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La Diablesse aux 1000 Visages
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29 juin 2022

Le Guépard (Il gattopardo) 1963 Luchino Visconti

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Dans les années 1860, le Prince Salina est le témoin du changement qui s’opère dans ce qui deviendra l’Italie, il connaît sa place, sait que ce changement est inéluctable et fait ce qu’il faut pour préserver au mieux son monde. Son neveu, lui, est plus opportuniste et mange à tous les râteliers. Le Prince Salina, c’est la disparition d’une époque et un lent mouvement vers la mort, Tancrède c’est le changement, “mais rien ne change vraiment”, n’est-ce pas ? Le film montre, dans le style d’une fresque (Luchino aborde chaque plan en peintre, il n’y a pas le pli d’un pantalon qui n’échappe pas à son attention), sans jamais être ostentatoire, avec un niveau de détails incroyable dans la reconstitution (et en prenant son temps, on ne dit pas que l’on s’ennuie, mais disons qu’on sent le temps passer), la faillite des révolutions. L’émotion n’y est pas évidente, l'œil est sollicité avant le cœur, mais elle est bien là, elle ne naît pas directement de ces images si picturales, elle semble plutôt agir derrière elles, contre elles. Bon voilà ce qu’on en retient, et on avoue qu’on préfère L’Innocent, vu quelques jours auparavant, Burt Lancaster est plus que parfait, mais Delon et Cardinale sont le point faible de la chose, pas terribles, lui s’agite beaucoup et brasse du vent (on dirait qu’il joue dans un film de De Broca), et elle est juste là, on se demande pourquoi elle n’est pas aussi belle qu’elle devrait, pourquoi son personnage n’est pas aussi magnétique que ce que l’on attendait. Bon alors c’est bien einh, mais on pense qu’il faut plus qu’une vision pour vraiment l’apprécier. (vu en 2022)

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28 juin 2022

Evil dead 2 1987 Sam Raimi

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Il s’agit de refaire le premier le premier opus avec le bénéfice de l’expérience de son tournage, et avec plus de moyens. Sam privilégie la comédie au détriment du gore (le premier est dégueu, celui-ci est… coloré). Le film est bien sûr plus maitrisé, mais est-ce pour son bien ? Allez, on avoue qu’on y prend le même plaisir, et on suppose qu’il supporte mieux les visionnages répétés. (vu en 2022)

27 juin 2022

Le Cabinet du docteur Caligari (Das Cabinet des Dr. Caligari) 1920 Robert Wiene

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Francis raconte son histoire : sa fiancée et son ami sont les victimes d’un docteur de foire qui commet meurtres et méfaits par l’entremise d’un grand échalas qu’il tient en son pouvoir par l’hypnotisme. Francis enquête, ce qui l’amène à suivre le docteur qui entre dans un asile de fou, dont il se fait passer pour le directeur. Il s’avère que c’est Francis qui est le véritable fou, que toute l’histoire est une fabrication de son esprit. Vu au cinéma avec accompagnement au piano, il faudra qu’on vérifie si le score de John Zorn ne l’accompagne pas mieux. C’est une déception pour nous, à la mesure des louanges qu’on peut lire partout. On ne discute pas la postérité du film, et on comprend qu’il ait frappé les esprits en 1920, mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? On a pas trouvé les décors si formidable, oh il y a des idées intéressantes, mais on préfère “l’inquiétante étrangeté” moins évidente et plus subtile que cet expressionisme là, ou quand il influence le film noir, voir le film romantique chez Borzage. Ce sont ces décors, d’ailleurs, qui font sa renommée, mais il nous semble exagéré d’établir la réputation d’un film sur cette base, car ce fameux expressionnisme allemand ne se retrouve pas dans la mise en scène, le rythme est longuet, plans fixes, très peu de montage, il y a des tas de beaux tableaux dirons-nous, mais il manque la sauce pour les lier. (vu en 2022)

27 juin 2022

Evil dead (The Evil Dead) 1981 Sam Raimi

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Content de constater qu’Evil Dead, qui fête ses quarante et un ans, tient toujours le coup, qu’il est passé du statut de bande fauchée malpolie et speedée à classique du cinéma, sans que ses qualités ne s’en trouvent amoindries le moins du monde. Il se différencie du cinéma d’horreur qui le précède par son absence de commentaire, de message, il ne dit rien de notre monde, il ne donne pas dans le sérieux, c’est une comédie dont le sujet ne serait pas autre chose que le cinéma. Sans cynisme, il apparaît comme une déclaration d’amour sincère au médium, il va assez loin dans l’exposition de tripes, viscères et fluides corporels divers, pour notre plus grand bonheur, mais c’est sa foi revendiquée dans le pouvoir des images animées qui lui assure aujourd’hui sa place parmi les tous grands. Son script quasi inexistant et ses quelques lignes de dialogues rappellent qu’il est avant tout visuel, il y a un appétit et une jubilation dans l’usage de cette caméra, et quelque chose de primitif aussi, qui fait le lien avec le cinéma muet, ce qu’il est presque. (vu en 2022)

27 juin 2022

Two wives (Tsuma futari) 1967 Yasuzō Masumura

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Masuko est hôtesse de bar, elle compte sur ses clients pour subvenir à ses besoins. Elle apprend que son boyfriend est marié, elle est pas jouasse mais ce n’est pas de la jalousie, après tout l’épouse est dans la même situation qu’elle. Le gars divorce et s’installe avec elle, mais voilà que la nièce de Masuko débarque de sa campagne, et ce qui doit arriver arrive. Masuko décide de faire tout ce qu’il faut pour garder son mec, elle ne se laisse pas faire et prend les devants. Regard réaliste et très noire sur les relations hommes femmes, vu sous l’angle économique, leur rapport est biaisé par l’argent, les femmes dépendent financièrement des hommes, pour elles le sexe est plus un moyen, une monnaie d’échange, qu’une fin. Les films de Masumura avec Ayako Wakao sont tous géniaux, celui-ci vient le confirmer. Longtemps seulement disponible en DVD japonais, c’est un bonheur de le voir débarquer enfin avec des sous-titres anglais. Un des tout bons de Yasuzo, Ayako est magnétique, comme toujours. (vu en 2022)

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27 juin 2022

KIMI 2022 Steven Soderbergh

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Angela est agoraphobe, elle ne sort jamais de chez elle. Elle bosse pour une boite de tech qui commercialise un assistant vocal, son job est de rendre intelligible les ordres que l’assistant ne comprend pas, elle reçoit des fichiers audio, tape une ligne de code et les intègre à la base de données. Un jour elle reçoit un fichier où l’on entend une femme se faire agresser. Comme pas mal de films de Steven, comme Side Effects ou Paranoia, c’est un thriller plutôt efficace aux prémisses passionnants qui exploite des thèmes actuels, ici le big data, et qui ne se gène pas pour petit à petit glisser vers des facilités scénaristiques limite ridicule, mais pourquoi pas, le problème étant plutôt son interprète principale, Zoe Kravitz. (vu en 2022)

14 juin 2022

Lady Snowblood II - Love song of vengeance (1974) (Shurayukihime: urami koiuta) 1974 Toshiya Fujita

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Yuki est aux mains de la police, pour éviter la peine de mort, elle accepte d’espionner un activiste anti gouvernemental (Juzo Itami). Lady Snowblood est quelque peu en retrait dans cette suite, elle laisse pas mal de place à Ransui (l’activiste donc) et son frère Shusuke. Ayant accompli sa destinée dans le premier opus, celle qui a été conçue pour venger ses parents trouve en sa condition de hors-la-loi sa place dans le monde, mais il faut bien avouer qu’on y trouve, nous, moins notre compte. (vu en 2022)

14 juin 2022

Freud, passions secrètes (Freud - The Secret passion) 1962 John Huston

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L’histoire de la découverte de l’inconscient et de la théorisation du complexe d'Oedipe par Sigmund. L’exercice du biopic est périlleux et John s’en sort, lui, très bien, mais est-ce encore un biopic ? La bonne idée est de ne pas s’être laissé impressionné par son modèle, et d’avoir pris comme sujet la création plutôt que son auteur. Freud n’y est pas iconisé,  c’est un mec normal auquel on peut s’identifier facilement, qui observe et s’interroge. Montgomery Clift y est excellent (jolie barbe). La photo contrastée de Douglas Slocombe sculpte magnifiquement le tout. (vu en 2022)

14 juin 2022

Voyage en Italie (Viaggio in Italia) 1954 Roberto Rossellini

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Un couple anglais en déliquescence (on peut dire ça ? allez…) se rend dans le sud de l’Italie pour une question d’héritage. Ce pays où les corps sont exhibés (surtout au musée), où la fertilité est partout dans la rue, où la nourriture à du goût, où l’on fait la sieste après manger, bref un pays un peu plus sensuel que le Royaume Uni, les confronte à eux-mêmes, faut dire qu’ils sont un peu coincés. Monsieur va rechercher de la compagnie féminine (une expatriée française mariée qui ne dirait pas non pendant l’absence de son mari, une prostituée mélancolique) mais ne va pas jusqu’au bout, comme si ses désirs se prenaient la réalité dans la face, Madame visite les musées (l’art et la sensualité réconciliés) et est visiblement troublée devant le corps musculeux d’Hercule (ou Zeus, Vulcain ? Sais plus, mais un sacré morceau, j’irais le voir si je passe par Naples). À la fin, les restes d’un couple dans les ruines de Pompéi les met devant le fait accompli, ça ne peut plus durer, qu’est-ce qu’on fait, on divorce ? Joli film de Roberto, qui prête une grande attention à ses personnages, à leur regard, à leurs gestes. La fossilisation du couple transcendée par la vitalité de la botte. (vu en 2022)

12 juin 2022

Lady Snowblood (Shurayukihime) 1973 Toshiya Fujita

Lady Snowblood

Yuki a été conçue en prison pour être l’instrument de la vengeance de ses parents, qu’elle n’a finalement jamais connu, victimes d’une bande de criminels qui ont tué son père et violé sa mère (sa mère a déjà eu la peau de l’un d’entre eux, avant d’être emprisonnée, elle meurt après l’accouchement). Yuki semble consciente que sa vie ne lui appartient pas, pourtant elle accepte son destin sans jamais le questionner. Sa quête a malgré tout un goût déceptif bienvenu, comme quand elle découvre que l’un des meurtriers est déjà mort, qu’un autre s’est pendu avant qu’elle n’ait pu lui régler son compte, elle expérimente le vide que sa condition induit. Une fois son devoir accompli, que peut-elle devenir ? C’est l’affaire du film suivant… Pour tous les amateurs d’histoire de vengeance (un de nos genres préférés), Lady Snowblood est un must. Le style de Toshiya envoie balader tout réalisme, on est ici dans un espèce de collage pop, couleurs, cadrages et montage renvoient plus au manga dont le script est issu qu’au monde réel (les flocons de neige rouge sur nuit noire). Malgré cet esthétisme qui frôle parfois l’abstraction, il y a une sincérité à son matériau d’origine qui le différencie de, par exemple, la saga Baby Cart, qui apparaît plus comme un amalgame de ses influences et qui crée de la distance, là où Lady Snowblood arrive à conserver une certaine émotion. L’interprétation sobre de Meiko Kaji y est pour beaucoup. A part ça, on est servi, le regard noir et déterminé de Yuki, le sabre caché dans l’ombrelle, fulgurance des combats, beauté des plans, on en prend plein les yeux. (vu en 2022)

4 juin 2022

Maternité éternelle (Chibusa yo eien nare) 1955 Kinuyo Tanaka

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Le couple de Fumiko ne vaut plus rien, elle divorce et, échaudée par son mariage, décide de rester célibataire et se consacre à sa passion : la poésie. Mais elle tombe malade, ses jours sont comptés. Kuniyo décrit le mariage de Fumiko comme un piège qui l’empêche de se réaliser. Fumiko sait qu’elle ne vivra jamais avec l’homme de sa vie, son choix de vivre seule est plus par défaut que revendiqué. Divorcée et condamnée par la maladie, c’est quand sa vie est sur le point de s’arrêter qu’elle commence vraiment, Fumiko est enfin lucide, consciente de sa condition et toute entière dans ses poèmes, pour quelques mois. C’est très beau, très clair, le découpage taille dans l’histoire quand il faut (le mariage raté, l’adultère, le divorce sont expédiés en quelques minutes), c’est aussi très mélodramatique mais digne et sans lourdeur. Vraiment meilleur que La Lune s’est Levée. Les poèmes disséminés au cours du film, qui sont l’expression des sentiments de Fumiko à ce moment-là, sont magnifiques, même en français. (vu en 2022)

3 juin 2022

La Chair et le sang (Flesh + Blood) 1985 Paul Verhoeven

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C’est la fin du moyen-âge, une bande de mercenaires paillards se fait entuber par le seigneur qu'ils ont aidé à reprendre un château. Ils kidnappent la fiancée du fils du félon, s’approprient un autre château et y mènent la grande vie dans un esprit communautaire qui ne fait pas long feu, avant qu'ils ne soient assiégés à leur tour par le seigneur revanchard. On aime la façon qu’a le Paul d'organiser la rencontre des idées et des symboles, la religion et le sexe comme instruments de pouvoir, un esprit anar en tout point similaire au régime en place et l’esprit des lumières qui s’incarnent dans des machines guerrières, représentations christiques et phalliques, bref la rencontre du haut et du bas, le tout dans un ton doucement érudit et volontiers iconoclaste. On trouve parmis tous ces excités deux personnages qui ont la faveur du réalisateur, pas pour leur morale à toute épreuve, mais pour leur lucidité qui fait qu’ils échappent, du mieux qu’ils peuvent, aux dogmes politiques et religieux en place : Martin le mercenaire, qu’on devine plus ivre de liberté que de chair ou d’or, même s’il se laisse un peu aller ici et là, et Agnes, en vraie héroïne Verhoevenienne, qui comprend vite quels sont ses atouts et comment s’en servir pour survivre. On est donc à fond pour le fond, un vrai film d’aventure avec des idées dedans, hélas la mise en scène n’est pas toujours à la hauteur, c’est difficile de sortir d’Amsterdam et de filmer des batailles en costumes, on pense plus à Sacré Graal qu’à Excalibur, et on a un vrai problème avec l’accent anglais de certains acteurs, la version original ressemble à un mauvais doublage. Ça et le fait qu’il y a beaucoup de monde et forcément, tous les personnages ne sont pas réussis. (vu en 2022)

1 juin 2022

La Légende de Zatoïchi - Vol. 23 - Voyage à Shiobara (Zatōichi goyō-tabi) 1972 Kazuo Mori

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Une femme enceinte se fait agresser, Ichi l’aide à acoucher avant qu’elle ne succombe. Son jeune fils, qui observait la scène, pense que c’est l’aveugle qui l’a tué. Ses agresseurs lui ont volé les vingt pièces d’or destinées à rembourser la dette de son mari auprès de la mafia locale. Ichi amène le bébé chez la belle sœur de la morte, en attendant que le mari rentre de voyage. Le boss du village va en faire une prostituée si son frère ne rembourse pas sa dette d’ici le lendemain. Le gamin, qui en veut à Ichi, le suit partout en lui balançant des cailloux sur la tronche. Un épisode plutôt classique qui réunit les ingrédients habituels : une jolie jeune femme en détresse, une bande de yakuza qui rançonnent le village, le samurai qui cherche un adversaire à sa hauteur, le massacre final avant le combat avec le dit samurai, et en prime une bande de saltimbanque pour la touche d’humour et un vieux policier amateur de poterie qui cautionne le comportement de ce hors-la-loi d’Ichi. (vu en 2022)

1 juin 2022

Swimming with sharks 1994 George Huang

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Guy se fait engager en tant qu’assistant de Buddy Ackerman, producteur en vue d’hollywood (comprendre : servir le café, etc.). Il n’est pas pris en traître, il sait que c’est un tremplin pour le succès dans le métier, s’il sert les fesses et encaisse sans moufter les humiliations que lui inflige Buddy. Guy se targue d’écrire, et arrange le coup pour que le projet de la mignonne Dawn soit produit par Buddy. Même qu’il a de très bonnes idées, que Buddy reprend à son compte. On est dans la satire féroce (mais le réal dit que tout est vrai) d’Hollywood, le film a peu de moyen mais est bien écrit, bien vu et assez drôle. On pense à The Player, d’ailleurs Altman a son gag. (vu en 2022)

1 juin 2022

Eaux profondes (Deep water) 2022 Adrian Lyne

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Vic, marié à cette nympho de Melinda (Vic et Melinda ! On rêve…), la laisse prendre des amants et le ridiculiser auprès de la bonne société de Little Wesley. Mais ses amants ont tendance à disparaître l’un après l’autre. C’est comme si Adrian n’avait jamais disparu, il aurait pu tourner ça il y a 10, 20 ou 30 ans, ça n’aurait pas été différent. Le roman d’Highsmith a déjà été adapté en France en 1981, il faudra qu’on le regarde, ça ne peut être que mieux, et si c’est pire ça doit valoir la peine. On assiste donc à la relation barrée et jamais crédible de ce couple de bourges fortunés, qui évolue dans des intérieurs et extérieurs tirés de Maisons et Jardins, c’est si mauvais que c’en est sidérant, tout comme il est sidérant de voir ce film débarquer en 2022, la façon dont Adrian s’en tient à son style et à sa formule érotico chic et toc envers et contre tout force, presque, le respect. On se demande s’il n’avait pas envie de réaliser autre chose au cours de sa carrière, s’il ne s’est pas retrouvé piégé depuis le succès de Nine ½ Weeks, s’il a réalisé un jour un projet personnel, va savoir. (vu en 2022)

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