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La Diablesse aux 1000 Visages

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19 août 2021

Le Diabolique docteur Z (Miss Muerte) 1966 Jesús Franco

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Irma est la fille du Dr Z, qui a réussi à localiser les zones de du cerveau qui conditionnent notre sens moral, et même à les stimuler, dans un sens ou dans l’autre, et même à réduire à peau de balle notre volonté… Ses collègues pensent qu’il est complètement frappé et le mettent à l’écart, et le pauvre docteur fait un malaise fatal juste devant eux. Et Irma donc ? Elle va venger son père en se servant d’un condamné à mort qui s’est échappé (m’a bien fait rire) et d’une danseuse aux ongles mortels. Carrière au scénario, Howard Vernon devant la caméra, pour mon premier Franco, je n’ai sans doute pas choisi le pire. Bon, l’histoire est assez naze mais Franco s’en fout (et nous avec), il est plutôt occupé à mettre en scène tout une mythologie de belles femelles mortelles, qu’il a l’air de trouver infiniment plus intéressantes que les mâles qui leur tourne autour, et on le comprend (le titre original est Miss Muerte). Malgré un budget visiblement fauché, le film est plus que regardable, certaines scènes développant des visions sensuelles et troubles qui font leur effet. Et puis il y a tout ce folklore du savant fou et les machines assez ridicules qui encombrent son labo qui participe au charme du film. Ce qui en définitive achève de le rendre sympathique, c’est la façon dont Franco dévie du programme initial pour nous embarquer dans son imaginaire. (vu en 2021)

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18 août 2021

La Main droite du diable (Betrayed) 1988 Costa-Gavras

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L’agent Katie est infiltré auprès d’une famille dont l’homme est soupçonné d’appartenir à un groupe suprémaciste. D'abord sous le charme de ce vrai mec canon, viril, attachés aux valeurs familiales, elle entame avec lui une relation qui va bien au-delà de sa mission, après tout un mec comme ça ne peut pas être coupable de ce dont on l’accuse, si ? Encore un sujet chaud pour Costa-Gavras. Honnêtement emballé, et assez simplifié, ou disons vulgarisé, ce qui cette fois le dessert un tant soi peu (a moins que je me lasse du système du gars), vu le script très manichéen, tout le monde est noir ou blanc (j’ai pas fait exprès). Le problème est que ce portrait à charge, qui a peut-être fait son effet en 1988, paraît aujourd’hui enfoncer des portes ouvertes sans amener rien de plus sur le sujet. (vu en 2021)

18 août 2021

Conseil de famille 1986 Costa-Gavras

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Une famille unie où papa est cambrioleur (avec une éthique, oh). Se pose la question de la filiation mais aussi de l’émancipation de son gamin. Les jeunes en bande, perchés sur leur 103 SP, voilà qui m’a replongé direct en enfance, pendant cette période pas si simple où on n’est plus un petit mais pas encore bien grand. Le film expose avec un certain charme une autre manière de vivre sa vie, et tout ça est bien sympathique. Comme dans ses films plus sérieux, Costa Gavras expose un système, mais il s’agit cette fois d’une chronique familiale qui nécessitait d’être plus fouillée, ici on passe bien vite d’une situation à l’autre sans être particulièrement touché. Limité aussi, Johnny, mais pas mauvais, et Fanny Ardant n’a pas grand chose pour développer un personnage intéressant. Sympa mais un peu court. (vu en 2021)

18 août 2021

Prière d'extase (Funshutsu kigan) 1971 Masao Adachi

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Quatre amis, deux filles, deux garçons, pas encore des adultes (mais quand le devient-on ?) face à la sexualité, comme un mystère à résoudre pour devenir, justement, des adultes. Bon on ne comprend pas forcément tout ce qui leur passe par la tête, mais peu importe. Le film emprunte la voie d’une poésie triste et morbide, la voix off a le ton des ultimes lignes du journal d’une suicidée. Curieux et fascinant cocktail de sexualité adolescente et de prose mortifère sur une guitare triste à te gâcher la journée, venu tout droit des expérimentales années soixantes (1971 en fait), impossible à refaire aujourd’hui évidemment. (vu en 2021)

18 août 2021

Dans la ligne de mire (In the Line of Fire) 1993 Wolfgang Petersen

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Encore un personnage à traumatisme : Franck était garde du corps présidentiel quand ÇA s’est passé (l’assassinat de Kennedy, what else ?), autant dire que c’est comme s’il avait lui-même appuyé sur la gâchette. Maintenant il est inspecteur de police, solitaire, flanqué d’une jeune recrue, son seul plaisir dans la vie c’est d’écouter ses disques de jazz après le boulot (ah Clint…). Et voilà qu’un ex tueur des services secrets veut remettre ça : abattre le président, et que c’est Franck qui tombe sur sa planque par hasard. C’est trop gros, trop tiré par les cheveux, trop cliché, avec Clint qui fait son Clint (pas désagréable) et John Malkovich qui fait son tueur psychopathe (ouille), qui plus est emballé dans un style lisse par Wolfie. Loin d’être le pire, loin d’être le meilleur, peut-être le plus anonyme dans la filmo d’Eastwood. (vu en 2021)

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18 août 2021

The Big short 2015 Adam McKay

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Un trader limite autiste voit la crise des subprimes de 2008 arriver, et par là le moyen d’enrichir sa société. D’autres traders le remarquent, suivent le mouvement, découvrent le scandale qui se cache derrière. Le film se veut éducatif, fun, en même temps qu’il entend dénoncer un système économique en roue libre dont le seul credo est la rentabilité la plus grosse en un minimum de temps. C’est vrai que c’est fun, mais j’ai pas tout pigé, malgré Selena Gomez qui nous expose les rouages de l’affaire comme si on était des demeurés (ce qui est, peut-être, mon cas). McKay met en boite tout ça avec aisance et virtuosité, le problème pour moi avec ce gars c’est d’abord qu’il prends pour acquis qu’on est des ignorants (même si c’est vrai, c’est pas une raison), et qu’il nous dit quoi penser. Et cette galerie de personnages, le matheux autiste et irrésistible, le trader revenu de tout qui fait son fromage de chèvre, l’autre tellement dégoûté qu’il continue mais attention, pour améliorer le système, c’est quand même pas très subtil. Bref un film pas si fin qu’il ne le prétend. (vu en 2021)

18 août 2021

Le Capital 2012 Costa-Gavras

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Marc Tourneuil est l’assistant personnel du président d’une grande banque française. Le jour où ce dernier fait un malaise pendant une partie de golf, Marc est choisi pour lui succéder, il sera la marionnette dont les vrais décideurs tireront les fils. Sauf que le Marc est plus ambitieux qu’ils ne le pensent (je vais gagner moins et j’aurais même pas son bureau ? Tiens, fume !). Ceci dit il n’a pas la partie facile, un fond spéculatif américain (des gangsters quoi) entend bien le bouffer tout cru, lui et sa banque. Costa-Gavras remet le couvert et parle de la haute finance. C’est toujours intéressant parce qu’il sait rendre accessible son sujet, j’ai l’impression d’avoir compris quelque chose. Les acteurs sont plutôt bons, ceci dit on sent que ce ne sont pas les personnages mais le système dans lequel ils se débattent qui l’intéresse, on peut d’ailleurs dire ça de beaucoup de ses films. Les exceptions seraient Fantôme d’amour ou Conseil de famille, plus des films de personnages, du coup moins convaincants. (vu en 2021)

18 août 2021

Les Chiens de paille (Straw Dogs) 1971 Sam Peckinpah

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L’Americain et astrophysicien David et son anglaise de femme Amy vienne s’installer en Angleterre, dans un coin de cambrousse où ils seront au calme, parfait pour lui qui doit bûcher sur ses recherches. Joli coin (perso j’aime mieux le sud de l’italie), dommage que le pub soit l’unique loisir de ses habitants, qui se foutent bien de la gueule de cet intello et qui se verraient bien tâter de sa femme, d’autant qu’elle est pas moche et qu’elle est du coin, elle est un peu à eux non ? De quoi faire réfléchir à deux fois ces citadins qui viennent embourgeoiser nos campagnes. Au jeu de la raison contre la pulsion, c’est la pulsion qui gagne haut la main, et notre intello de David, homme de principe et de morale, par ailleurs un peu suffisant et qui ne se prend pas pour n’importe qui, deviendra évidemment le plus violent de tous pour sauver sa peau et celle de sa blonde. Sa femme est le personnage ambigu du film, c’est sûr qu’elle est bien contente d’avoir mis la main sur un mec avec une situation et moins con que les autres, mais elle ne manque pas de lui rappeler qu’il ferait bien d’agir en vrai mec quand il le faut. La scène de viol où Peckinpah joue avec la limite de la contrainte et du désir, en en faisant un moment d’autant plus malaisant qu’il interroge le voyeur qui est en nous, et qu'il charge de toute l'ambiguité de notre rapport à la violence, est finalement la clef de ce film carré et diablement efficace. (vu en 2021)

18 août 2021

La Petite apocalypse 1993 Costa-Gavras

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Ecrivain jamais publié et pas vraiment un joyeux drille, le polonais Stan vivote en France dans les jupes de son ex femme, fait le boulet auprès du nouveau mari de celle-ci, passe pour un héros dans le regard condescendant de ses amis. Un jour qu’il veut remplacer une ampoule et se casse la gueule, tout le monde pense qu’il a voulu se pendre. Quand même, quitte à se suicider, autant le faire en beauté, c’est à dire a en faire un spectacle, au moins ses livres seront publiés… Les révoltes digérées par le capitalisme qui les transforme en spectacle, voilà qui mérite un film de plus, ceci dit celui-ci manque de mordant, est-ce parce que les potaches Dussolier et Arditi sont de la partie (mais où est Sabine ?), donnant au film un ton de comédie parisienne de gauche dont il peine à s'extraire ? (vu en 2021)

18 août 2021

First cow 2020 Kelly Reichardt

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Dans l'Amérique des pionniers, Cookie, un cuisinier, et King-lu, un immigré chinois, se lient d’amitié et tentent de construire un capital en fabriquant et vendant des beignets. Pour ce faire, ils traitent tous les soirs en cachette la seule vache de la région. Il me semble que Kelly Reichardt aime conter des histoires dans un style discret (sans brouhaha, sans spectacle), avec une attention à la nature, au climat, et parler d’asservissement social et économique sans avoir l’air d’y toucher (il y a quelque chose de cruel derrière ces histoires à priori simples). Il y a aussi dans celui-là une façon de déjouer les codes du genre ; ça aurait pu être un western mais on n´est pas dans l’ouest, on est « à côté », de même ce n’est guère l’espace (l’horizontal) qui est traité mais le temps (le vertical), à l’image de ce plan au début du film, un fleuve et un bateau qui traverse le plan, on y est à l’étroit, décontenancé de ne pas l’observer dans un format large, et cette femme qui découvre les corps des deux lascars agit comme une anthropologiste, c’est en mettant à jour les strates du temps qu’elle permet à l’histoire (l’Histoire) de se dérouler. (vu en 2021)

18 août 2021

L’Intruse (Dangerous) 1935 Alfred E. Green

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Don Bellows est en train de réussir dans l’immobilier, de plus il a une chouette fiancée dans la haute. Il rencontre Joyce Heath, une star de théâtre oubliée, amère et alcoolique , qui à la réputation de porter la poisse. Évidemment il tombe pour elle. C’est intéressant, à défaut d’être innovant, de voir ce mec basculer de son petit monde bourgeois - l’immobilier, la fiancée respectable - vers un univers plus incertain - le théâtre, une femme dangereuse, troublante (une emmerdeuse quoi) - mais cette piste n’est pas suivie, dommage, puisque qu’il ne s’agit finalement que de rédemptions morale, tout rentre facilement dans l’ordre, Joyce fait la paix avec son mari - ah oui elle avait pas dit qu’elle était mariée - et Don retrouve les bras de sa bourgeoise, par ailleurs charmante, on se demande ce qui lui a pris. Dommage donc, de plus Green ne fait pas de miracle, il y avait quelque chose de plus à tirer de cette scène d’envoûtement qui commence dans la paille et se termine sous l’orage, ou de celle de la Joyce qui crash sa voiture contre un arbre par désespoir. (vu en 2021)

18 août 2021

La Femme insecte (Nippon konchûki) 1963 Shohei Imamura

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Tome est une petite fille de la campagne, une bâtarde vu que sa mère couche à droite à gauche. Elle grandit, tombe enceinte, puis se fait renier par le fils d’une famille créancière de la sienne, part pour Tokyo, se prostitue, devient maquerelle, se fait entretenir par un vieux bonhomme… On assiste à l’histoire moderne du Japon, qui passe de l’ère féodale au miracle économique en quelques dizaines d’années et, à travers Tome, à la « condition de la femme japonaise » qui, elle, n’évolue guère : elle est un corps que tout le monde exploite (voir la statuette de mère nourricière dans la maison familiale), son père avec qui elle a une relation plutôt louche, les hommes en général, mais les femmes également, celles qui la poussent dans les bras de l’autre famille pour raisons économiques, la maitresse de maison qui l’emploie comme domestique, la maquerelle… Bref elle trime toute sa vie pour les autres, pour sa fille, avec une abnégation certaine. On est chez Imamura, c’est observé avec distance, sévérité, humour, bienveillance, et non dénué d'érotisme. Sa mise en scène à elle seule, précise, assurée, suffit à se pâmer de plaisir, faite de cadre à tomber, d’ellipses, d’actualités, d’arrêt sur image, de poésie - ces petites chansons tristes et courtes scandées par Tome, entre le haïku et le blues- tout ça emballé dans une photo sublime. Sans doute le meilleur de sa filmographie, jusque-là. (vu en 2021)

18 août 2021

Junior Bonner 1972 Sam Peckinpah

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Junior Bonner, un as du rodéo plus tout jeune, revient dans sa ville natale pour participer à la plus vieille compétition du pays. Il retrouve son père qui a laissé tomber sa famille, son frère qui veut faire fortune dans l’immobilier… Celui-ci lui balance « je coure après mon premier million, et toi après huit secondes », ça résume bien le propos. Il y a souvent dans les films de Peckinpah un moment de répit entre les galères. Ce film plus apaisé est fait de ce répit, en tout cas on n’est pas dans des histoires qui se règlent en faisant parler la poudre, néanmoins les thèmes des films passés sont toujours là et si violence il y a, elle est dans la façon dont le capitalisme s’empare du monde de Junior. (vu en 2021)

18 août 2021

Clair de femme 1979 Costa-Gavras

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Michel rencontre Lydia, ils tout deux en deuil, lui de sa femme, elle de son fils. En initiant une nouvelle relation sentimentale avec cette femme, c’est comme si son histoire à lui se réincarnait, comme s’il retrouvait en Lydia sa défunte épouse, dans un espèce de mystique de l’eternel féminin, un transfert qu’il opère consciement. C’est difficile de mettre des mots sur cette histoire, elle semble échapper au rationnel, sans pour autant tomber dans le surnaturel (surréaliste alors ? Ouais...). Le hasard est de la partie mais n’en est pas vraiment. Michel place sa foi en dehors des usages qui voudraient qu’il fasse son deuil, qu’il partage celui de Lydia, il se laisse conduire par son désir de vivre, de continuer, de transcender le décès de son épouse, il suit les rencontres fortuites, elles doivent forcément avoir un sens, puis qu’il est tombé sur Lydia quand il fallait. Costa-Gavras n’en rajoute pas dans le funèbre et le tragique, Montand, pas un acteur que j'adule, et Schneider, toujours aussi... Schneider, montrent qu'ils ne sont pas des manches, pourtant il me semble que quelque chose ne colle pas, peut-être que le film garde quelque chose de trop littéraire, dans ses dialogues, sa construction. On ne sait tout du long sur quel pied danser, on se demande ce que ces personnages secondaires font là, du dresseur de chiens à la belle-mère russe, en passant par les flics et l’avocat. Sans doute que chacun y verra le film qu’il veut, histoire d’amour, drame existentiel ou je ne sais quoi. (vu en 2021)

18 août 2021

Adults in the Room 2019 Costa-Gavras

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La lutte de Yanis, ministre de l’économie grecque, alors sous perfusion européenne, ou plutôt sous le joug européen comme il le prétend, puisqu’il accuse l’europe de renflouer ses grosses banques déficitaires avec la dette grecque. On se doute bien du parti pris du film, comment croire un instant que ce personnage héroïque et hautement charismatique soit à l’image du vrai Yanis Varoufakis ? Mais Costa-Gavras fait du cinéma avant tout, et bien, ces deux heures de luttes verbales dans des salons, bureaux et salles de réunion, montées comme un ballet, sont assez passionnantes. C’est un brin manichéen et le drame grec est finalement peu présent, mais tous les moyens sont bons pour rendre accessible le fonctionnement de l’impitoyable machine économique européenne, vrai sujet du film. (vu en 2021)

18 août 2021

Mes chers amis (Amici miei) 1975 Mario Monicelli

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Une bande d’amis qui aime se retrouver pour rigoler, ils échappent ainsi à leurs épouses, leurs vie grisâtres, leurs petites misères. « C’est obligatoire de réussir sa vie ? ». Tout est là. Pris séparément, il y a des moment plus ou moins réussi, et pas mal de scènes très moyennes, mais ça fonctionne car encore une fois c’est porté par un courant de fatalisme, sans quoi la comédie serait juste un peu lourde. Ils ont tous une existence bien décevante qu’ils s’efforcent d’oublier le temps d’un jour ou deux passé à déconner. Ce monde pas marrant, sinistre, est le vrai sujet, et les blagues la consolation. (vu en 2021)

18 août 2021

The Strangers (Gokseong) 2016 Hong-jin Na

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Jong-goo est un flic de campagne coréen, c'est-à-dire pas très futé. Il est confronté à une série de morts bien dégueu, est-ce une maladie ou l’œuvre d’un démon ? Il a vite fait de mettre ça sur le dos d’un vieux japonais qui vit en ermite dans la montagne toute proche. Ce serait assez dur à résumer tant le film emprunte différentes pistes et procède en rupture de ton. On s’embarque pour quelques tours de montagnes russes pendant plus de deux heures et demi remarquablement bien tenues. Le film est souvent drôle, et quand, au cours d’une conversation flippante qu’ont deux flics, la foudre retentit juste quand il faut, on se dit que tout ça n’est pas très sérieux. Mais c’est pour mieux nous prendre à contre pied, car l’humour laisse peu à peu place à une horreur très premier degré. Donc on doute, on est dans la distance, mais il se trouve que la clef derrière cela est simple, directe, ce qui nous fait dire que, finalement, c’était pour de vrai. Le doute est précisément ce qui dicte les actes de Jong-goo, ce à quoi il cède, il ne mène pas d’enquête, c’est lui qui est mené, réagissant plutôt qu’agissant. Le film terminé on est laissé avec les personnages du chaman et de la femme en blanc dont le rôle est obscur. Et que dire de ce démon qui prend ses victimes en photo avec un minolta automatique tout con ? Il y a donc beaucoup, de styles, de figures, de directions, de questions et quelques réponses, sans que l’on sente que c'est trop. Un des meilleurs films d’horreur de ces dernières années. (vu en 2021)

18 août 2021

La Berçeuse de la grande terre (Daichi no komoriuta) 1976 Yasuzô Masumura

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À la mort de sa grand-mère qui l’a élevé, Rin est livrée à elle-même. D’un naturel sauvage, elle ne fait confiance à personne mais se laisse séduire par les belles paroles d’un salaud et se retrouve dare dare employée de maison d’un bordel situé sur une île. Les proprios ont bien l’intention d’en faire une gagneuse dès qu’elle en aura l’âge. Après quelques travaux alimentaires, Masumura revient à un film personnel, avec une héroïne typique de son cinéma : elle est farouche, indépendante mais ne peut que subir le diktat de son entourage. Quitte à être contrainte, elle le fait à sa manière, jusqu'au boutiste, dans une attitude de dévotion masochiste. Elle s’oppose au groupe et puise sa force dans les éléments, terre et eau. Masumura devait être fasciné par ce type de femme, belle, sacrifiée, de laquelle émane une énergie irrésistible qui peut-être destructrice, pour elle-même comme pour son entourage. Ce n’est pas un hasard si c’est Meiko Kaji qui vient en aide à la jeune Rin dans une courte séquence. (vu en 2021)

18 août 2021

Le Sabre de la Bête (Kedamono no ken) 1965 Hideo Gosha

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Gennosuke voulait mener des réformes au sein de son clan, mais il s’avère qu’il s’est fait enflé. Après avoir tué le patriarche, il est traqué par sa fille, le fiancé de celle-ci et le maître d’arme du clan. Il fuit sur les pentes escarpées d’une montagne abritant un filon d’or, propriété du shogun, attirant pas mal de personnes désirant s’enrichir, fut-ce au péril de leur vie. Le film se déroule en pleine nature, Gennosuke fait fi de l’honneur et, pour sauver ses os, adopte le comportement d’un animal. L’honneur n’est qu’un leurre, un instrument de pouvoir au service des puissants pour diviser et tenir en laisse leurs subalternes, qui se cherchent des noises alors qu’ils sont manipulés par leurs supérieurs. Très beau film à la mise en scène solide, aux magnifiques plans larges, les personnages y sont superbes, notamment Gennosuke et Jurata qui ont de la gueule. (vu en 2021)

18 août 2021

Dernier domicile connu 1970 José Giovanni

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L’inspecteur Marceau Leonetti est muté dans un commissariat de seconde zone, fallait pas qu’il emmerde un fils d’avocat bourré au volant de sa voiture. On le charge de retrouver un témoin dans une affaire de meurtre, sept jours avant le procès. Il est assisté par une nouvelle recrue, Jeanne Dumas. C’est bien vu d’avoir voulu faire un polar où l'on assiste au travail routinier des enquêteurs, c’est sûr qu’ils n’économisent pas leur semelles (la jolie scène des jambes sur la musique de De Roubaix), et c’est assez bien rendu par Giovanni. Par contraste, les scènes plus musclées sont plutôt maladroites, de même la psychologie des personnages, puisque psychologie il y a, est parfois étrange, ainsi on ne comprend pas pourquoi la Jeanne change aussi subitement d’humeur, la voilà enthousiaste puis subitement gonflée, après elle est peut-être comme ça. Enfin la scène de témoignage est un vrai foutage de gueule. Ventura fait son Ventura, mais il sourit quand même par moments, Marlène Jobert avec son visage mutin et ses jolies gambettes crève l’écran. Bref un polar français estampillé seventies avec du bon et du moins bon, le problème étant qu’il se veut réaliste mais qu’il en manque malgré tout. (vu en 2021)

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