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La Diablesse aux 1000 Visages

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17 août 2021

The Story of film: an odyssey 2011 Marc Cousins

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Quinze heures pour raconter cent-vingt ans d’histoire du cinéma, par ses évolutions techniques, narratives, en dégageant des thèmes par périodes, le rapport au réel, le reste du monde contre Hollywood, car une grande place est faite au cinéma mondial. C’est très vulgarisé, forcément trop rapide, on sent que le gars est passionné néanmoins son désir de tout englober et de contenter tout le monde le garde d’adopter des parti pris trop tranchés, on aimerait pourtant mieux entendre un chien fou raconter ses coups de coeur et ses coup de gueule, bref une attitude plus personnelle que ce survol un peu trop cinématographiquement correct, un peu trop muséal. Ceci dit pour le béotien que je suis ça reste très intéressant, il y a suffisamment de courants représentés, d’extraits, bref de matière pour avaler ces quinze heures sans ennuis. En revanche, il a fallu que Cousins fasse son tour du monde et ramène ses images, juste pour dire que le cinéma se passe partout, pas qu’à Hollywood donc, mais ses petits bouts de films, peu nombreux, sont complètement inutiles. Et il y a des intervenants, pas toujours pertinents, mais surtout que vient faire Baz Luhrmann la dedans ? Baz Luhrmann ? (vu en 2021)

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16 août 2021

Impitoyable (Unforgiven) 1992 Clint Eastwood

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C’est une des meilleures histoires que je connaisse et un scénario parfait pour Eastwood, qui n’a plus qu'à le filmer comme il sait le faire, simple, à l’économie. Il me semble que tout à déjà été dit sur ce film, sans doute son meilleur, et je ne peux que me joindre aux louanges. À le revoir, on mesure combien ces deux heures dix sont parfaitement habitées, il n’y a que peu de scènes de bravoure mais tout est à sa place et le récit se déploie avec justesse, tirant le parti de chaque minute. Il y a là toute l'ambivalence d’Eastwood, le réalisateur, l’acteur et l’homme, le film joue très intelligemment avec la legende et sa déconstruction, on frissonne de plaisir de voir Eastwood en vieux fermier rouillé incapable de monter sur sa carne, on jubile quand le fantôme William Muny revient d’outre tombe dans une effluve de whisky pour tater une dernière fois du colt. (vu en 2021)

16 août 2021

Crazy horse 2011 Frederick Wiseman

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Les coulisses du Crazy Horse alors que Philippe Decouflé est engagé poury  donner un coup de neuf. Wiseman est célébré comme un grand documentariste, on reconnaît qu’il filme et monte le tout sans diriger notre regard, bon, mais cela valait-il la peine de s’intéresser à cette maison qui produit un spectacle culcul pour touristes et quelques habitués ? C’est toute la question que l’on se pose durant les deux bonnes heures que dure la chose dont la moitié montre les répétitions, jolies couleurs, belles fesses, qui attirent la caméra du gars comme un morceau de bidoche une mouche. C’est peut-être la faiblesse du film que de montrer trop de répétitions pendant lesquelles on s’emmerde sec. (vu en 2021)

16 août 2021

R100 2013 Hitoshi Matsumoto

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Avec une femme à l’hôpital plongée dans le coma et un gamin à la maison, Naoh a de quoi être déprimé, en plus il est vendeur de literie. Il se réfugie dans ses fantasmes sexuels pour fuir son quotidien et s’offre les services d’une agence nommée Bondage, en gros des dominatrices qui lui tombent dessus n’importe où n’importe quand pour lui faire sa fête. Petit à petit l'histoire vire vers le grand n’importe quoi, du moins pour le spectateur car on sent là dedans une logique propre au réalisateur. Matsumoto œuvre dans un espace de liberté inconditionnel, et se fait un point d’honneur à livrer un film qui ne ressemble à rien de connu, de ne pas s’inscrire dans une continuité quelconque, si ce n’est la sienne car on est très proche de Big Man Japan : un mec déprimé qui subit un quotidien morose, en même temps qu’il se débat dans un univers fantaisiste et barré, qui pourrait n’être qu’un produit de son imagination. Un film que le réalisateur fait pour lui-même, sans volonté de choquer ou de bousculer et si improbable qu’il désamorce toute velléités de critiques, une espèce d’art brut cinématographique. C’est certes cheap par moment, mais bricolé avec soin et passion et certainement pas n’importe comment. Alors qu’on se demande ce que l’on a vu, on se dit que l’on en reprendrait  bien une tranche de temps à autre. (vu en 2021)

16 août 2021

La Relève (The Rookie) 1990 Clint Eastwood

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Un flic et son nouveau partenaire sont aux trousses d’un gang de voleurs de voitures. En remontant la filmographie du Clint on déterre décidément de drôles de cadavres. On est dans un actionner typique, avec l’obligatoire duo mal assorti et les punchlines toutes les deux minutes. Quelques films sont déjà passés par là pour poser les jalons du genre, notamment Die Hard deux ans plus tôt, et The Rookie s’essouffle à vouloir suivre la tendance mais peine à s’extraire des vieilles recettes et se ramasse lamentablement, tout est daté, l’humour est lourd, Clint y est pitoyable. Coincé entre White Hunter… et Unforgiven, ça fait peine à voir. (vu en 2021)

 

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16 août 2021

Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi) 1976 Ettore Scola

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Dans la maison de la famille Mazzatella, au milieu d’un bidonville romain, le père surveille son magot carabine à la main, les autres ne pensent qu’à mettre la main dessus, les enfants sont parqués dans une cage évoquant un camps de prisonnier toute la journée, les hommes boivent , paressent, tapinent, volent, assassinent et niquent tout ce qui passe, les femmes n’ont pas un programme bien différent. Scola montre des pauvres aussi degueulasses que les riches, met dans leur tête les mêmes rêves consuméristes, il ne fait pas rire à leur dépend mais met droite et gauche et leurs discours méprisants ou hypocrites devant le fait accompli : ce sont eux qui les ont fait et ils sont à leur image. Au détour de situations grosses comme ça, il opère de beaux décrochages où le thème apparaît clairement, comme le père et la prostituée sous un grand panneau publicitaire vu de derrière, ou le beau plan final de cette gamine enceinte puisant de l’eau, le dôme du vatican à l'arrière plan. Grand. Et superbe score d''Armando Trovajoli. (vu en 2021)

16 août 2021

L'Homme aux cent visages (Il Mattatore) 1960 Dino Risi

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Gerardo n’est pas très bon sur scène dans ses numéros d’imitation, mais quand il use de ses talents pour escroquer son prochain c’est le gros succès. On suit ainsi le parcours de cet artiste raté mais escroc accompli, au fil de ses arnaques et de ses partenaires, alors que la belle Annalisa se demande si elle doit le marier. C’est un écrin pour Gassmann qui n’arrête pas de se déguiser pour les besoins de ses combines. Sous l'apparente légèreté, l'oeil excercé de Risi fait merveille. (vu en 2021)

16 août 2021

King Kong 2005 Peter Jackson

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Quelquefois on a juste envie d’un spectacle idiot comme on a envie d’un macdo, on pense donc au King Kong de Jackson, histoire d’avoir le plaisir d’en dire du mal (s’il y a des choses à sauver là-dedans j’avoue qu’elles m’échappent). Le Peter, ivre de la puissance de calcul des ses stations de travail, se vautre dans sa fange de pixels (la cavalcade des diplodocus fait la même impression qu’un porno, il faut tout montrer, tenter des positions improbables), on ne sait plus si on est sur Skull island ou au Mordor. Un des trucs exaspérants chez Jackson c’est ces nombreux plans sur ces visages à la mâchoire entrouverte et aux yeux brillants, (sans oublier les violons, gavant), comme si les personnages s’arrêtaient (et le film avec eux) et disaient que waow regarder ça merde, ça vous laisse-t-il pas bouche bée ? Il le fait dans tous ses films sans retenue, et on touche le problème, le gars n’a aucune retenue, il en faut toujours plus (c’était marrant quand il donnait dans le gore fauché), alors un macdo de temps en temps ça passe bien, mais là c’est comme si on se tapait douze cheese royal, quatorze big tasty, une vingtaine de grandes frites, arrosées au coca et au sprite, un poil indigeste quoi. A part ça, il échoue à créer de bons personnages (Jack Black et Adrian Brody ? Et cette caricature d’équipage ?), oublie d'écrire ses dialogues, prive Kong de sa bestialité (il sent la fin des haricots le Kong, on dirait même qu’il pense, qu’il philosophe, perché dans sa tanière ou sur son immeuble), fait d' Ann Darrow un être humain (elle n’est pas là que pour crier et se faire dénuder, elle est une artiste), mais je concède que par moments leur couple fonctionne, ils sont mignons (Kong, mignon !). Je médis mais tout ça n’est-il pas une grosse comédie (poussive) ? La scène où un matelot arrose Adrian Brody à la mitraillette pour le débarrasser de ses cafards va dans ce sens. (vu en 2021)

16 août 2021

Le Célibataire (Lo Scapolo) 1955 Antonio Pietrangeli

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Paolo (décidément !) est l’homme qui a tout compris, aucune femme ne mettra le grappin sur lui, pourquoi se marier avec une et renoncer aux autres ? Mais voilà, même s’il a séduit Gabriella (une hôtesse de l’air, pas toujours dans ses pâtes), les soirs qu’il passe seul sont trop nombreux (il vivait en coloc avec un pote mais celui-ci s’est marié, le con…) et pas bien gais. Petit à petit, on comprend que le gars est le plus triste du monde, qu’il est peu sûr de lui quand on en vient aux femmes, que sa mère, figure imposante, n’y est pas pour rien. La scène où il promeut les avantages du mariage contre le célibat au fiancé de sa sœur, qui hésite à l’épouser, accomplissant ainsi la volonté de sa mère, est d'abord une confession qu’il se fait à lui-même, malgré lui. Derrière le portrait de ce triste sire, ce sont aussi des portraits de femmes que dresse Pietrangeli, qui fait preuve d’une vraie sensibilité et un regard très sûr, elles sont nombreuses à croiser le chemin de Paolo, toutes touchantes à leur manière. Sordi, dont j’ai mangé pas mal de films ces derniers temps, excelle à vendre ces personnages peu aimables. (vu en 2021)

19 juin 2021

Dommage que tu sois une canaille (Peccato che sia una canaglia) 1954 Alessandro Blasetti

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Paolo est la victime d’un trio de voleurs qui en veulent à son taxi, trio mené par Lina, tout le problème étant que la voleuse tape dans l'œil de la victime, on le comprend, et qu’elle lui rend bien. Rajoutons là dessus le père de Lina, artiste  pickpocket, et on obtient cette comédie de vacances ensoleillée et enlevée, légère et qui serait facilement oubliable sans ses interprètes, la Loren en tête, qui n’a pas qu’un physique mais aussi une gouaille telle qu’elle pourrait te faire croire que Voodoo Lounge est le meilleure album des Stones. Une force de persuasion alliée à celle de De Sica qui donne les scènes les plus amusantes du film, l’autre highlight étant sa sortie de mer. (vu en 2021)

18 juin 2021

Mission possible 2021 Kim Hyeong-joo

mission possible

Une jeune recrue des services secrets chinois se voit confier une mission consistant à suivre la trace d’une cargaison d’armes chinoises volées et expédiées en Corée, en réalité elle est sacrifiée par sa hiérarchie, qui pense qu’elle ne s’en tirera pas et qui ne tient pas spécialement à résoudre l’affaire. Suite à un quiproquo, un jeune détective spécialisé dans les chiens perdus se fait passer pour son contact coréen. Pour le scénario on repassera (quelqu’un qui veut inonder les gangs coréens sous les armes automatiques, pour réveiller le peuple de sa torpeur, bof), il n’est que prétexte aux aventures de ce couple mal assorti (ça marche toujours ça). Mais si le film ne s’élève pas plus haut qu’un divertissement qui n’a pas grand chose à dire, l’humour, plutôt humble, fonctionne bien. (vu en 2021)

1 juin 2021

Une Poupée gonflable dans le désert (Kôya no dacchi waifu) 1967 Atsushi Yamatoya

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Un tueur est engagé par un type dont la femme est aux mains d’une bande de criminels qui donnent dans la prostitution. Notre tueur a lui-même eu affaire à cette bande par le passé, sa propre femme en ayant été la victime, son contrat devient donc un règlement de compte entre lui et le chef de la bande, son ennemi juré. Gangsters et pépées dénudées se côtoient dans un monde interlope sur un score free jazz, dans ce film assez déconstruit où l’on est très vite largués (mais enfin que se passe-t-il ? se plaint ma part rationnelle), entre pinku et cinéma d’avant-garde, qui rappelle bien sûr celui de Seijun Suzuki, notamment Branded to Kill sorti la même année, mais si chez ce dernier la style rattrappe le scénario éclaté, ce n’est pas vraiment le cas ici, on est plus face à un essai, un film qui se cherche, qu’à une réussite.  (vu en 2021)

31 mai 2021

Dans la ville blanche 1983 Alain Tanner

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Paul (Bruno Ganz, grande cote chez les spectatrices) quitte son cargo à Lisbonne, loue une chambre et erre dans la ville, s’efforçant de manquer au monde, documentant son expérience avec une caméra 8mm et quelques notes, qu’il envoie à sa femme restée en allemagne, ou en suisse, bref. Paul essaie donc de se perdre, de s'absenter pour se retrouver, mais cela est-il possible ? Évidemment il finit par rencontrer une femme, à s’y attacher, ce qui ne va sans doute pas dans le sens qu’il s’est fixé. Il se fritte aussi avec un petit voleur local et se prend une lame dans le cœur, ce qui aurait pu être la fin logique de son périple, mais non. Tanner veut-il nous dire qu’il y a toujours une femme au bout du chemin, qu’elle est le salut ou l’ultime obstacle, peut-être les deux ? Peu importe après tout. Beau film poème et invitation au voyage, et qui illustre au passage ce que j’ai toujours pensé : c’est en s’exilant que les artistes suisses arrivent à quelque chose. (vu en 2021)

31 mai 2021

Easy rider 1969 Dennis Hopper

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Deux motards font un deal de drogue puis taillent la route pour assister à un festival. En route, ils font différentes rencontres puis finissent par tomber sur des péquenauds qui mettent un terme à leur échappée à coups de fusils. Le récit est très loose avant que la fin ne vienne donner un sens à tout ça, en effet il ne se passe pas grand chose tout du long, des rencontres de hasard au gré de la traversée des paysages mythique de l’ouest, des hippies et des wasp. N’empêche, Fonda et Hopper sur leur bécane devant monument valley sur ces classiques rock fonctionnent à fond. Le trip au LSD laisse entrevoir un abîme intérieur dans lequel notre moi n’en mène pas large, comme si les promesses hippies nétaient qu’une illusion, qu’en nous il n’y avait qu’un abîme. La scène finale va dans ce sens, un coup de massue sur les promesses de liberté et de libération que laissaient entrevoir cette époque. We blew it, dit Peter Fonda. (vu en 2021)

15 mai 2021

Fargo saison 2

La pègre de Kansas City veut faire une OPA sur l’entreprise mafieuse de la famille Gerhardt suite à l’AVC de leur Don. La police de Luverne fait l’arbitre, et un boucher et sa femme joue les trouble-fête. Évidemment ça se regarde avec plaisir, il y a suffisamment de personnages et de scènes bien vues qui te font penser que quand même, ces gens là savent s’y prendre, tout ça pour dire que malgré tout, et c’est quasiment inévitable vu que c’est une série à la manière de, le maniérisme à tendance à prendre trop le pas sur le récit. (vu en 2021)

15 mai 2021

The Nightingale 2018 Jennifer Kent

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En Tasmanie sous joug britannique, l’irlandaise et ex-détenue Clare est la souffre douleur d’un salopard d'officier et de sa clique, qui la viole, tue son mari et le bébé avec. L’officier quitte alors les lieux pour le nord, moins merdique, pour y réclamer sa mutation. Dans un désir de vengeance, Clare se lance sur ses traces, accompagné par un esclave aborigène comme guide, qu’elle prend d’abord comme un moins que rien, puis découvre qu’ils sont de la même condition face à ces chiens d’anglais, forcément ça crée des liens. Le film déjoue les attentes, démarrant sur les traces du rape and revenge pour dire ensuite que la vengeance c’est bien jolie, mais que ça ne fonctionne qu’au cinéma, que dans la vraie vie il en va autrement, la vraie vie ici étant le contexte historique. Ce film me pose problème, c’est violent, primaire, mais habillé comme un film de festival, format 4/3, couleurs désaturées et deux heures vingt à la place d’une heure et demie, pour poser un constat qui n’a rien de bien nouveau : en gros le monde se divise entre oppresseurs et opprimés. Mais on a de la peine à souscrire à la démonstration, d’une part les hommes y sont forcément immondes, dessinés à gros traits, d’autre part les victimes sont forcément une femme et un esclave noir. Je me pose des questions : est-ce que tout ça n’est pas un peu trop réducteur, trop simple, trop noir et blanc (des méchants irrécupérables, une femme et un esclave black qui se lient d’amitié face au racisme) ? L’éprouvante scène du début est-elle nécessaire ? Le contexte n’est-il pas un alibi (on n’apprend a peu près rien sur cette page d’histoire hormis le fait qu’elle a eu lieu). Le film me dit que je devrais l'aimer parce que c'est viscérale mais que c'est aussi un film d'auteur, c'est très violent mais attention, jamais gratuit. Bref, des revendications trop affichées à mon goût, un manque de nuance et une patte auteuriste qui ne m'ont pas convaincu. (vu en 2021)

15 mai 2021

La Randonnée (Walkabout) 1971 Nicolas Roeg

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Une jeune fille (Jenny Agutter, l’infirmière du Loup-garou de Londres) et son petit frère perdu dans le bush australien rencontrent un aborigène qui fait son walkabout, rite de passage à l’âge adulte. Nicholas Roeg joue le monde civilisé contre la nature, et a la bonne idée de laisser parler les images plutôt que de faire la leçon ou d’asséner des évidences, ainsi Il ne joue pas la carte de la rencontre niaise du monde sauvage mais sage avec la civilisation devenue folle, et se garde de trop caractériser ses personnages, ni bon ni mauvais, juste comme ils sont. Il laisse sans explication la folie du père ou la mort terrible du garçon, nous laissant en imaginer les raisons. Le film n’explique donc rien, s’adresse au sens, et l’on voit que la rencontre entre ces deux là est impossible, excepté pendant quelques instants, peut-être quand ils redeviennent les enfants qu’ils étaient il y a peu (le petit frêre, lui, n’a aucun mal à communiquer avec l’aborigène). Cette rencontre, qu’elle ait eu lieu ou non, fatale pour le black boy, laissera seulement un souvenir sur le visage rêveur et maquillé d’une femme au foyer, superbe plan. Le film a un peu vieilli par moment, mais reste saisissant encore aujourd’hui, les images de Roeg sont vraiment inspirées, convoquant vie et mort, violence et beauté, sans didactisme. (vu en 2021)

15 mai 2021

Memories of Murder 2003 Bong Joon-ho

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Un film immense que l’on regarde encore et encore sans se lasser. La raison du siècle des lumières mise KO par l’absurde. (vu en 2021)

15 mai 2021

Maris en liberté (Mariti in città) 1957 Luigi Comencini

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Des maris, frais et moins frais, seuls à Rome puisque leurs régulières sont à la mer avec les gosses et qu’eux doivent bosser, et un célibataire pas si libre qu’il ne le dit. On devine ce qui va arriver, encore que l’un d’eux recherche plus la compagnie des chiens que des frangines. Gentille comédie, trop gentille même, qui se contente d’enregistrer les efforts peu reluisants des mâles pour s’encanailler, mais qui ne fait pas de constat particulier sur la société italienne de l’époque, contrairement aux classiques du genre. Manque un peu de piquant. Mention à Franca Valeri, le genre de femme toujours moins belle que les autres, la secrétaire que les gars ne remarque pas, mais c'est la meilleure, les idiots. (vu en 2021)

15 mai 2021

Body double 1984 Brian De Palma

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Jake, mauvais acteur de série Z dans le besoin, se voit proposer d’occuper temporairement une superbe maison, d'où l'on peut observer, chaque soir, une jolie voisine qui danse en se déshabillant et en se caressant. Réduit à être le spectateur impuissant du meurtre de celle-ci, il devra décrypter les images qu’on lui a imposé pour redevenir acteur de sa propre vie. J’ai toujours follement adoré Body Double, qui fait le grand écart entre le ciel (mise en scène géniale, score extraordinaire) et le caniveau (le milieu du cinéma d’exploitation d’un Los Angeles vulgaire, des personnages de soap opera (il faut voir les têtes de Craig Wasson et Deborah Shelton, cette dernière était dans Dallas). C’est un thriller et une comédie noire, qui déborde littéralement de tout ce qui fait que l’on aime (ou pas) chez  De Palma, c’est aguicheur, malin, référentiel, drôle, excessif. Mon moment favori est la filature dans le centre commercial, il ne se passe pourtant pas grand chose mais c’est magique, du rêve. De Palma nous met dans la position inconfortable et excitante du voyeur, et nous dit qu’être voyeur c’est être aveugle. C’est ce qu’il nous répète dans quasiment tous ses films, mais Body Double en serait la démonstration ultime. Le film rappelle Phantom of the Paradise sur bien des points, ne serait-ce que la question du contrôle de la mise en scène, mais plus généralement dans son foisonnement d’idées, de citations, de tons, et Jake ressemble diablement à Winslow Leach. (vu en 2021)

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