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La Diablesse aux 1000 Visages

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20 août 2021

Shining (The Shining) 1980 Stanley Kubrick

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C’est pas la joie pour Jack, il a arrêté de boire, il se coltine un monstre sentiment de culpabilité gros comme ça depuis qu’il a pété le bras de son gosse alors qu’il était bourré (à sa place, je serais pas mieux), sa femme commence à bien le gonfler, et son livre n’avance pas, autant pour la sublimation par l’art. Un grand film qui questionne la famille, comme lit de toutes les folies. Comme dans tout bon film d’horreur, le plus effrayant est le son, le score est vraiment flippant. Lucio Fulci aurait dit que Kubrick n’aurait rien compris à l’horreur (Kubrick lui aurait répondu qu’il n’avait rien pigé à la direction d’acteur, je plaisante). C’est vrai que les scènes les plus traditionnelles du genre sont moyennes : celle de la chambre 237 est pas terrible, faut le dire (la chambre fait peur tant qu’on n’y rentre pas), celle du labyrinthe est bof, Danny le couteau à la main devant sa mère endormie, loupé, et tous les rajouts de la version uncut sont nuls (sauf l’ours qui fait un cunni, pas mal). Non, les scènes qui fonctionnent le mieux sont les plus kubrickiennes : le bar avec Lloyd, les travellings sur Danny sur sa voiture à pédales, et surtout la conversation dans les toilettes, incroyable (et toutes celles où Nicholson sourit…). En dehors de ça, les simples conversations en champs contre champs sont incroyables. (vu en 2021)

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20 août 2021

Paris, Texas 1984 Wim Wenders

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La belle photo de Robby Müller, la guitare de Ry Cooder, un homme qui marche dans le désert, il n'y a quasiment pas besoin d’histoire. De fait, la nouvelle de laquelle est adapté le film tient sur quelques pages. Plus que les explications, c’est l’errance (cette zone d’oubli de soi, d’entre deux) qui nous ravit. (vu en 2021)

19 août 2021

Night After Night 1932 Archie Mayo

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Un truand aux origines grossières mais aspirant à s’élever dans la société, dirige un speakeasy. Il se cultive auprès d’une vieille rombière, dragouille une bourgeoise en mal de sensations fortes, et doit faire face à la concurrence, et à ses - pas si- anciennes maîtresses. C’est sympathique mais aussi mineur et inoffensif. Georges Raft me plaît bien, droit dans ses pompes, on dirait que s’il se prend une mandale il ne bougera pas d’un millimètre. Face à lui, Constance Cummings est moyenne, ce qui confirme les origines du Georges vu qu’il ne voit plus qu’elle, et Mae West en roue - trop - libre qui vole le film pour en faire un one woman show. On est dans une comédie, pas un film de gangsters, la fusillade finale est habilement escamotée. Pour un film de 1932 on pouvait s’attendre à un peu plus de olé olé mais on passe un agréable moment quand même. Le George a cette jolie tirade “Que croyiez-vous que je voulais? Quelque chose que vous aviez ? Ne faites pas attention à ce que j'ai dit. Mais je pensais que quelque part dans le monde… il y avait quelque chose qui valait la peine qu'on le poursuive. Je vois maintenant que c'était juste mon imagination”- (vu en 2021)

 

19 août 2021

A Touch of sin (Tian zhu ding) 2013 Jia Zhangke

vlcsnap-2021-08-06-21h15m02s188Quatres histoires violentes dans la chine contemporaine mettant en scène des individus victimes du développement économique sauvage, pour reprendre la fiche wikipedia. Il y a là-dedans moults références au wuxia, au théâtre, plus ou moins évidentes. C’est très noir, très frontal dans sa demonstration, au point d’agacer ma régulière qui en a marre de ces films qui renvoient une image on va dire peu flatteuse de la Chine, dont les occidentaux sont friands. On peut la comprendre. Mais on continuera de regarder les œuvres de Zhangke, en espérant qu’il réalise un jour un vrai wuxiapuan. (vu en 2021)

19 août 2021

L'Affaire du canon noir (Hei pao shi jian) 1985 Jianxin Huang

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Dans la chine des années 80, un ingénieur et traducteur est mis à la touche pour avoir envoyé ce que le parti prend pour un message codé, en fait une simple demande auprès d’un hotel dans lequel il a séjourné et où il a égaré une pièce d’échecs chinois : un canon noir. Un film qui évidemment prend pour cible ce que le pouvoir peut avoir d’absurde, et également la peur des chinois à l’heure de l’ouverture vers cet étranger qu’ils ne connaissent pas. Le film est très bien, pas palpitant mais peut-être plus intéressant maintenant qu’alors, maintenant cette époque révolue. (vu en 2021)

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19 août 2021

Deux hommes dans Manhattan 1959 Jean-Pierre Melville

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Deux journalistes partent à la recherche du délégué français à l’ONU, fraîchement disparu. Jolies femmes (Michèle Bailly, mazette), club interlopes, jazz, dinners et alcool, Deux Hommes dans Manhattan, la nuit, petit film puisqu’un peu juste question intrigue, sait nous communiquer un grand plaisir, la passion de Melville pour le cinéma américain, et nous contenter avec ce morceau d'Amérique qu'on ne verra jamais, qu’on n’a jamais vu (moi et quelques autres), au point qu’on peut imaginer qu’il appartient plus à l’histoire du cinéma qu’à l’Histoire elle-même. (vu en 2021)

19 août 2021

Hyoten 1966 Satsuo Yamamoto

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Une fillette est assassinée pendant que sa mère reçoit son amant. Son mari lui en veut un peu quand même, et par vengeance il adopte la fille de l’assassin, sans le dire à sa femme, enfin avant longtemps. C’est bien tout ça, on comprend qu’il y a du potentiel, qu'on ne sent malheureusement  jamais vraiment utilisé. Satsuo Yamamoto se sert de son script pour constater la glaciation des sentiments de la famille japonaise des années 60, et on sent, par moments, bouillonner quelque chose là-dessous, mais à l’arrivée il reste le sentiment d’une occasion manquée (enfin pas tout à fait puisque la mère est incarnée par Ayako Wakao), d'un style trop sage pour son sujet. (vu en 2021)
19 août 2021

La Folle journee de Ferris Bueller (Ferris Bueller's Day Off) 1986 John Hughes

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Une excellente comédie qui nous venge de ce foutu âge adulte (d’ailleurs qu’à fait Matthew Broderick de bon après ?), qu’on sait qu’on la regardera encore et encore, et si ça fonctionne si bien c’est parce qu’elle repose sur le lit noir et dépressif de l’adolescence. La Folle Journée de Cameron Frye. (vu en 2021)

19 août 2021

L'Année du dragon (Year of the Dragon) 1985 Michael Cimino

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L’affrontement entre l’inspecteur Stanley White, qui veut nettoyer Chinatown de sa vermine, et Joey Tai, jeune dragon aux dents longues, bien décidé à arriver au top du top des triades. Oh que j’avais peur de revoir ce film aimé jadis, peur de le trouver daté, de trouver Mickey trop rourkien, Ariane trop belle, des sentiments trop exacerbés. Year of the Dragon est vraiment bon, la mise en scène classique de Cimino est superbe, mais plus que tout ce sont les décors, et l’utilisation qu’il en fait, qui sont de la folie, quand on sait que tout ça a été fait en studio, c’est renversant. Vraiment un excellent film des années 80, meilleur que Heaven’s Gate, mais si. (vu en 2021)

19 août 2021

Titane 2021 Julia Ducournau

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Adrien est une fille qui a un crâne composé d’un morceau de ferraille depuis son accident de voiture. Elle danse et s’exhibe dans des salons de voitures et tue ceux qui sollicitent ses faveurs sexuelles (pourquoi ? Sais pas). Forcée de fuir après quelques meurtres un peu too much, elle se fait passer pour le fils disparu d’un sapeur pompiers et entame sa nouvelle vie dans la caserne du papa. Lui, désespéré depuis l’événement, accepte la duperie. Je comprends bien le discours sur la redéfinition de la notion de famille et de genre, et je vois bien que la Ducournau n’est pas manche à la mise en scène, qu’elle veut s’affranchir des codes de narration classiques, mais n’arrive-t-elle pas trop tard ? Il y a plein de scènes plutôt réussies dans ce film foutraque qui revendique trop de singularité sans qu’on sache pourquoi, sinon pour prouver qu’on peut le faire, en France aussi. Et puis le discours sur la famille et le genre, c’est tendance mais ça fait pas 60 ans qu’on en parle ? Bref me voilà bien embêté avec ce film que j’aimerais aimé mais non. J’en aime assez la plastique, la réalisation, voir le côté gonflé, mais pas du tout l’écriture. On la compare depuis son premier film avec Cronenberg, elle le revendique aussi, mais lui il écrit ses films au petit oignons, ici on a l’intention, une succession de bonnes scènes, mais tout simplement une histoire pas si bien racontée, que Ducournau peine à rendre intéressante. (vu en 2021)

19 août 2021

À l'abordage! 2021 Guillaume Brac

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Felix embarque son pote Chérif pour retrouver Alma dans le sud de la France, une fille qu’il a  brièvement connue un soir à Paris. Il y vont en covoiturage avec Edouard, pas vraiment content que ses deux passagers se soient fait passer pour des filles. Décidément, dès qu’il s’agit d’aventures sentimentales sans drame derrière, on pense à Rohmer, le bougre a laissé son empreinte. Celui-ci le vaut tout en se démarquant, sans le côté littéraire et la distance qu’il induit . Ça a l’air con dit comme ça, mais il me semble qu'on n'avait jamais vu un tel naturel dans l’observation des sentiments, sans jugements, avec un scénario qui respire et ne ferme aucune porte à ses personnages, tant on dirait que tout peut arriver, n’importe quand. Un film d’été. (vu en 2021)

19 août 2021

Les Aventuriers de l'arche perdue (Raiders of the lost ark) 1981 Steven Spielberg

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Toujours un gros plaisir de revoir les aventures du Dr Jones, qui change radicalement de personnalité dès qu’il troque son costume de prof contre ses frusques d’aventuriers (beau métier) à la manière d’un super héros. On peut compter sur tonton Steven quand il s’agit d’enchaîner les scènes d’action l’une après l’autre avec maestria. Seule la fin est vraiment pas terrible, très mauvaise idée ces ectoplasmes (Lucas ?) et Spielberg n’a plus de matière à filmer. (vu en 2021)

19 août 2021

Diamant noir 2016 Arthur Harari

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Pier vit de cambriolages quand il apprend la mort de son père, banni de sa propre famille, qu’il n’a plus vu depuis des années. Il reprend contact avec son oncle dans le but de venger son père. Pier à en quelque sorte trois familles, son père, son oncle, et Rachid son boss qui l’a pris sous son aile. Les relations qu’il entretient avec chacune d’entre elles lui paraissent claires mais il devra les reconsidérer une fois décomposées à travers les facettes d’un diamant. Sans esbroufe et remarquable par le souci de représenter le milieu des diamantaires à Anvers. (vu en 2021)

19 août 2021

Mean streets 1973 Martin Scorsese

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Charlie est un petit truand très marqué par le catholicisme, il se sait coupable et croit expier ses péchés en protégeant son pote Johnny Boy qui fait conneries sur conneries, notamment en perdant l’argent qu’il doit à ses débiteurs à la gâchette facile. Une histoire de rédemption impossible dans les rues du New York des années 70 dont Scorsese capte remarquablement l’électricité (pas que j’y sois allé non plus), au rythme d’une BO irrésistible. Une espèce de nouvelle vague US. (vu en 2021)

19 août 2021

The Shield

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Et voilà, on s’est refait l’intégrale, en HD et sans recadrage (c’était la misère à l'époque de regarder ces DVD). C’est une décharge d’adrénaline pendant sept saisons, même s’il y en a de plus faibles que d’autres, des personnages ratés de temps en temps (Forest Whitaker par exemple), un côté systématique (les emmerdes qui s’empilent les une sur les autres, les scènes de crimes chaque fois plus horribles que découvrent les patrouilles). Malgré tout ça on tient sans problème jusqu’à la belle fin (le flic pourri qu’on punit en l’envoyant travailler dans un bureau…). Il y a un côté soap dans l'écriture allié à une réalisation caméra-à-l’épaule-pris-sur-le -vif qui fait qu’on réclame chaque épisode comme un des crackés de la série sa dose. (vu en 2021)

19 août 2021

Fire line (Kasen chitai) 1961 Hiromichi Takebe

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Petit film contant l’histoire de deux jeunes malfrats qui vivent d’arnaques sur les champs de courses, mais qui sont décidés à se faire remarquer par le gang local, qui va les prendre pour des caves et leur mettre sur le dos une indélicatesse, le vol d’une cargaison d’armes d’un gang rival. L’un des deux jeunes, maqué avec la sœur de l’autre, tombe pour la maîtresse du boss, histoire de mettre un peu de romance dans cette histoire de flingues. Quelques jolis plans tournés dans la  rue, mais trop réglementaire et anonyme. (vu en 2021)

19 août 2021

Blue velvet 1986 David Lynch

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Jeffrey trouve une oreille dans un champ, il mène son enquête parallèlement à celle de la police, ce qui le mène en eaux pour le moins troubles, très troubles. Jeffrey s’emmerde sûrement un peu dans sa bourgade aux apparences trop lisse, il est bien décidé à gratter la surface pour mettre à jour ce qui se cache dessous. Caché dans un placard à observer une femme qui se croit seule chez elle, voilà la définition même du cinéma. De spectateur, Jeffrey devient acteur de la tragédie qu’il observe. Il a un goût pour le danger (et entre Dorothy Vallens et Sandy, y’a pas photo), et il lui faut ces deux côtés pour que son existence soit complète. (vu en 2021)

19 août 2021

Benedetta 2021 Paul Verhoeven

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Soeur Benedetta semble accomplir des miracles, à moins qu’elle ne soit plus maligne que ça et qu’elle sache comment manipuler ses contemporains pour arriver à ses fins. Quelles fins ? Elle est apparemment sincère dans sa recherche du divin, le pouvoir ne semble pas l’intéresser en soit, et ce n’est pas non plus pour la galipette. Sous le film de nonnes saphiques subissant les torture de l’inquisiteur en chef, il y a celui d’une soeur dont la quête spirituelle unit le corps et l’esprit, pour ne pas dire que l’extase physique est le plus court chemin vers le ciel, (et qu’il est réservé au femmes, du Brisseau quoi), et bien sûr une illustration des signes dont les hommes (et les femmes) usent pour assoir leur pouvoir. Soeur Benedetta essaie d’abord la souffrance (recommandée par les autorités) puis s'aperçoit que le plaisir est tout aussi efficace sinon plus. C’est bien un film de Verhoeven, la déception étant qu’il soit parfois visuellement plus crédible qu’un téléfilm de base, on se croirait dans Kaamelott. (vu en 2021)

19 août 2021

S.O.S. fantomes (Ghostbusters) 1984 Ivan Reitman

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Amusant, ces adultes restés adolescents - c’est peut-être ça qui fait qu’on est bienveillant, qu’on s’y reconnaît, eh oui - qui chassent l’ectoplasme dans NY, on ne nie pas un certain plaisir à se replonger dans ce souvenir d’enfance, malgré cette histoire un peu conne, ces New Yorkais qui pensent qu’ils sont trop cools, cette BO qu’on n'oserait pas écouter en dehors du film. (vu en 2020)

19 août 2021

Retour vers le futur II (Back to the Future Part II) 1989 Robert Zemeckis

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Marty et Doc voyagent en 2015 (!) pour empêcher Marty Jr de faire des conneries. Seulement le Biff de 2015 leur empreinte la DeLorean pour remettre au Biff de 1955 un almanach des résultats sportifs des décennies passées, ce qui lui permettra de devenir le Donald Trump de 1985 et de transformer cette époque en zone de non droit absolue. Du coup Marty et Doc reviennent en 1955 pour empêcher le vieux Biff de se remettre à lui-même l’almanach. Drôle de suite, découpée en trois parties, la première plutôt drôle et idiote (pas évident , le futur au cinéma…), la deuxième où Zemeckis laisse libre court à son côté sale gosse et dégomme le présent, et la troisième qui revisite le premier film. Une suite bâtarde, fascinante à défaut d’être réussie. (vu en 2021)

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