux femmes sur fond de mise au point de l’anesthésie générale par Seishu Hanaoka (personnage historique). Le récit prend un tour extrême quand la femme et la mère offrent de devenir les cobayes des expériences du medecin. L’amour et la mort dans une histoire jusqu’au-boutiste qui se déroule sur plus de vingt ans, dans un beau film d’une heure quarante, avec Ayako Wakao, Raizo Ichiwawa, Kaneto Shindo au scénario, Setsuo Kobayashi à la photo, Hikaru Hayashi à la musique, les techniciens de la Daiei, Masumura aux manettes, c’est du name dropping mais quand même il y a du beau monde et le résultat est là. (vu en 2021)

6 février 2021

Sherlock Holmes à Washington (Sherlock Holmes in Washington) 1943 Roy William Neill

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Sherlock Holmes et son docteur Watson se rendent aux US, à Washington donc, pour retrouver des documents perdus et convoités par des espions à la solde des nazis. Oui, car c’est un épisode original contemporain de sa réalisation (1943), histoire de faire venir les gens dans les salles en ces temps troublés. Pas de quoi de se relever la nuit mais loin d’être désagréable, grâce à Basil Rathbone, parfait en Sherlock aussi perspicace qu’agaçant, grâce à l’amusant jeu de cette pochette d’allumettes ((du coup ça fume sans arrêt), qui contient les microfilms des fameux documents, qui passe de mains en main sans que personne ne soupçonne rien (sauf Holmes of course), grâce enfin à sa durée d'à peine plus d’une heure, parfois c’est bien agréable ce format. On a droit au petit discours patriotique à la fin, avec le capitol en arrière plan, bon… (vu en 2021)

6 février 2021

L'Opération diabolique (Seconds) 1966 John Frankenheimer

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Arthur est limite déprimé, son job et sa vie conjugale sont très routinières (et la mienne alors ?), aussi quand une mystérieuse organisation (forcément) lui propose de changer de vie, d’identité, de visage, il saute dedans sans réfléchir. Quand ils lui ont dit qu’ils s’occupaient même de trouver un cadavre pour faire croire à sa disparition, moi je me serais méfié. Évidemment, une fois installé dans sa nouvelle vie, avec son nouveau nom (Antiochus !), avec la tête de Rock Hudson (beau mec, y’a pas à chier), il n’est pas vraiment plus heureux et se rend compte qu’il est passé à côté de tout (avec un nom pareil, remarque…). Et cette jolie blonde qui lui tombe toute cuite dans les bras, c’est pas louche ça einh ? Jolie petit film assez étonnant qui rappelle les scénarios paranoïaques des séries britannique des années 60, qui parle de l’imposture de ce bonheur devenu un bien de consommation comme un autre. Formellement très beau, Mr Frankenheimer se permet quelques expérimentations très réussies bien que le script peine à les justifier. Le film propose une réflexion intéressante pour cette décennie, toujours pertinente bien évidemment. Ceci dit, cette histoire qui adopte la forme de la nouvelle est un peu fermée sur elle-même, et on est plus devant un épisode deluxe d’Au Delà du Réel que du grand film paranoïaque. (vu en 2021)

6 février 2021

Big John 2006 Julien Dunand

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Des films de Carpenter on ne verra et ne saura rien. Pas con, il y a assez d’ouvrages et d'analyses partout. C’est un portrait du réalisateur après Ghost of Mars, avant The Ward, il ne fait pas la synthèse de sa carrière, il nous accueille un après-midi pour une balade dans LA et lâche quelques souvenirs, complétés par des témoignages de proches (Barbeau, Hill, Franco) et de l'omniprésent Thoret. Touché. (vu en 2021)

6 février 2021

Borat Subsequent Moviefilm 2020 Jason Woliner

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Ou Borat Subsequent Moviefilm: Delivery of Prodigious Bribe to American Regime for Make Benefit Once Glorious Nation of Kazakhstan. Borat remet ça, mais ça ne marche plus. Ceux qu’il filme ont la bêtise si flagrante qu’il n’arrive plus à trouver le truc pour les mettre dans sa poche. En tout cas Borat a bien du mal à être Borat, dans ces déguisements sous lesquels il n’existe quasiment plus, il court après les gags, les scoops, mais il est toujours en retard. De star du premier film, il est devenu simple personnage ayant du mal à trouver sa place. Peut-être est-ce dû à la mise en scène, au montage, plus malins qu’on peut le penser dans le premier, inepte ici. Et Giuliani ? Un coup dans l’eau, c’est juste un vieux bonhomme émoustillé devant une belle gamine, pas glorieux mais pas de quoi lui jeter la pierre, le reste c’est de la mauvaise mise en scène. (vu en 2021)

6 février 2021

À la poursuite d'Octobre Rouge (The Hunt for Red October) 1990 John McTiernan

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Le capitaine russe Marco Ramius prend la mer aux commandes d’Octobre Rouge, un sous-marin équipé d’une nouvelle technologie de propulsion qui le rend invisible aux sonars. Lui et ses officiers veulent passer à l’ouest. Je suis épaté par ce film, faux film d’action qui se regarde les yeux scotchés à l’écran. C’est sûr que c’est bien écrit, que le casting est là, et tout ça, mais ça n’explique pas tout. Le film n’est fait quasiment que de scènes qui sont habituellement entre les scènes d’action, ces dernières ne se rencontrent que dans les dernières minutes. Et c'est pourtant passionnant du début à la fin, non à cause de la tension résultant des enjeux, tout ça est quand même très pro américain et pas dénué de clichés, mais juste par la mise en scène. La manière dont McTiernan filme ces hommes dans ces espaces clos a la grâce d’une comédie musicale. C’est ça, ce film c’est de la musique. (vu en 2021)

2 février 2021

Borat (Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan) 2006 Larry Charles

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Ou Borat: leçons culturelles sur l'Amérique pour profit glorieuse nation Kazakhstan. C’est un film qui tire sur tout ce qui bouge sans faire de prisonniers, qui renvoie dos à dos la bêtise des deux camps concernés, qui n’a peur de rien et va aussi loin qu’il peut, et en plus c’est drôle, alors on ne peut qu'acquiescer, ou passer pour un con. Et de savoir si telle scène est vraiment de la caméra cachée ou du pipeau n’est pas la question, ça fait partie du jeu. (vu en 2021)

2 février 2021

Love for an idiot (Chijin no ai) 1967 Yasuzô Masumura

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Ou La Chatte Japonaise en français, décidément... Jôji est épris de Naomi, dont il veut faire l’éducation, mais la donzelle, une écervelée qui sait profiter du pouvoir qu’elle a sur les hommes, mettra celui-ci à genoux. Une fois n'est pas coutume, je n’ai pas retrouvé dans ce film le style de Masumura que j’aime tant. D'ailleurs on voit bien qu'il tente de nouvelles choses, avec les photos de Naomi, avec la couleur, avec ce ton léger et satyrique plus que tragique qui me parait judicieux, mais il manque cette rythmique et cette accroche graphique qui font habituellement sa marque, du coup le récit est un peu inerte. Le scénario est sans doute en cause, pas signé par un des ses collaborateurs habituels, et moyen dans son traitement. Enfin, il y a surtout l’actrice qui joue Naomi (Michiyo Yasuda), assez mauvaise, même si son côté insipide et insupportable colle avec le personnage imaginé par Tanizaki, si je me souviens bien. (vu en 2021)

2 février 2021

Max mon amour 1986 Nagisa Ôshima

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Margaret trompe donc son mari avec un chimpanzé. Silberman produit, Carrière écrit, et on a l’impression de se retrouver dans un Buñuel dernière période, il y a une manière légère, détachée, totalement dédramatisée de traiter cette histoire. Il y a évidemment la lecture contre le conformisme bourgeois, mais en définitive ce n’est même pas de ça dont il s’agit, plutôt d’une tentative de se libérer de tous les carcans, sociaux, psychologiques, narratifs, même cinématographiques, et de prendre le singe pour maître. Il fallait bien Charlotte Rampling pour lui donner la réplique. (vu en 2021)

2 février 2021

Star of David: beauty hunting (Dabide no hoshi: Bishôjo-gari) 1979 Norifumi Suzuki

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Ou Vices et Sévices en français, bof. Tatsuya est le fils biologique d’une vermine qui a violé sa mère. Devenu grand, il développe, tel père, tel fils, de drôle de vue sur le genre humain et une libido pour le moins déviante… C’est assez corsé, viol, cages, fouet, meurtres, et la preuve que les nippons ont un rapport très détendu aux fluides corporels. Vaut mieux ne pas prendre au sérieux cette histoire qui prend quelques détours incongrus (le gars qui s’astique en regardant des photos de victimes des camps de concentration, mouais, décidément Suzuki fait une fixette là-dessus), et se concentrer sur le sens esthétique indéniable du réalisateur. Très soigné donc quand on en vient aux faits, pas très intéressant par ailleurs, pour une fois on cherche à bâtir un scénario solide, mais cette histoire pretexte est plutôt inutile et on s'en fout comme de notre première lolette : si Tatsuya est un gros pervers, il n'y avait pas besoin de nous raconter pourquoi. (vu en 2021)

30 janvier 2021

Nakano spy school (Rikugun Nakano gakko) 1966 Yasuzô Masumura

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A l’orée de la seconde guerre, Jiro se voit enrôlé dans une école d’espions, forcé par là d’abandonner ses proches et son identité civile. On suit l'entraînement puis la première mission (obtenir une copie du code secret britannique) et parallèlement les efforts de Yukiko, la fiancée de Jiro, pour retrouver celui-ci. Tout tourne autour de deux scènes: le suicide forcé d’un élève qui a déshonoré l’école, et le meurtre de Yukiko par Jiro, amoureux mais très service service. À première vue, Masumura fait de Jiro quelqu’un d’un peu lisse derrière sa droiture, on le suit sans trop de sentiments, on s’attend à ce qu’il se rebelle contre son groupe et contre l’idéologie nationaliste qui le sous tend, mais ça n’arrive jamais. Pourtant les deux scènes clefs sont là pour témoigner de la position du réalisateur sur la question. Le meurtre amoureux de Yukiko est une belle séquence, triste et poignante. Un bon Masumura. (vu en 2021)

30 janvier 2021

La Mouche (The Fly) 1986 David Cronenberg

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Dans l'œuvre Cronenberguienne, The Fly est bien sûr tout à fait cohérent puisque l'homme y subit une transformation physique éprouvante qui n'est que la manifestation d'un tourment intérieur, ici le sentiment amoureux et tous les inconvénients qui vont avec, dont la jalousie, et que le sujet de cette douloureuse l'expérience en est aussi l'objet. C’est une métaphore de l’amour donc, qui se suit bien puisque le Canadien y fait preuve de son sens narratif économe, concis (la sobriété de la mise en scène et la frontalité de ses effets), de sa belle utilisation des décors, et qu’il a un bon couple pour l’interprétation. On peut aussi trouver que les jeux sont faits avant la fin du film et que les dernières vingts minutes jouent les prolongations. (vu en 2021)

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