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La Diablesse aux 1000 Visages

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15 mai 2021

Les Nouveaux monstres (I nuovi mostri) 1977 Mario Monicelli, Dino Risi, Ettore Scola

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On lit sur sur la page wikipedia du film qu’il a été monté pour venir en aide et payer les soins médicaux d’un scénariste, c’est donc pour la bonne cause, et c’est bien la seule qualité du film, tant c’est lourdingue. On entendait les rires dans la salle, au début, que veut-tu, c’est pavlovien, c’est de la comédie italienne, il y a tous ces visages connus... Mais bien vite on n’entendait plus rien, même les mamies à la retraite se taisaient et attendaient la fin. A la sortie, les commentaires disaient que bien sûr c’est pas toujours fin, oh, ben non en effet, mais le film ne se veut pas comme tel, il se voudrait même affreux, sale et méchant, le problème étant qu’il est également poussif. C’est quand même un peu triste, ces trois réalisateurs là, dirigeant ces acteurs là, et livrant un film comme ça ! Mais comme on est de bonne humeur, on sauve le sketch où Sordi joue l’aristocrate, le gars est quand même marrant. (vu en 2021)

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15 mai 2021

Une Vie difficile (Una vita difficile) 1961 Dino Risi

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Vingt ans de la vie de Silvio, prêt à sauter un repas sur deux pour ses idées de gauche, depuis son passage dans la résistance jusqu’aux années soixantes et leur lot de désillusions. Photographié dans un beau noir et blanc, Risi a l’oeil et un talent certain pour croquer de bons personnages en un instant. C’est d’un humour mordant et désespéré, j’entendais plus d’une fois les rires dans la salle et m’apercevais que je ne riais pas moi-même, l’humour le disputant chaque fois au tragique, bref c'est pas la gaudriole, c’est ce qu'on aime dans la comédie transalpine. Excellent. (vu en 2021)

15 mai 2021

Mimi métallo blessé dans son honneur (Mimì metallurgico ferito nell'onore) 1972 Lina Wertmüller

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Mimi refuse de voter pour le candidat de la mafia, il perd son boulot, quitte sa femme et sa sicile pour se rendre à Turin. Il y séduit Fiorella, mais la mafia est partout et il est contraint de revenir chez lui. Sa femme l’ayant trompé avec le douanier, il se venge en couchant avec l’épouse d’icelui, y’a pas de raison. Mais il ne peut en définitive pas échapper à la pieuvre qui en fait son larbin. Dénonciation hilarante de l'emprise de la mafia et du machisme, que Mimi confond vite avec l’honneur, sur fond de lutte des classes. C’est cet honneur qui le met à la botte des mafiosi qu’il voulait fuir et qui lui fait perdre femmes, maîtresse et ami. Excellente comédie, L’italienne Lina Wertmüller a une mise en scène picturale et généreuse qui sait faire fi du réalisme quand il faut, voir cette scène casse gueule quand Mimi se retrouve au lit avec la pachydermique Amalia, il fallait la réussir. Le montage construit un rythme imparable, Giancarlo Giannini, un inconnu pour moi, est excellent. Une des films les plus réjouissants que j’ai pu voir à l’occasion de cette rétrospective “comédie à l’italienne”. (vu en 2021)

15 mai 2021

Le Vaurien: la guerre des territoires (Akumyo: shima arashi) 1974 Yasuzô Masumura

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Dernière film d’une série de seize, tous avec Shintaro Katsu (au Japon, quand on fait une série on ne fait pas semblant), on y suit Asakichi, un vrai dur qui, comprend-t-on, a été mis à la porte de la maison familiale par son père, et qui depuis erre de ville en ville, d’un quartier mal famé à l’autre, toujours d’attaque pour une partie de dés ou pour s’amouracher d’une fille de joie. Asakichi se met en tête de sortir une geisha du bordel, puis promet le mariage à une serveuse, pendant qu’il s’impose dans la pègre locale avant d’y être digéré. Et alors ? C’est assez routinier, trop pour donner envie de voir les quinze premiers. Routinier, Masumura l’est également, bien loin des éclats de sa filmographie passée. (vu en 2021)

15 mai 2021

La Horde sauvage (The Wild bunch) 1969 Sam Peckinpah

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Pike et sa bande tentent un gros coup, qui s’avère être un piège tendu par son ex ami et partenaire Thornton, maintenant obligé de le trahir s’il ne veut pas retourner en prison. Pike s’en sort, mais a besoin d’un nouveau coup pour pouvoir, enfin, se retirer. Il s’agira de mettre la main sur une cargaison de fusils de l’armée américaine, pour le compte d’un immonde général mexicain. C’est un des premiers DVD que j’ai acheté, voilà bien longtemps. On est bien chez Peckinpah, on y trouve nombres de ses thèmes fétiches : l’amitié, le passage d’un ancien monde (d’homme) à un nouveau (de sociétés) et l’impossibilité d’y survivre, une certaine idée de la virilité, les putes et la téquila. Le film s’ouvre et se ferme par un massacre, l’entre deux étant un long répit avant l'inéluctable. Juste avant le massacre final, Pyke n’a qu’à dire à ses hommes « Allons-y », tout le film les prépare à la compréhension de cette sentence sans qu’il n’ait besoin de dire où ni pourquoi. Et ces fameux gunfights donc, filmés comme on ne l’avait jamais vu, violents c'est clair, paroxystique, mais aussi, disons-le, cinématographiquement exaltants. (vu en 2021)

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15 mai 2021

Le Jour de la bête (El día de la bestia) 1995 Álex de la Iglesia

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Un curé découvre que l’Apocalypse est un texte littéral, et que la venue de l’antéchrist est pour Noël, dans deux jours. Son plan : rencontrer le diable pour l’exterminer, enfin je crois parce que pour moi le diable et l’antéchrist c’est pas tout à fait la même chose, et qu’il n’est jamais dit comment il va s’y prendre, ceci dit je ne suis pas expert dans le domaine. Finalement il lui collera deux balles dans la peau, mouais. Cette comédie horrifique a bonne côte, on se demande pourquoi. ni vraiment drôle ni gore, pas spécialement bien mise en scène (mais avec un certain enthousiasme, je reconnais), ni bien écrite. Déçu par le sieur De La Iglesia. (vu en 2021)

15 mai 2021

Parfum de femme (Profumo di donna) 1974 Dino Risi

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Fausto, aveugle par accident, se fait accompagner par le jeune Giovanni pour un voyage de Turin à Naples, en passant par Gêne et Rome. Fausto est amer, il cache sa détresse, celle de ne plus compter (je suis le onze de pique, dit-il, je n’existe pas, joli), derrière une attitude cynique et un goût prononcé pour le corps des femmes. Il fuit tous sentiments, vit en jouisseur, nie sa condition. Mais il nourrit de sombres desseins, en l’occurence un suicide en commun avec son ami napolitain, aveugle lui aussi. Triste voyage d’un homme qui n’a plus de place dans la société, drôle par désespoir (c’est pas Rain Man), impeccablement joué par Gassman. (vu en 2021)

15 mai 2021

Chasseur blanc, coeur noir (White hunter black heart) 1990 Clint Eastwood

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L’histoire, transposée, de John Huston pendant le tournage, ou plutôt juste avant, de The African Queen. C’était une bonne idée d’avoir changé les noms, Clint ne peut pas vraiment incarner Huston n’est-ce pas ? C’est au début assez étrange de le voir dans ce rôle, surtout de le voir adopter cette élocution, le personnage est très loin de ceux qu'il joue habituellement. Mais le film est bon, d’une simplicité revendiquée. Il y joue donc John Wilson, réalisateur et grand viveur, se rendant en Afrique pour tourner un film, en réalité pour céder à son obsession d’abattre un éléphant en le regardant dans les yeux. Il y livre quelques convictions, notamment celle d’oser faire des films que le public n’attend pas, (un sur deux, environ), et se livre à un exercice masochiste, chose qu’il affectionne : le chasseur qu’il croît être se fait remettre en place par sa proie, la leçon coûtera la vie du seul homme qu’il estimait. Il confesse donc avec ce film que son style naît du souci d’être simple, et on vérifie qu’il n’est pas vraiment adepte des rôles de composition. Un bon cru, qui me paraît quelque peu oublié. (vu en 2021)

15 mai 2021

The Terror Saison 1

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J’ai regardé le premier épisode, pas très convaincu, puis j’ai lu le livre de Simmons (m’a pris quelques mois quand même…), qui est prenant, il faut le dire, et j’ai repris la série, par curiosité et par envie de prolonger l’expérience. Le livre est bien évidemment loin devant, les phrases de Simmons sont bien plus évocatrices que les effets numériques moyens pour retranscrire l’enfer blanc qui emprisonne cette centaine d’hommes. Les personnages sont aussi meilleurs, l’imagination de chacun les modelant à convenance. Simmons arrive à faire sentir la rivalité entre Crozier et Franklin sans avoir recours à ces querelles puériles. Il y a aussi certains partis pris dans l’adaptation, comme de faire parler Lady Silence, de donner à un autre personnage les rêves catholiques de Crozier, ou d’orienter d’emblée l’histoire vers le fantastique, qui sont discutables. La vie à bord et l’’horreur des marches forcées de ces hommes malades, affamés, épuisés, par moins soixante degrés, ont indéniablement plus de force dans le livre, on note que l’on y a également une meilleure perception de la structure des navire.. Bref il y aurait encore beaucoup de choses à noter, ceci dit c’est très intéressant à regarder après lecture, et permet de vérifier qu’adapter n’est pas chose aisée. Le plus gros problème de la série est la créature, une mocheté numérique bien loin de l’entité surnaturelle qu’elle est censée être. (vu en 2021)

15 mai 2021

Les Complexés (I complessi) 1965 Dino Risi, Franco Rossi, Luigi Filippo D'Amico

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Quirino (Manfredi) fait une sortie avec ses collègues de boulot (l’horreur), l’occasion pour lui de dévoiler ses sentiments à la belle Gabriella, sauf qu’il est du genre timide et à se faire marcher sur les pieds. Le professeur Gildo Beozi (Tognazzi), très à cheval sur la morale, à fort à faire quand il apprend que son épouse apparaît dénudée dans un film intitulé « Thor et les quatres reines nues » puisqu’il doit faire disparaître chaque copie, chaque photo promotionnelle. Guglielmo Bertone (Sordi, irrésistible) participe à une audition pour être le nouveau présentateur des infos télévisées. C’est de loin le meilleur, mais sa dentition rendrait jaloux un castor. Un excellent film à sketch drôle et mordant qui fait mentir la règle qui veut que ce soit forcément inégal. Ce qui est bien c’est que ces segments d’une demi-heure autorisent l’outrance sans risque de baisse de régime. (vu en 2021)

15 mai 2021

Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique? 1968 Ettore Scola

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Ou : Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa? Fausto di Salvio, riche éditeur d’un peu de tout à l’emploi du temps trop rempli entre ses rendez-vous et ses mondanités, s’offre un break et part en Afrique à la recherche de son beau frère disparu. Intéressant, on n’est pas là que pour se moquer de Fausto, il est bel est bien imperméable à cette Afrique somptueuse, dans son accoutrement de Tintin au Congo, il ne la voit que comme un terrain de jeu, par le prisme de ses publications et de ses idées préconçues, mais il a quand même cette conscience du colonialisme et du racisme ambiant, on ne peut pas en dire autant de tous les colons qu’il croise. Son beau-frère, lui, a définitivement tourné le dos au nord, et incarne le retour à cette terre originelle, magnifiquement filmée soit dit en passant. On ne se tord pas de rire devant ses gags, mais Sordi a suffisamment d’énergie pour nous entraîner avec lui dans ce hors champs de l’occident. (vu en 2021)

14 mai 2021

Primer 2004 Shane Carruth

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Si on a envie de voir un petit film de voyage dans le temps fauché mais astucieux, Primer est à première vue un bon candidat. Abe et Aaron passent leur temps à inventer des machines dont le brevet pourrait les rendre riches (manifestement sans succès jusque là). Jusqu’au jour où leur petite dernière, une boiboite qui réduit la masse des objets que l’on met dedans, a des conséquences inattendues : ces objets ont vieillis plus vite que la normale. Ils saisissent vite le potentiel de leur joujou et se prennent pour H. G. Wells, ils vont s’en mettre plein les poches en boursicotant et en jouant au tiercé. Ils construisent donc une version plus grande de leur machine afin de se mettre eux-mêmes dedans, ce qui a pour effet de les dédoubler, et à partir de là ça devient incompréhensible, au point qu’il faudrait le visionner 42 fois en gribouillant des diagrammes pour essayer de savoir où on en est (evidemment certains l'on fait et l'on posté sur internet, pas bon signe). Mais on n’en a guère envie, d’abord parce qu’il ne faut pas exagérer, ensuite parce qu’il n’y a aucun enjeu. En effet voilà un film qui remplace le pétrole par l’idée, mais une idée (incompréhensible donc) au service de rien, un concept au service de lui-même, compliqué pour paraître profond, et sérieux avec ça. Alors nos deux lascars ont des problèmes de doubles, puis on entend parler d’un ex de la femme de l’un deux qui se serait pointé à une soirée avec un fusil à pompe, il va d’agir de l’en empêcher, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ils auraient perdu leur paquet d’hollywood chewing gum que ça serait tout aussi intéressant. Tout est dit et rien n’est montré, ce ne sont que des dialogues où les gars ont l'air de réciter un un catalogue de pièces détachées à l'usage du CERN, et une mise en scène avec caméra tremblé et cuts intempestifs pour faire comme au cinéma, il n’y a aucune narration, d’ailleurs il n’y a pas grand chose à narrer, et rien à dire, à l’image des vingt premières minutes pendant lesquelles on écoute discuter ces gus au look de trader fatigué dans un jargon qu’ils font semblant de comprendre. Le film qui rend Tenet simpe. (vu en 2021)

14 mai 2021

Nous nous sommes tant aimés ! (C'eravamo tanto amati) Ettore Scola

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Antonio, Gianni et Nicola ont forgé leur amitié pendant la guerre. Porté par l’espoir d’un monde nouveau, ils ont des idéaux qu’ils voient disparaître au fil des ans. Ils sont tous amoureux de la même femme, l’un d’eux se demande qui de l’amour ou de l’amitié en sortira vainqueur. Cette Luciana sera finalement le seul lien qui les unit encore, leur belle amitié n’ayant pas survécu à la réalité qui les attendait au tournant. La dernière partie, quand les trois amis sont réunis pour la première fois depuis vingt-cinq ans, est la plus intéressante, les grandes aspirations ont cédé la place à la bouffonnerie, Gianni, avocat vendu au capitalisme mais plus lucide, veut leur avouer son échec, mais les deux autres ne veulent pas l’entendre, c’est aussi le leur. Parallèlement, Scola suit l’évolution du cinéma italien, de De Sica qui ouvre les les yeux de tout un peuple, passant par Fellini et terminant sur le constat amer d’Antonioni, cette évolution appuyant l’échec des trois amici. Ce faisant, Scola se place dans l’ombre de ce grand cinéma et déclare sa mort, les éclats qui parcourent son film sont empreints de nostalgie et sont comme les derniers feux avant l’agonie. Gassmann est très bon pour faire passer ce sentiment d’amertume, Stefania Sandrelli est belle à corrompre n’importe quelle idéal, le film est ample, un tantinet trop nostalgique à mon goût. (vu en 2021)

14 mai 2021

Mariage à l'italienne (Matrimonio all'italiana) 1964 Vittorio De Sica

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Domenico entretient une relation depuis vingt ans avec Filumena l’ancienne putain, mais n’a jamais voulu l’épouser. Pourtant celle-ci assume toutes les tâches ingrates de l’épouse depuis longtemps. Apprenant que Domenico va se marier avec la caissière de sa pâtisserie, elle imagine un stratagème pour qu’il l’épouse elle, la croyant à l’article de la mort. Je ne sais que dire sinon des banalités, grands acteurs, Sophia Loren impériale, elle passe de la putain à l'épouse à la mamma avec une telle aisance, Mastroianni parfait dans la muflerie (il ne se souvient pas du soir où il l’a mis enceinte : « je portais quel complet ? Quelles chaussures ? »), les deux domestiques hilarants, c’est un chouïa vaudevillesque, ce qui le met peut-être en-deçà des monuments du genre, mais le plaisir est là. (vu en 2021)

14 mai 2021

Apocalypto 2006 Mel Gibson

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Des guerriers mayas attaquent le village de Patte de jaguar (c’est mieux que Paul Édouard comme patronyme), qui a juste le temps de cacher sa femme et son fils dans un trou avant d’être emmené pour servir de chair à sacrifice. Dans d’autres mains, Apocalypto aurait sans doute été beaucoup plus conventionnel, on aurait eu des moments de détente entre deux scènes d’actions, des plans aériens de la cité Maya à la Peter Jackson, tout ça pour dire qu’il ne l’est absolument pas, conventionnel. Comme Fury Road, c’est de l’action non-stop du début à la fin (tiens, c’est aussi un aller et retour), si ce n’est les blagounettes du début, comme quoi on peut être sauvage, vivre dans la forêt et avoir le même sens de l’humour que mes collègues de boulot, un humour qui casse l’image cette new age qu’on peut avoir des peuplades primitives et qui permet de s’identifier à elles, même si on ne mange pas de couilles de tapir tous les dimanches. Mel Gibson livre un film réellement spectaculaire et immersif, toujours à niveau d’homme, on découvre tout en même temps que Patte de jaguar, par ses yeux, l’arrivée dans la ville maya est par exemple sidérante. Je dis toujours que quelqu’un qui sait filmer l’action est un bon metteur en scène, il n’y a qu'à voir le combat du début dans le village, lisible, sans cette impression qu’on monte des plans au petit bonheur parce que l’on ne sait pas vraiment quoi faire d’autre, pour se persuader que Gibson a de la ressource. La fin est elle aussi saisissante, à La Planète des Singes. On trouve toute la panoplie du film d’aventure dans la jungle : sables mouvants, serpents venimeux, fléchettes empoisonnées, pièges aux tournants, cité maya, éclipse de soleil, etc. Gibson ne recule devant rien pour rendre son film paroxystique, (peut-être que la scène de l'accouchement était de trop, je ne dis pas). Le tournage en numérique se voit, c’est un peu gênant au début mais on l’oublie assez vite devant le punch de la chose. Je ne pense pas qu’il y ait eu beaucoup de films d’action aussi bon ces dernières années. (vu en 2021)

14 mai 2021

Le Pigeon (I soliti ignoti) 1958 Mario Monicelli

Pigeon

En prison, Peppe vole un tuyau à Cosimo et s’empresse, une fois sorti, de préparer le casse avec le reste de la bande. Vu au cinéma en 35mm et bonheur total, ce film n’a pas volé sa réputation. L’humour d’abord, drôle mais jamais lourd, dosé, sans cynisme. Les personnages ensuite, quel plaisir de voir, et d’écouter, cette bande extrêmement vivante, extrêmement bien caractérisée et interprétée par un casting formidable, personnellement j’ai un faible pour Michele le sicilien, mais ils sont tous géniaux. Mais si ça marche si bien, c’est parce que la comédie nait d’un contexte qui lui ne prête pas à rire, et l’émotion est bien présente, le film se faisant très touchant, par exemple quand Mario visite ses mamans, quand Tiberio amène son gosse à sa femme qui est en prison, juste avant le casse, mais là encore sans excès, l’humour étant la distance pudique que Mario Monicelli instaure entre nous et sa bande de bras cassés. C’est un bonheur d’équilibre, ajoutons la photo géniale, la musique jazzy, la belle mise en scène faisant la part belle à la profondeur de champs, je répète, bonheur total. (vu en 2021)

14 mai 2021

Maps to the Stars 2014 David Cronenberg

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Une histoire dans le monde des stars et VIP d'Hollywood, où l’on croise une actrice qui accuse son âge et qui aimerait reprendre le rôle de sa mère, avec qui elle a vraisemblablement eu des rapports sexuels, dans un remake d’un de ses films. Et aussi un enfant star et sa soeur frappadingue, leurs parents qui sont aussi frères et sœurs (!), plus quelques autres. Ils sont tous soit odieux soit à côté de la plaque, et on sent vite que ça va aller assez loin et que ça va être gros comme ça. Maps to the Stars vient grossir la longue liste des films où un réalisateur règle ses comptes avec Hollywood, un genre en soi qui donne généralement de bonnes choses. Mais ici j’ai pensé à Society de Brian Yuzna, en effet les protagonistes, dialogues et situations sont aussi outrées, aussi pourries de l’intérieur, regardés ça sous l’angle de la comédie, car c’en est une, ou la réalisation précise et froide tranche avec l’exagération des situations, mais il parait que c’est vraiment comme ça, là-bas. C’est je pense le meilleur Cronenberg depuis eXistenZ, on n’y apprend rien que l’on ne sache déjà, mais la démonstration est assez brillante, directe, jouissive et rigolarde. (vu en 2021)

14 mai 2021

Le Destin se joue la nuit (History is made at night) 1937 Frank Borzage

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Pour empêcher sa femme de demander le divorce, Bruce, le riche propriétaire de paquebot (Colin Clive, parfait en salaud de mari) veut la piéger en simulant un flagrant délit d’adultère . Justement, Paul (Charles Boyer, trop french lover pour être vrai, on est à Paris) passe par là, se fait passer pour un voleur de bijoux, allonge le faux amant, et kidnappe pour de faux Irene, histoire de ne pas amener de l'eau au moulin du mari. Évidemment ils tombent amoureux. Bruce, qui a tout flairé, occit le faux amant et fait porter le chapeau à Paul, puis rentre à New York avec Irene. Paul, qui s’avère être un maître d’hôtel et qui n’a rien compris au film, la suit avec son cuisinier Cesare mais New York c’est grand. Ils reprennent donc un restau, en font LE restau, et attendent qu’Irene y vienne dîner. Quand c’est chose faite, ils prennent le bateau pour Paris afin d’innocenter un inconnu qui est condamné à tort pour le meurtre du faux amant, et se prennent un iceberg en route. Ouf, ils seront sauvés, de plus le mari se suicide (le naufrage du bateau c’est un peu sa faute, c’est le sien et il voulait battre un record malgré les mauvaises conditions météo), en laissant une note dans laquelle il confesse son crime. On n’est jamais touché par ce couple, après tout il s’agit d’une riche bourgeoise qui tombe pour un archétype du french lover, et Charles Boyer et Jean Arthur, pourtant impeccables, n’est pas un duo qui fait rêver, mais le projet de Borzage est sans doute ailleurs : faire de ce film une ode au romantisme à travers l’accumulation de genres, de la comédie au film noir en passant par une catastrophe à la Titanic. Si l’on est pas touché par le couple, on l’est certainement par la virtuosité de l’ensemble, jamais ostentatoire. La mécanique du scénario est irrésistible, sans temps mort, relançant sans cesse l’intérêt, ne dévoilant que ce qu’il faut au moment où il faut. Borzage à un style magnifique, un montage fluide, un grand sens du rythme, des valeurs de plans, et en compose de superbes où l’on reconnaît l’influence du cinéma expressionniste allemand. Ainsi l’histoire d’Irene et Paul n’est là que pour être au service de ce superbe écrin.

14 mai 2021

Nomadland 2020 Chloé Zhao

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Depuis qu’elle a perdu son mari, son job, sa ville (!), Fern a tout laissé derrière elle (pas grand chose donc) et est devenue une nomade, elle a troqué sa maison contre un van et se déplace en suivant les saisons et les opportunités de boulot. Elle n’est pas la seule, elle fait partie d’une communauté qu’elle croise régulièrement, réunie autour d’un papi à barbe de Père Noël, qui dispense conseils et soutien à ces nouveaux nomades (si tu veux savoir comment on résoud le problème des toilettes dans un van...). Fictionnel mais inspiré de faits réels, Chloé Zhao jette un regard attentionné et empathique sur cette communauté, d’un âge moyen avancé, qui pour diverses raisons ont lâché confort matériel, baraque et famille pour une existence plus précaire, faite d'entraide et de débrouille, plus libre, libre d’aller où, quand et comme ils veulent, et d'échapper à cette société qui les mâchent et les recrachent quand ils n’ont plus de goût. Elle ne juge pas, même pas quand elle filme dans les énormes hangars d’amazon, et essaie de capter le sentiment qu'ont ces gens qui sont toujours sur la route, toujours dehors pour l’aube et le crépuscule. J’imagine qu’ils s’inscrivent dans une tradition du vaste ouest américain, perpétuant le mythe fondateur des pionniers. Le fil narratif est tenu, tissé des rencontres, des galères, du du deuil de Fern et des frissons procurés par ces immenses espaces. (vu en 2021)

14 mai 2021

Eva en août (La virgen de agosto) 2019 Jonás Trueba

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Quelques jours du mois d’août de la madrilène Eva, qu’elle décide de passer en touriste dans sa ville. Un carton annonce la déclaration d’intention du film : « Eva s’essaie à une nouvelle façon d’être au monde, trois fois rien », comme ça c’est dit. Le script laisse les choses arriver, capte les entre deux suspendus, les rencontres, les conversations. On devine qu’Eva a un passé, mais on en saura… trois fois rien, quelle importance après tout ? C’est clairement les vacances, l’emploi du temps est estival, en dehors du rythme et des soucis du reste de l’année (des miens en tout cas), en pause, et justement il s’agit de voir ce qui arrive quand on met en pause son train train, sa routine. Eva laisse les choses arriver donc, mais ne met pas en pause son attention, elle observe, accueille, son truc c’est d’y croire, sans savoir quoi, de croire tout simplement. La fin est surprenante, il s’agit sans doute de souligner l’acte de foi d’Eva. On l’a beaucoup dit et c’est évident, on pense au Rayon Vert, en plus relax, Delphine crapahutait beaucoup et sa foi à elle était couverte d’une bonne couche de découragement. C’est beau, clair, lumineux, les actrices, charmantes, jouent très bien, Madrid est joliment filmée, privilégiant l’atmosphère plutôt que la visite guidée. Après c’est trois fois rien. (vu en 2021)

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