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La Diablesse aux 1000 Visages

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14 mai 2021

Major Dundee 1965 Sam Peckinpah

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Le Major yankee Amos Charles Dundee est bien décidé à mettre la main sur Charriba, un apache maintenant réfugié au Mexique avec sa bande, qui a auparavant retourné le texas, laissant derrière lui ruine et désolation, comme on dit. Pour ce faire, le major recrute chez les bleu, les gris, les blacks, les criminels et même le clergé. Ce n’est pas tant contre Charriba que se bat le major, que contre lui-même, c’est un chasseur qui cache un cœur sombre auquel il faut une proie, et bien sûr contre son ancien camarade le capitaine Tyreen avec lequel il entretient un conflit non résolu. L’autre affrontement a lieu dans sa troupe, comment ces hommes vont-ils éviter de s’entretuer malgré le racisme, la rivalité nord-sud, etc. Si l’on feint d’ignorer l’histoire mouvementée de sa production, on a affaire à un beau western avec son lot de scènes fortes (certaines images de Peckinpah ont un formidable pouvoir d’évocation), les plus faibles étant finalement les scènes de batailles. Très intéressants sont les moments d'attente et de répit qu’il laisse à ses hommes. Peckinpah ne voulait pas que le major retrouve Charriba, ce qui était dans la logique dramatique de cette histoire. En l’état, le fait que le chef apache soit retrouvé et tué remet le film sur des rails trop classiques. De même la fin escamote un peu vite le conflit entre le major et Tyreen. Un beau film qui a ses problèmes. (vu en 2021)

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14 mai 2021

Un poisson nommé Wanda (A Fish called Wanda) 1988 Charles Crichton

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Le script oppose américains extravertis et anglais coincés, avec un casting à l’avenant. Surprise, c’est Kevin Cline qui emporte le morceau, très énergique et très drôle, on peut même dire que c’est lui le moteur humoristique du film. C’est donc assez drôle, ce n’est pas non plus du travail d’orfèvre, et ça ne dézingue pas tout azimut comme les monty python. Il parait qu’un type est littéralement mort de rire en le regardant, ça n'en vaut quand même pas la peine. (vu en 2021)

14 mai 2021

Coups de feu dans la Sierra (Ride the high country) 1962 Sam Peckinpah

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Steve Judd embarque son vieil ami Gil Westrum et son jeune protégé Heck Longtree pour un job de convoyage de poudre d’or, des mines jusqu’à la ville. Ces deux derniers ont l’intention de garder la cargaison pour eux plutôt que de se contenter de leur dix dollars, en convaincant Steve de marcher avec eux, ou pas. En chemin, il tombe sur la jeune Elsa qui veut échapper au joug de son dévot de père. Steve est droit et veut pouvoir se regarder en face au moment où la mort viendra le chercher. En face, il y a une bande de dangereux mineurs qui tentent de mettre la main sur Elsa et, contrés par Steve, bien décidés à se venger. Tout l’enjeu se trouve dans l'hésitation morale des deux acolytes de Steve. Très beau Western de Peckinpah, de bons personnages, de biens beaux décors naturels, un solide sens de l’image et déjà sa marque dans ces personnages marqués, à l'orée d’un nouveau monde qui n’est plus le leur, qui doivent choisir entre être fidèles à eux-mêmes, même si cela signifie y laisser sa peau, ou se vendre pour survivre. (vu en 2021)

14 mai 2021

Hanzo the razor - La chair et l'or (Goyôkiba: Oni no Hanzô yawahada koban) 1974 Yasuzô Masumura

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Hanzo démasque un réseau d’officiels haut placés qui "empruntent"  le trésor du shogun pour le prêter avec intérêt et ainsi endetter les samouraïs au chômage. Le script de Masumura semble vouloir se débarrasser des passages obligés de la série, le coup de l'extorsion d’aveux (cette fois sur un joli fantôme) est expédié très tôt et d’ailleurs elle meurt pendant la chose, et introduit une dose d’humour et de dérision dans cette série aux arguments improbables. Il y a une scène amusante où le policier "travaille" une épouse pendant le cours de Koto de celle-ci, donnée par son professeur aveugle. Bon, c’est relativement divertissant et ça détend, mais on sait gré aux à Shintato Katsu de ne pas avoir prolongé la série au delà des trois épisodes. (vu en 2021)

14 mai 2021

La Vénus en fourrure (Le malizie di Venere) 1969 Massimo Dallamano

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Severin (Ken, mais à quarante ans) rencontre Wanda (plus chouette que Barbie, c’est sûr) et découvre en sa compagnie que quand ça fait mal y’a du plaisir. A part ça il ne se passe pas grand chose, si ce n’est que la Wanda dépasse quand même les burnes, pardon, les bornes, le pauvre Severin ne peut même plus regarder quand elle se tape Bruno, c’est pas du jeu. On pourrait chercher une lecture sérieuse de cette adaptation du fameux livre de Sacher-Masoch (je dis fameux sans l’avoir lu einh) mais ce serait quand même exagéré, on se contentera de la plantureuse Laura Antonelli, le reste est sans intérêt, le plus gros problème (après le script) étant le ton soporifique adopté par Dallamano, qui ne donne ni dans la comédie ni dans le tragique, juste dans les vacances. En effet on dirait que tout ce petit monde de nantis est en villégiature tout le long du film, après le troisième morceau d’easy listening j’ai eu envie de me taper un paquet de biscuit pour échapper au néant. (vu en 2021)

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14 mai 2021

Cosmopolis 2012 David Cronenberg

cosmopolis

Eric Packer est un wonderboy de l’internet, un genre de Mark Zuckerberg dont le slip coûte plus cher que ma voiture, qui traverse la ville dans sa limo et observe le monde en train de s’effondrer avec lui, ruiné pour avoir sous-évalué un truc avec le yuan. Il rencontre des gens, ils discutent, mais chacun parle de son truc, il n’y a jamais d'échange. Bon d’accord je n’ai pas compris le quart de ce qu’il se passe. Tout ça m’a l’air très cohérent dans la filmo du canadien, il nous présente notamment depuis longtemps les multinationales comme étant la source par laquelle le mal se répand. Et puis il y a la mise en scène qui est plus que digne d’intérêt. Je devrais être être emballé, mais pourtant je n’arrive pas à rentrer dedans, et je commence à me demander à qui Cronenberg s’adresse avec ses derniers films. Pas à moi en tout cas, spécialement celui-ci, et ce n’est pas parce qu’il est froid, ou qu’il met en scène des idées plutôt que des situations, il fait ça depuis toujours. Mais cette fois je suis largué, je ne sais plus ce que je regarde, je ne comprends plus, j’en suis frustré, je n’arrive pas à suivre. Et je ne sais pas si je suis trop bête ou s’il est trop fin, si je devrais faire l’effort d’apprendre ou s’il devrait redescendre parmi nous. Je ne sais pas. La longue séquence finale n’est pas géniale, pas au niveau de ce qui précède, trop dialoguée, assez mal jouée par Paul Giamatti. On pouvait trouver Cronenberg visionnaire, mais il est rattrapé aujourd’hui par ce qu’il « sentait «  hier, et semble se réfugier dans un travail purement esthétique, mettant en scène les idées des autres, les inscrivant dans la continuité de son oeuvre. (vu en 2021)

20 avril 2021

Pink Cadillac 1989 Buddy Van Horn

pink cadillac

Tommy Nowak arrête les suspects libérés sous caution qui se font la malle, c’est son job. Il doit mettre la main sur Lou Ann, arrêtée avec la mallette de faux billets de son mari, qui fricote avec une bande de dégénérés ultras amateur d’armes automatiques. On avait tort de croire Philo Beddoe à la retraite, la même équipe est réunie ici pour le même genre de film, qui commence pas si mal, on suit d'un oeil bienveillant la cavalcade de Lou Ann qui en fait certes un peu trop mais qui est bien mignonne, Clint en sera tout ému et plus (c’est quand même super bizarre de le voir embrasser). Mais le film est vite plombé par cette bande de nazillons ridicules, vraiment loupés (ce n’est pas parce qu’on adopte un ton cool et décontracté qu’il faut négliger les méchants) et cette scène finale d’affrontement, brouillonne au possible. Ça sent le réchauffé. (vu en 2021)

19 avril 2021

Triple agent 2004 Éric Rohmer

triple agent

Fiodor, russe blanc et ancien général marié à la Grecque et jolie Arsinoé, travaille dans le renseignement à Paris à la veille de la deuxième guerre (pas compris ce qu’il faisait au juste, mais le sait-il lui même?). Il manie le langage en orfèvre, sachant quoi dire et quoi taire aux oreilles qui passent alentour. Il y excelle à tel point qu’il commence à se prendre pour le joueur qui déplace les pièces dans le contexte bouillonnant de la montée des nationalismes, jusqu’à ce que, ivre de sa virtuosité, il cause sa propre perte et celle de sa femme. Chez Rohmer on vit par le langage, ici c’est un homme en déroute qui veut faire sa place dans le monde, comme dans ses autres films son personnage discourt beaucoup, sûr de lui, et se fait prendre à son propre piège. La reconstitution d’époque se fait avec trois fois rien et fonctionne bien, ainsi le contexte est amené par des images d’archives. Il y a quantité de considérations comme par exemple cette opposition entre art figuratifs dépassé et art moderne naissant, et leur rapport aux classes, et sans doute plein d’autres choses qui me passent à  dix mille pieds au dessus. Je suis bien incapable de dire ce qu’il est arrivé à Fiodor, un coup des bolchéviques ? Des nazis ? Ça laisse perplexe. (vu en 2021)

15 avril 2021

Hanzo the razor : l'enfer des supplices (Goyôkiba: Kamisori Hanzô jigoku zeme) 1973 Yasuzô Masumura

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MDB le donne sous le titre de Kung-fu hara kiri... Hanzo démasque l’intendant des finances du shogun, qui mène la vie dure au peuple en dévaluant la monnaie en plus d’être derrière un réseau de prostitution. Second volet plus réussi que le premier, Katsu persiste dans son personnage au franc parlé et à la bistouquette en béton. Les temples dissimulent de drôles de bonzesses, qu’il surprend en pleine cérémonie d’avortement (tout un spectacle) ou en prêtresse organisant des séances SM pour les notables du coin (c’est intéressant le bouddhisme). La première partie voit Hanzo confondre ces bonzesses, avec une séance dite de la toupie enchantée pour l’une d’elle (elle en sera illuminée), la deuxième, moins colorée, le voit aux prises avec une veuve bien conservée, comme le fait remarquer je sais plus qui, un voleur trop sûr de lui et un samouraï ennemi qui se félicite d’avoir été passé au sabre de l’incorruptible policier. (vu en 2021)

15 avril 2021

La Route de Salina 1970 Georges Lautner

route de salina

Jonas, qui fait la route comme il se doit en ces années 70, échoue dans une cantine-station service, où une mère et sa fille le prennent pour leur fils/frère, qu’ils n’ont pas vu depuis quatre ans. On voit assez vite ce qu’il se passe dans ce canevas assez classique, et on sait que l’atmosphère primera sur l’histoire. De fait, Lautner tire bien parti des paysages lunaires de Lanzarote sur lesquelles se détache un impitoyable ciel bleu, le rouge de la pompe à essence, la voiture jaune de Billie, pour produire une ambiance toute de sueurs, celle qui colle à la peau et dont on n’arrive pas à se débarrasser. Jonas est pris au piège dans un hors-du-monde, profitant d’une pension complète comblant ses désirs de petit garçon et lui faisant oublier ses velléités de jeune hippie, à la merci de ses deux hôtesses, jouant leurs jeux sans connaître leurs règles, sentant qu’il lui manque une pièce du puzzle, devenant pièce de ce puzzle lui-même. Robert Walker Jr est bien fluet et n’a aucune chance face à la gracile mais fatale Mimsy Farmer. Il est dommage que l’on ait plaqué cette voix off redondante sur ce film très visuel, sans doute quelqu’un pensait que le spectateur serait trop largué, mais cela aurait participé du climat délétère de ce beau film. (vu en 2020)

8 avril 2021

Hanzo the razor: sword of justice 1972 Kenji Misumi

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Itomi Hanzo (ne pas confondre avec Hattori, il ne manie pas le même outil) est le cousin d’Harry Callahan (même la musique n’est pas loin), sauf qu’il officie dans le Japon des samouraïs et qu’en lieu et place d’un Smith & Wesson il utilise son service trois pièces, qu’il endurci tous les matins en fourrant des sacs de riz, et qu’il utilise pour extorquer des aveux (genre parle, garce, ou j’arrête…). Note que pour les Jules il utilise plutôt le coup de poing dans la gueule. Sa maison est truffée d’objets contondants qui sortent des murs et plafonds à volonté, un peu comme la poussette d'Ogami Itto, et il n’est pas manchot au sabre non plus. Silly, isn’t it ? Hanzo manque d’un handicap pour être un personnage aussi intéressant que Ogami Itto ou Zatoichi, l’un se coltine un marmot, l’autre est aveugle, mais Hanzo c’est juste qu’il en a une en béton (il se la brosse avec Tonyglandil ?). A part ça, dans ce premier volet, Hanzo enquête (si on veut) sur un voleur qui a des liens compromettants avec la cour, par maîtresses interposées, enfin je crois car ça n’est pas vraiment clair et visiblement on n’est pas là pour l’histoire. Héros sciemment grotesque et intrigue lénifiante, ça ne donne guère envie de voir les deux autres épisodes, mais il paraît que le deuxième par Masumura est meilleur que celui-ci (on imagine Misumi se demandant ce qu'il fout là), on verra. (vu en 2021)

8 avril 2021

Les 3 mousquetaires : 2ème époque - La vengeance de Milady

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La belle et vénéneuse Milady de Winter apporte-t-elle un peu de piquant à ce deuxième volet malgré une mise en scène brouillonne ? On a cru un instant qu’en voilà une qui refuse d’être à la botte de ces moustachus, que son statut d’ex fille de joie l’aura sorti de sa condition de femelle soumise, hélas l’empowerment n’est pas à l’ordre du jour, son ex amant Athos lui administrera une estocade fatale, elle qui a osé taquiner son pote d’Artagnan, qui se l'est tapée au passage, et remet l’église au milieu, où va-t-on si on commence à les laisser faire einh ? La fin voit les mousquetaires partir à la Rochelle mettre une branlée aux anglais, l’air fier et droit. Bof. (vu en 2021)

8 avril 2021

Les 3 mousquetaires : 1ère époque - Les ferrets de la reine 1961 Bernard Borderie

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Ces affrontements à l’épée ont une sonorité qui font remonter mon émerveillement de petit garçon, quand je regardais ça chez les grands-parents (celui-là ou une autre version), de même ces uniformes de mousquetaires, je me voyais bien dedans, et je me demandais pourquoi il fallait attendre la fin pour que d’Artagnan ait enfin le sien. Souvenirs vite dissipés, après un peu trop de un pour tous tous pour un, d’accolades entre mâles aux sourires kolgate, de combats répétitifs. C’est vrai qu’ils sont trop sûrs de leur bon droit à trucider le sourire au lèvres quiconque ne porte pas le même habit. La mise en scène illustrative de Borderie est limite (après l’Auberge du Printemps ça fait mal), les batailles et les frangines gagnées d’avance, tout ça manque de finesse, d’élégance. Allons, ce n’est qu’un divertissement familial entends-je un peu partout, ben même, c’est pas terrible. (vu en 2021)

8 avril 2021

Les Clefs de bagnole 2003 Laurent Baffie

clefs de bagnole

On n’est pas dans la crème de la crème de la comédie (j’imagine que c’était pas l’intention), ce n’est pas non plus une suite de sketch (on aurait pu craindre). C’est un film qui ne parle de rien, sauf peut-être du fait de faire un film, et que ça coûte quand même 23 millions (de francs). Ce n’est pas non plus le gros n’importe quoi qu’il a l’air d’être par moment, a vrai dire Baffie aime déconner mais a aussi l’air gentil (ce qui peut le desservir), il est finalement sauvé par son amour sincère du cinéma. (vu en 2021)

8 avril 2021

L'Auberge du printemps 1973

auberge du printemps

Lee Khan est un haut dignitaire Mandchou. Ses opposants Han apprennent qu’il doit descendre dans une auberge pour y traiter l’acquisition d’une carte militaire qui donnerait l’avantage à l’empire. Tout se déroule dans l’auberge plus quelques à l’extérieur. Le film est découpé en deux actes, un premier aux nombreux personnages où King Hu retarde la révélation de l’identité de certains, c’est un ballet d'espions qui avancent masqués. Un deuxième qui débute avec l’arrivée de Lee Khan et de sa clique (dont Hsu Feng en princesse mongole) et où le véritable affrontement peut commencer. Il y a certes moins d’ampleur que dans Touch Of Zen, pour ne citer que le plus connu, mais le film n’est pas moins remarquable. King Hu y exprime son amour des arts et de la culture classique (les références à la poésie, la musique, la calligraphie, la peinture y sont nombreuses) mais n’a pas un regard passéiste et pratique un cinéma très moderne. Sa mise en scène, faite de souples mouvements d’appareil, et son montage vif, renvoie au pinceau du calligraphe qui allie maîtrise et spontanéité. Il s’agit d’un film d’arts martiaux, les combats n’ont pas la violence et l’intensité de ceux de Cheng Che, ni la virtuosité démonstrative des kung fu comedy, ils recherche la grâce dans le mouvement, l’apesanteur, et annonce Tsui Hark. Les acteurs y sont bon, mention spéciale à Feng Tien (Lee Khan), Hsu Feng, mutique et terrible, et Angela Mao en serveuse et voleuse dont les coups de pied sont un enchantement, il faut absolument que je vois ses autres films. Splendide. (vu en 2021)

8 avril 2021

La Fleur du mal 2003 Claude Chabrol

fleur du mal

Un corps ensanglanté gît dans une chambre, l’assassin supposé est prostré dans une pièce avoisinante. Flashback, François rentre des États-Unis, retrouve son père (le corps dans la chambre) qu’il n’aime pas, sa belle-mère qui brigue le poste de maire, sa demi-sœur et cousine (le père et la mère étaient beau-frère et belle-soeur avant de se marier) qu’il aime depuis tout p’tit, et la tante Line, soeur du frère du père, indirectement tué par le grand-père, lui même mort dans des circonstances qui ont amené la tante (sa fille donc) à être soupçonnée de meurtre. Pfff, faut suivre. Des tracts orduriers circulent, remuant le passé pas glorieux de la famille. Le père laisse la mère dans ses affaires politiques dont il se fout royalement et se tape tout ce qui passe, la mère fait la course en tête pour la mairie non sans mépris pour ses électeurs (la séquence dans le HLM, très drôle), François et sa cousine couchent, ça couvait depuis longtemps, la tante est trop blanche pour être honnête… Encore une fois Chabrol désamorce le mystère et excelle à dresser le portrait d’une famille bourgeoise, ici minée par de sombres secrets qui semblent vouloir se perpétuer de générations en générations (jolie scène quand la tantine et la cousine se marrent parce que le corps du père déjà froid glisse dans l'escalier) . Un bon cru. (vu en 2021)

8 avril 2021

Manhunt (Kimi yo fundo no kawa wo watare) 1976 Jun'ya Satô

manhunt

Le procureur Morioka est accusé de cambriolage par sa victime, qui l’a reconnu dans la rue. C’est l’histoire du gars innocent accusé à tort qui est en cavale pour prouver son innocence, ici il est piégé par les grands pontes d’une clinique psychiatrique qui ont mis au point une pilule qui annihile la volonté, Morioka n’avait pas acheté la thèse du suicide d’un gars à qui on a fait prendre la pilule, aprend-t-on à la fin. Il est donc en cavale et rencontre la belle Kyoko, qui ne lui sert pas à grand-chose mais enfin elle se déshabille une ou deux fois et elle est bien mignonne. Ce film a été un carton quand il est sorti en Chine à l’époque (élagué des scènes où la Kyoko se désape, évidemment), Ken Takakura et Mitsuko Baisho y incarnaient un couple super romantique aux yeux des Chinois. A part ça, c’est d’un ennui mortel, arriver au bout un soir de fatigue sans fermer les yeux relève du sport de compétition. Takakura a l’air sympa mais son jeu intériorisé laisse vite somnolent. L’histoire est bancale, et manifestement Jun’ya Sato ignore tout de l’ellipse, il se sent obligé de tout montrer, d’où les deux heures vingt, et truffe son film de scènes de dialogues qui servent à résumer régulièrement la situation, au cas ou quelqu’un se serait endormi (y’avait un risque, c’est clair). Il y a également deux scènes qui posent problème : le sauvetage de Kyoko des griffes d’un ours tellement loupé qu’on s’attend à ce que le comédien enlève son costume à tout instant, comme si Morioka avait interrompu le tournage d’un film, et une scène de crash d’avion ou l’on dirait une maquette filmé dans une baignoire. Sinon, chouette musique. (vu en 2021)

8 avril 2021

L'Enfer 1994 Claude Chabrol

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Paul vient d’agrandir son hôtel-restaurant et de se marier avec la belle Nelly. Elle est d’une si voluptueuse beauté Nelly, que tous les hommes la regardent, c’est comme ça. Paul ne le vit pas très bien et développe une jalousie maladive. Pas mal du tout ce film de Chabrol, j’aime bien quand il dit que Paul a un restaurant trop grand et une femme trop belle pour lui, c’est tout a fait ça, un homme qui n’a pas les moyens de ses désirs, bienheureux celui qui se contente de peu. Le film suit sa logique il est dommage que Chabrol ne maintienne pas plus que ça l’ambiguïté sur l’infidélité de Nelly, puisqu’après l’avoir levée on assiste à la descente dans la folie du Paul (François Cluzet, j’en suis pas fou), sans grande surprise, et on a parfois le sentiment qu’il en rajoute juste pour maintenir l’intérêt même si tout est dit. On sait que l'étude de caractère l’intéresse plus que le suspense, mais de ce point de vue ce n’est pas le plus réussi du cinéaste. (vu en 2021)

8 avril 2021

Chungking express (Chung Hing sam lam) 1994 Kar-Wai Wong

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Histoires en miroir, où l’on trouve deux policiers sentimentaux en pleine dépression amoureuses et deux femmes à aimer. C’est le film romantique des années 90, qui ne court jamais le risque de la mièvrerie car, et c’est une idée très chinoise, les sentiments n’y sont jamais directement dévoilés (pas de bisoux, pas de violons), le discours amoureux n’y est jamais discuté (comme chez un Rohmer), ils sont signifiés par des détails triviaux (ainsi les dates de péremption des fameuses boîtes de conserve). Les hommes y sont sensibles et terriens, les femmes quant à elles y sont aériennes, rêvées (Brigitte Lin, en perruque blonde et lunettes noires, qu’on reconnaît mais qu’on ne voit jamais, pure rêve de cinéphile), font preuve de retenue, il s’agit de faire comprendre sans céder. Ça fonctionne et on est pris par le charme total du film, voir surpris d’y trouver une vraie émotion sous les néons. Wong y fait preuve d’une fraîcheur qu’il transformera en sophistication dans ses oeuvres ultérieures (on y est perdant), il trouve dans chaque faits et gestes du quotidien de ces hommes largués une expression de leur désespoir amoureux, ce qui donnent des idées tout à fait charmantes. Wong et Doyle triturent leur média, témoignent de leur amour absolue de l’image, et inscrivent Hong Kong comme la ville la plus cinégénique du monde, où tout est mouvement et transformation, idée tout aussi chinoise. Irrésistible, à l’image de sa BO. (vu en 2021)

8 avril 2021

Le Démon dans l'île 1983 Francis Leroi

demon dans l'île

À peine le -séduisant- docteur Gabrielle Martin (Annie Duperey, qui certifie qu’elle n’a jamais joué dans ce film) a-t-elle prise ses fonctions sur une île de Normandie que divers accidents pour le moins inhabituels attirent son attention : une machine à café ébouillante la gueule d’une ménagère, un bic jetable tranche la gorge du maire, un lapin percussionniste crève l’oeil d'une gamine, etc. Tout cela aurait-il quelque chose à voir avec l’autre docteur de l’île, celui que tout le monde évite comme le covid mais qui apparaît partout où il y a un accident (Brialy avec une barbichette méphistophélique, il a même un minitel), on se le demande. Après moults péripéties très vraisemblables je te dis pas, le docteur Martin et nous avec apprenons qu’un gosse mort né ou presque, sert de cobaye au docteur fou (percer les mystères du cerveau c’est quand même plus intéressant que de soigner des lumbagos dit-il, ben oui). Personne ne l’a jamais aperçu, le petit monstre, qui a pourtant le crâne plus gros qu'une courge de championnat et qui jette des sorts sur les marchandises de la supérette de l’île, comme quoi c’est pas la taille qui compte (mais pourquoi fait-il ça me demanderas-tu ? Je t’en pose des questions moi ?). Il finira écrabouillé sous un diable (faut avoir vécu à la campagne pour comprendre), le docteur diabolique, quand à lui, s’enfoncera dans la terre meuble comme un explorateur dans des sables mouvants, tout près de la tombe du gamin (comment ça mais qu’est-ce que ça veut dire ?  Oh arrête einh), sous les yeux ébahis du maire et de la doctoresse (oh t’as vu dis ?), dont l’histoire ne dit pas s’ils se connaîtront plus intimement, m’est avis que non, lui aimerait bien mais elle, elle doit en avoir sa claque de cette île trop bizarre et elle rentrerait bien sur le continent sans délai. Pas vraiment le rendez vous qui réconcilie le cinéma français et le genre horrifique, et moi de me rendre compte que j'ai toujours confondu serge Leroy avec Francis Leroi, mea culpa. (vu en 2021)

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