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La Diablesse aux 1000 Visages

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8 avril 2021

A Dangerous method 2011 David Cronenberg

dangerous method

L’évocation de la relation qu’ont eu Jung, Freud et Sabina Spielrein. On est sur les rives du lac de Zurich et dans les salons viennois, dont la froide beauté de la photo reflète la riche vie intellectuelle. C’est un film très plaisant qui évite le piège de la reconstitution d’époque, et l’histoire contée est ma foi des plus intéressante, sans doute l’est-elle suffisamment aux yeux de Cronenberg puisqu’il n’a pas besoin de nous plonger dans l’esprit de ses protagonistes, il reste ici à l’extérieur. On reconnaît le très bon conteur qu’il est devenu au fil de sa carrière, on s’étonne aussi de la facture classique du film. (vu en 2021)

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8 avril 2021

Marius 1931 Alexander Korda

marisu

Fanny et Marius s’aiment sans se l’avouer, les nigauds, elle va faire semblant de considérer la proposition du vieux Panisse (qui voudrait bien en faire sa régulière) pour provoquer Marius. Vieux souvenir d’enfance que je regardais chez mes chers pépé et mamie, qui mettait toutes les générations d’accord, voilà du cinéma bien de chez nous, et quand même autre chose que ces conneries des américains (je me contentais de taire mon point de vue sur ce point). Plus de quarante ans après, ça donne quoi ? Eh bien c’est pas la joie, c’est beaucoup trop long (deux heures pour un prologue), et c’est une caméra fainéante qui enregistre des scènes très moyennes, il n’y a guère que Raimu qui amène quelque chose, sa façon de tricher aux cartes, de servir l’apéro, de cacher à son fils qu’il n’est pas dupe de ses petits secrets, tout en lui faisant comprendre qu’il sait, tout en n'en sachant que la moitié. Moins long et moins pittoresque, il y aurait peut-être eu quelque chose, mais Pagnol compte trop sur les particularités des ses méridionaux, pensant qu’elles valent un film à elles seules, enlève l’accent et il ne se passe plus grand chose devant la caméra. Je sens que ça va être dur de se taper les deux suites. (vu en 2021)

8 avril 2021

Lover of the last empress (Chi hei bei mat sang woo) 1995 Andrew Lau

lovers of the last empress

L’ascension de Yu-lan au titre d’impératrice douairière, plus précisément ses manœuvres dans la chambre à coucher. Historiquement, érotiquement, cinématographiquement nul, je ne sais plus pourquoi j’avais ce film dans ma pile, ça doit être à cause de Chingmy Yau. (vu en 2021)

8 avril 2021

A History of violence 2005 David Cronenberg

history of violence

Tom Stall, père et mari idéal d’une idyllique famille américaine, est rattrapé par son passé de tueur, lorsqu’il passe à la télévision suite au comportement héroïque dont il a fait preuve lors du braquage de son restaurant. Drôle de film dont je ne sais s'il me plait ou non, avec d’un côté une réalisation à l’os, comme on dit, et de l’autre un propos réduit à sa plus simple expression : la civilisation contaminée par la violence. Il est un peu trop facile de n’y voir qu’une illustration sur les États-Unis ou sur la nature de l’homme, ne serait-ce que parce que c’est un sujet déjà passablement rebattu. Ce n’est pas vraiment un thriller non plus, le traitement de cette famille étant bien trop stéréotypé (quoique, ils ont pas de chien) et le secret éventé à mi-parcours. Pas une leçon non plus, Cronenberg ne nous met pas le nez dedans. Que reste-t-il du coup ? Une œuvre quasi conceptuelle, un détournement, une réduction de cinéma hollywoodien, ce n’est pas tant cette famille qui est contaminée par la violence que le film lui-même, film qui du coup devient son propre sujet. (vu en 2021)

8 avril 2021

Le temple du lotus rouge (Huo shao hong lian si) 1994 Ringo Lam

temple du lotus rouge

Après la destruction du temple de Shaolin pendant la dynastie Qing, le moine combattant Fong Sai Yuk tente d’échapper à ses agresseurs. Il est malgré tout capturé et emmené de force au temple du lotus rouge, un enfer de violence et de luxure, projection de l’esprit malade de son dirigeant. Mélange de comédie (un peu) et d’extrême noirceur (beaucoup), de combats défiant l’apesanteur, chorégraphiés et montés de mains de maître, tenu énergiquement et sans temps mort par Ringo Lam qui sait tirer partie de son histoire somme toute assez simple et de son lieu unique pour aboutir à une atmosphère infernale. C’est Tsui Hark qui produit, un an avant The Blade, dont Burning Paradise annonce le nihilisme. (vu en 2021)

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8 avril 2021

Histoire de détective (Detective story) 1951 William Wyler

detective story

L’inspecteur McLeod est d’une rigueur morale telle qu’il t’enverrait en taule un môme qui a fauché un un carambar. Une affaire sur laquelle il s’acharne, concernant un escroc pratiquant l’avortement, le rattrape et le force à se poser quelques questions sur lui-même. Unité de lieu et de temps (une nuit dans un commissariat de quartier), et quelques petites affaires en plus de celle de l’avorteur, Wyler adapte une pièce de théâtre et ça se voit. C’est une histoire chez les flics, mais l’affaire se passe sur le terrain psychanalytique, et les deux pieds dans une morale très judéo-chrétienne, car il s’agit pour McLeod de résoudre un dilemne : comment continuer à être un flic plus blanc que blanc qui ne laisse rien passer et être le mari d’une femme qui a frayé avec ce salaud d’avorteur et qui a donc eu une aventure avec un rigolo (une putain, selon lui) mais sans laquelle il ne saurait continuer à vivre. C’est techniquement très bon, Wyler varie beaucoup les angles de prises de vue, sort quelquefois de la scène pour aller à l’extérieur ou dans le bureau du lieutenant, mais ne retourne jamais sa caméra sur le quatrième mur, c'est-à-dire sur nous. C’est bien joué, on comprend en une seconde à quel genre de personnages on a à faire, et l’intérêt est maintenu tout du long. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à La Corde, ou à Dial M for Murder, qui ne donnent jamais l’impression qu’on est au théâtre, alors que Detective Story ne nous fait jamais oublier son origine. De même, surtout sur la fin, le jeu d’acteurs devient un brin emphatique, ce qui passe sans doute bien sur scène mais se révèle ici un peu lourd. Mais il y a suffisamment de bonnes choses pour relativiser ces quelques réserves. (vu en 2021)

8 avril 2021

Le Nouveau soldat yakuza: la ligne de feu (Shin heitai yakuza: kasen) 1972 Yasuzô Masumura

new yakuza soldier

Omiya et Arita sont toujours à crapahuter en Chine, au sein de l’infanterie japonaise. Omiya se prend le bec avec un officier (Jo Shishido) et en pince pour une résistante chinoise. Je ne peux pas dire que c’est très intéressant, ce volet, le neuvième et dernier de la série, m’a l’air d’être un peu vite fait. Ça m’a l’air, parce que le DVD que j’avais entre les mains était d’une qualité telle qu’il ferait passer Orange mécanique pour un épisode de Joséphine ange gardien. Quand même, c'est très répétitif, et je n’ai pas vu les sept autres volets entre le premier et celui-ci. (vu en 2021)

5 avril 2021

Contes cruels de la jeunesse (Seishun zankoku monogatari) 1960 Nagisa Ôshima

contes cruels

Kiyoshi sauve Makoto alors qu’elle tente d'échapper à un salaryman un peu trop entreprenant. Ils entament une relation sentimentale, même si elle est, au début, réticente, mais Kiyoshi a les arguments pour la convaincre (je te jette à l’eau, et quand tu t’es presque noyée je te met une bonne paire de claque, alors c’est bon maintenant ?). La grande sœur de Makoto donne la clef de lecture du film : elle a été élevée à la dure, elle avait des idéaux qui se sont tous révélés être des chimères. Aujourd’hui elle n’a plus rien, et envie sa sœur, qui paraît jouir d’une relative liberté, même si elle sait bien qu’après tout elles en sont au même point, il n’y a plus rien en quoi croire, il n’y a que le consumérisme, partout. Le titre invite à considérer le film comme une version moderne et une rupture d'œuvres plus traditionnelles du cinéma japonais. Les sentiments qu’éprouvent l’un pour l’autre Makoto et Kiyoshi sont réels mais fait d’un fil bien mince qu’on sent destiné à se rompre rapidement, comme s’ils n’ont jamais eu aucune chance de leur côté. Oshima fait preuve d’un sens esthétique aiguisé voir tranchant, usant volontiers de décadrages et d’un symbolisme des couleurs qui, ma foi, m'échappe le plus souvent. Beau film cruel. (vu en 2021)

4 avril 2021

Les Amants 1958 Louis Malle

amants

Jeanne Tournier, bourgeoise de province, s’ennuie avec son Gaston de mari. Elle a bien un amant sur Paris, le latin lover José, mais elle s’emmerde avec lui aussi, c’est bête. Elle finit par connaître l’amour, le vrai, le temps d’une nuit, dans les bras du beau Bernard, un gars du peuple qui passait par là. Le matin venu, elle part avec lui, plantant là son hispanique, son mari, sa gosse, son manoir, et advienne que pourra. On sent bien qu’il ne faut pas compter sur Louis Malle pour la nouvelle vague, les modes et les courants il s’en fout, seul lui importe le sentiment amoureux, peut-être le discours contre la bourgeoisie, le reste n’a guère d’intérêt. D’abord classique, joliment éclairé par Decaë, le film est gentiment ennuyeux, comme les jours de Jeanne, mais on sent que ça ne va pas durer, que tout ça va s’écrouler comme un château de cartes. Las, l’amour arrive effectivement, mais Malle en fait un moment tellement niais, il nous sert ce lyrisme pour midinette, avec ces dialogues si ridicules qu’on a envie de se pincer, c’est pas vrai, on se demande comment c’est possible, en 1959 quand même. Cette séquence quasi onirique, montrant les futurs amants comme ennivrés par leur ballade de minuit, aurait dû être d’une poésie plus sauvage, plus crûe, plus primitive, un retour à la nature, à l’origine, mais nous n’avons droit qu’à du romantisme pour femme au foyer (c’est pas juste pour elles, j’en conviens), que le goût amer du doute final ne vient pas sauver. Je ne sais pas pourquoi je croyais que c’était un bon film… (vu en 2021)

4 avril 2021

Le Prix du danger 1983 Yves Boisset

prix du danger

Frédéric Mallaire anime Le Prix du Danger, une émission à succès où un candidat est volontaire pour tenter d’échapper à cinq autres, volontaires, eux, pour lui faire la peau. On ne retiendra pas les qualités de metteur en scène de Boisset (ni celles d’acteur de Lanvin), comme ça c’est dit, mais revoir ce film aujourd’hui, malgré ses défauts, procure un certain contentement, sans doute dû, en partie, à la nostalgie inspirée par ce cinéma qui ne se fait plus. Il y allait, Boisset, sans talent mais sans complexe, bien servi par Piccoli (maintenant on sait d’où vient le Caesar d’Hunger Games) et une poignée d’acteurs de l’époque qu’on retrouve avec plaisir. Le film dénonce donc la société du spectacle, et s’il se veut lui-même spectacle, même pas très bon, a pour lui la légitimité de son discours. (vu en 2021)

4 avril 2021

Spider 2002 David Cronenberg

spider

Spider, tout juste sorti de l’asile et en voie de réinsertion, tente de rassembler les pièces du puzzle qui ont fait de lui un esprit brisé. Si Spider en est là où il est, c’est que le garçon qu’il était alors n’a pas pu accepter que sa mère couche avec son père. Bon, mais ce n’est pas le but qui fait l’intérêt du voyage, mais le voyage lui-même. Je n’ai jamais pu rentrer dans ce film, que je trouve aussi inerte et stérile que la sinistre ville d’Angleterre où il se déroule. Ralph Fiennes n’est pas mauvais mais on a cette impression de rôle à oscar. Très chargé en symboles (le nom du gars, la toile d’araignée, le puzzle, le miroir brisé, ça fait un peu beaucoup), complètement dénué d’humour (contrairement à ses autres films), c’est pourtant bien un film du canadien, il y a toujours cette rigueur et beaucoup d’idées, mais absolument aucune séduction. Si ses autres films ont tous quelque chose de sensuel et de cérébral, celui-ci n’est que cérébral, d’une cérébralité qui se regarde un peu elle-même, oserais-je. C’est un voyage dans l’esprit dont je vois trop le dispositif. Désormais je me méfie des films qui prennent la psychanalyse comme sujet. (vu en 2021)

27 mars 2021

Fais-moi plaisir! 2009 Emmanuel Mouret

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Ariane pousse Jean-Jacques dans les bras d’Elisabeth (quitte à être trompé, autant qu’elle le décide elle), celui-ci va donc la retrouver, il passe une soirée généreuse en tentations mais ne consomme pas (il se fait son Eyes Wide Shut mâtiné de The Party, en plus light quand même), mais Ariane si, sans qu’elle l’ait vraiment cherché, elle. Pour Emmanuel Mouret, c’est déjà le jeu du sentiment amoureux qui échappe à toute tentative de discours. Tout n’est pas nickel, on est gêné par le jeu de Judith Godrèche et Frédérique Bel, mais il y a quelque chose dans cet humour courtois qui n’est pas déplaisant. (vu en 2021)

27 mars 2021

Female delinquent - A docu-drama (Jitsuroku furyô shôjo: Kan) 1977 Toshiya Fujita

Female delinquent - A Docu-drama

A seize ans, Mako tombe enceinte et devient maman. Elle vivote avec le père du gamin, un bon à rien, ils s’échangent des claques avant de régler ça sur le futon. Ses parents lui enlève son gamin, son mec la trompe, elle corrige violament la garce qui a osé. Son mec parti avec les économies, elle se console avec son ancien prof, turbine dans un bar à hôtesses, se shoote. Avec un pote, elle essaie de faire chanter un fonctionnaire, sans succès. Histoire d'avoir le dernier mot, elle et son pote s'introduisent chez l'épouse du gars et lui font passer un sale quart d'heure. Le dernier mot, Mako y tient, elle est têtue et aime faire les choses à sa manière. Fujita filme les faits sans faire de commentaires, entre chronique violente et film d’exploitation. Comme on est dans un film pink, le scénario a un intérêt limité mais le gars a du style, son film une vrai énergie, et il peint un portrait de jeune femme plutôt réussi . (vu en 2021)

27 mars 2021

L'Opérateur (The Cameraman) 1928 Edward Sedgwick, Buster Keaton

cameraman

Buster passe de photographe de foire à reporter cameraman pour conquérir le cœur de la belle Sally. Je voulais mettre en parallèle Buster Keaton et Jackie Chan mais ça a déjà été fait, mmmh. Buster va là où ça se passe, filme au plus près, n'hésitant pas à « truquer » la scène pour la rendre plus photogénique. Il tire partie de n’importe quel espace, une cabine trop étroite ou les rues de New York sont ses terrains de jeu. Il se plie à son environnement, l’environnement se plie à ses gags, son truc c’est le dynamisme, il faut que ça bouge, s’il y a une vitre il lui faut la casser, si un camion passe devant lui il lui faut monter dessus, s’il dévale un escalier il déconstruit l’immeuble pour un travelling vertical étonnant. Il sait bouger, se ramasser, il a compris que seul un personnage tragique peut être réellement comique, et s’il se démène ainsi ce n’est pas pour la gloire, mais pour plaire à une femme, quoi d’autre ? The Cameraman est une profession de foi, il s’y montre derrière et devant la caméra, et même quand il n’a ni caméra ni public il continue de jouer, parce qu’il n’y a que ça, et les femmes. On en est tout ébouriffé. (vu en 2021)

27 mars 2021

eXistenZ 1999 David Cronenberg

existenz

La conceptrice de jeu vidéo Allegra Geller est la cible d’un groupuscule prônant le « réalisme «, elle s’enfuit avec l’aide d'un employé de la firme, et tous deux s’échappent dans le dernier jeu d’Allegra : « eXistenZ ». Amusant, Cronenberg s’empare de l’univers du jeu (et de la réalité virtuelle, un de ses thèmes récurrent) et les présente comme une nouvelle religion. L’écriture et la progression narrative sont ainsi celles de cet univers, avec ses caractéristiques propres, ce qui donnent quelques scènes cocasses. C’est plein d’objets assez marrants, comme ce pistolet en os de lézard génétiquement modifié, ces consoles organiques et ces bioports a l’aspect anal qui ne demande qu’à être pénétrés. Bien que très cohérent dans l'œuvre du canadien, il n’a pas ce ton grave et dramatique et est plus récréatif que ses autres films, ce qui est raccord avec son thème. (vu en 2021)

27 mars 2021

Mon deuxième frère (Nianchan) 1959 Shôhei Imamura

mon deuxième frêre

Dans les années cinquante le Japon a connu une crise économique, entre deux phases de croissance. Le film raconte les aléas des quatre enfants de la famille Yasumoto dont le père vient de mourir, dans une petite ville qui vit de l’extraction du charbon. C’est un film de commande qu’Imamura a entièrement réécrit, qui présente un côté mélodramatique inhabituel pour le réalisateur. Il n’empêche, c’est un excellent film, on reconnaît Imamura dans ses superbes cadres larges (et dans ses plans « vu du plafond »), dans son récit très rythmé, et dans cette capacité à mêler aux personnages principaux une ribambelle d'autres pékins et ainsi dresser le portrait d’une communauté. Le côté mélo est contrebalancé par des touches d’humour, mais enfin la petite Sueko nous met plus d’une fois les larmes aux yeux. (vu en 2021)

27 mars 2021

Mandibules 2020 Quentin Dupieux

mandibules

Jean-Gab et Manu, 12 ans d’âge mental (pas un reproche, c’est pour situer) trouve une mouche de la taille d’un (gros) chien dans le coffre d’une voiture. Ils ont l’idée du siècle : la dresser pour se faire de l’argent. Il faut dire qu’au début on craint que ça ne tourne à vide, que l’ami Dupieux ne soit arrivé au bout de son système (empiler les situations improbables comme si elles étaient normales) et qu’il soit en manque d’inspiration. Jean-Gab est bien sympa (on ne peut s’empêcher de penser au Dude), lui et son pote sont un peu courts, trop dans la caricature. Puis la rencontre avec cette petite bande de jeunes en vacances apporte une vraie fraîcheur, juste ce qu’il fallait aux deux lascars. Il y a beaucoup de soin et de justesse dans l’écriture et la mise en scène, dans la recherche de ce grand n’importe quoi pas fait n’importe comment. (vu en 2021)

27 mars 2021

Libre et assoupi 2014 Benjamin Guedj

libre et assoupi

Il n’y a qu’une chose pour laquelle Sébastien est prêt à faire des efforts : ne rien faire. Un sujet des plus intéressant, malheureusement on se fait entuber, le vrai sujet étant malgré tout de grandir, de trouver le job idéal, la femme idéale... C’est gentil, mignon et propet, faussement naïf et con comme du Jeunet. (vu en 2021)

27 mars 2021

La Dernière cible (The Dead pool) 1988 Buddy Van Horn

derniere cible

Harry Callahan est devenu une vedette des médias, et son nom apparaît sur la liste d’un jeu où l’on parie sur les personnalités qui ont le plus de probabilités de mourir avant la fin du mois. Idée astucieuse. Clint joue en retrait, il n’a absolument plus rien à dire sur son personnage, il lui rend visite sans en rajouter. Ça aurait pu être le festival habituel de mâchoires serrées et de répliques obligées, mais ce dernier opus amène de la distance et de la dérision (Harry et son lance-harpons), du coup il se regarde, malgré tout, sans déplaisir. Qui aurait cru que l’on verrait dans un même Dirty Harry : du kung fu, les Guns'n'Roses, une poursuite de voiture en modèle réduit ?

27 mars 2021

Crash 1996 David Cronenberg

crash

A la suite d’un carambolage, James découvre que le choc de l’accident développe en lui une énergie sexuelle inédite. Cronenberg ne raconte pas une histoire qui va d’un point A vers un point B, si James a bien un problème, il le garde du début à la fin, rien n’est résolu. Passé le choc initial il n’y a pas de progression, plutôt une méditation glacée, un poème sombre faisant le constat d’un monde perdu. Ça parle bien sûr de la sur-stimulation de nos sens et donc de l’assèchement de nos vies intérieures, James et sa femme semblent vides, dépossédés d’eux-mêmes. L’idée des crashs de voitures pour représenter une sexualité mécanique, envahie, volée, dévastée, en manque de sensations fortes, toujours plus violentes, est assez géniale. Par extension, le film ne parle pas que de sexe mais bien de nos existences. Il est assez proche de Videodrome, c’est la même tyrannie, mais videodrome présentait les deux parties en présence, alors que dans Crash nous n’avons que le point de vue de James, puisque si l’on suppose qu’il y a bien un antagonisme, on ne saura rien sur lui, on n’en verra que la manifestation : des voitures et un réseau routier qui envahissent l’espace privé. Cronenberg conduit toujours en maître sa narration sèche, passant son scénario au tamis et ne retenant que l’essentiel. La façon dont il met en scène ces flux routiers omniprésents, envahissant la sphère privée (les intérieurs n’ont plus rien d’intimes, la voiture devient le lieu où l’on vit), est admirable, et annonce le monde connecté d’aujourd’hui. Et bien sûr la métaphore des voitures qui s'enfoncent l’une dans l’autre, des carrosseries que l’on pénètre , défonce, frappe, le cuir des sièges et les fluides des moteurs, les photos d'accidentés de la route que l'on regarde comme des magazines pornos, jamais la petite mort n’a aussi bien porté son nom. (vu en 2021)

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