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La Diablesse aux 1000 Visages

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9 juillet 2020

Godspeed (Yi lu shun feng) 2016 Mong-Hong Chung

Godspeed

Godspeed reprend les motifs du films de gangster et celui de l'homme ordinaire pris dans une affaire qui le dépasse et à laquelle il ne comprend rien. Pour essayer de le définir, je pourrais le comparer à certains films asiatiques du même genre, comme certains gangsters coréens, qui surenchérissent souvent un peu trop, ou au Lac aux Oies Sauvages, qui met en avant une forme radicale : Godspeed, c'est plutôt le bon dosage, comme un plat assaisoné avec une certaine délicatesse. Et c'est chouette de revoir Michael Hui, on se dit qu'il est quand même sacrément bon et on a envie de revoir ses comédies. (vu en 2020)

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9 juillet 2020

Eraserhead 1977 David Lynch

eraserhead

Je n'ai jamais été trop pressé de voir ce film, bon c'est chose faite. Et j'ai vu ce à quoi je m'attendais : images et bande son fortes, univers anxiogène, le tout est très arty. Un film qu'on imagine projetté dans la salle d'un musée d'art contemporain. Ma limite, c'est que contarirement aux Lynch à venir, celui-ci ne m'implique jamais emotionnellement (vaut mieux pas s'attacher au bébé remarque...), a vrai dire on s'en balance une peu des misères d'Henry. Là où j'ai été étonné, c'est de voir que l'univers de Lynch est déjà là, les intérieurs louches, les motifs de la moquette, les branches d'arbres sur leur cône de terre, les longs silences entre les dialogues, l'électricité, etc. C'est pas gai, mais j'ai cru déceler un certain humour derrière tout ça (ou c'est moi ?). (vu en 2020)

8 juillet 2020

Stranger than paradise 1984 Jim Jarmusch

Stranger than paradise

J’avais 16 ans, je commençais à me douter qu’il y avait autre chose que les westerns, la SF, l’épouvante, l’aventure et Louis de Funès, Stranger Than Paradise arrivait donc au bon moment, ne ressemblant à rien. Ça aurait pu être un autre, sans doute, mais c’est lui qui allait me sortir de mon enfance cinématographique. J’étais sous le choc de cette poésie qui faisait vibrer l’espace entre les choses, car ce ne sont pas les choses que filmait Jim Jarmusch, il ne s’y passe d’ailleurs rien, mais le vide, le rien, entre elles. Cette révélation de l’impermanence des choses me procurait une joie inouïe, libératrice, un satori. Jarmusch trouve un ton un peu triste, un peu drôle, très détaché, élégant. Du rien originel, le film garde un certain minimalisme se confondant avec son sujet. Le récit est fin comme du papier à rouler, pas de montage, des plans fixes pour la plupart, pas de discours, on a l’apparente simplicité, l’apparente légèreté d’un haïku. Bref, qu’est-ce que j’étais heureux de voir ces gens glander, aller d’un endroit l’autre et constater que rien ne change, tout est partout pareil, heureux de ces travellings sur ces vieux building new yorkais au son d’un magnétophone, ces motels pouraves, ces banlieues déprimantes, capturés par ce noir et blanc granuleux, heureux de la ballade à bord de cette caisse les pieds contre le pare-brise, tout ça pour la première fois, avec l’évidence que je l’ai toujours eu en moi. Dans Stranger Than Paradise, le soleil est gris, et un cheval de course s’appelle Tokyo Story. Revu avec plaisir et je m’empresse de dire que je le préfère mille fois à Dead Man. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Mad Max: fury road 2015 George Miller

fury road

Ce n’est pas très sérieux tout ça, Immortan Joe et sa clique, ses bimbos qui ressemblent trop à des mannequins, ces décors post apo pour fond d’écran assez moches, ce guitariste (!), ce message féministe à deux balles. Peut-être que Miller revendique ce mauvais goût, une façon de dire merde à ces blockbusters qui se prennent au sérieux (Nolan, Villeneuve), à ces Marvel qui, euh j’en sais rien, j’en regarde pas. Cette frontalité n'est d'ailleurs pas déplaisante. Bah, de toute façon on s’en fout, car dès qu’on arrête d’exposer, de discuter, de raconter, bref dès que Furiosa est là, le film décolle et on ne peut plus détourner les yeux un instant de peur de tomber du camion, on retient son souffle devant cette course poursuite incroyable, pur mouvement, pur cinéma, qui ne nous laisse pas un instant pour penser, qui laisse la machoire béante devant ces scenes d’action impossibles. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Les Bonnes femmes 1960 Claude Chabrol

bonnes femmes

On est chez Chabrol, faut que ça tue, et ça n’arrive qu’à la toute fin, donnant à ce portrait de femmes un goût touchant et amer. On se demande jusqu’à la fin si ce gars est un tueur ou un amoureux, il s'avérera être les deux, évidemment. Ce sont ces femmes et le manège que les mecs lourd font autour d’elles (le seul qui a du tact étant un assassin) qui font le film : la délurée, la mystérieuse, la douce, la bourge, et c’est vraiment chouette de les voir ainsi dessinées par Chabrol (et Decae à la photo) en ce début des années 60. Ça n’a pas trop changé depuis, les femmes rêvent toujours d’amour, les mecs sont toujours lourdingues, tout le monde veut s’amuser, les patrons font chier et on s’emmerde au boulot. Bien aimé cette caissière et son “fétiche”, un mouchoir qu’elle a trempé dans le sang d’un beau mec, tueur de femmes, lors de son exécution. La monstruosité et l’ordinaire. (vu en 2020)

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8 juillet 2020

Séquences et conséquences (State and Main) 2000 David Mamet

Quelle titre français à la c… Mamet n’est pas malhabille à la réalisation mais c’est le scénario qui est roi ici, peut-être un peu trop pour son propre bien et le nôtre tant il l’emporte sur le reste et procure un plaisir un brin mécanique, mais un plaisir quand même. Et puis il y a Rebecca Pidgeon, pas géniale dans ce rôle, certes, mais absolument désarmante. (vu en 2020)

séquences et conséquences

8 juillet 2020

Le Festin chinois (Gam yuk moon tong) 1995 Tsui Hark

Ceux qui n’aime pas pourront toujours mettre en avant certains problèmes (Tsui Hark ne s’arrête pas à ce genre de détails, ses films sont des expérimentations), le jeu d’Anita Yuen n’étant pas le moindre. Mais au final, la mise en scène véloce, habille et tranchante comme les mouvement d’un sabreur chinois, emporte largement le morceau. (vu en 2020)

festin chinois

8 juillet 2020

Danger: Diabolik! (Diabolik) 1968 Mario Bava

danger diabolik

Seconde déception après Les Trois visages de la peur, un peu pour les mêmes raisons. Bava sait rendre ses plans intéressants mais se fout un peu du reste. On est pas contre ce genre de film pop, mais celui-ci est bien ennuyeux, le couple n’a absolument rien, ni charme, ni esprit, rien. Rappelle-toi Emma Peel et John Steed, ces deux là c’était du champagne et faisaient passer n’importe quel épisode. On dirait qu’il s’en balance, le père Bava, comme de son scénario d’ailleurs. Peut-être que certain y trouve le même plaisir qu’à l’écoute d’un morceau d’easy listening, pas mon cas. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Like someone in love 2014 Abbas Kiarostami, Shay Modaressi

like someone in love

C’est assez fou comme cette histoire toute simple en surface questionne énormément. Il y a ce qu’on voit, et ce que l’on ne voit pas se révèle sans limite. Il y a ainsi beaucoup de paires opposées : innocence/culpabilité, jeunesse/vieillesse, intérieur/extérieur, jour/nuit, apparence/réalité, mensong/vérité, paix/violence, amour/sexe, et j’en passe. Kiarostami expose tout ça l’air de rien (sans y répondre bien sûr, comment pourrait-on ?), sa mise en scène offre des moments anti-spectaculaire, euh, spectaculaire (je me comprend) : la scène d’ouverture évidemment, ou le vieux prof et la jeune femme derrière les réflections d’un pont sur un pare-brise, un plan banal et magique, et je ne saurais pas dire pourquoi, sans doute nourri par tout ce qui précède. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Pris au piège (Four o'clock) 1957 Alfred Hitchcock

pris au piège

Mieux, pas mal du tout, assez sadique (qu’est-ce qu’il fait subir à ce pauvre gars !). Assez drôle, parce que cette voix intérieure ne colle pas vraiment avec la gueule du personnage, assez masochiste finalement : on dirait qu’il souhaite vraiment y passer, en tout cas il ne se donne pas trop de peine pour s’en tirer. Crie plus fort mec ! (vu en 2020)

8 juillet 2020

Le Crime parfait (The Perfect crime) 1957 Alfred Hitchcock

crime parfait

Très bavard et peu inspiré. Voilà. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Gabriel et la montagne (Gabriel e a Montanha) 2017 Fellipe Barbossa

Belle surprise, ce mélange de cinéma vérité (les vrais protagonistes jouent leur propre rôle, Barbassa refait le périple qu’il raconte…) et de fiction, ce personnage sincère, entier, louable, mais aussi chiant, agaçant, prétentieux. La mise en scène attentive laisse de la place à ces belles régions africaines et à leur habitants. (vu en 2020)

gabriel et la montagne

8 juillet 2020

Fishing with John 1991 John Lurie

fishing with john

Semblerait que cette série a ses fans, qui lui prêtent un certain type d’humour à froid. Ouais, peut-être, mais, et ça m’embête de le dire, vu le beau monde réuni là-dedans et l’esprit off-beat qui y règne, c’est loin d'être passionnant. Ces épisodes vivent à la hauteur de leur invité : c’est sympa de voir Lurie et Jarmush, assez potes pour pas devoir faire semblant, Dafoe est décidément un type sympa, Waits c’est pas mon truc, Dillon est mutique et ne sait visiblement pas trop ce qu’il fait là, Hooper fait de l’esprit (“It just look, you know, like what it is”, bravo Denis). Low fi, assurément. Comprend qu’il y ait pas eu de suite. (vu en 2020

8 juillet 2020

Merry-go-round 1980 Jacques Rivette

merry-go-round

C’est largement improvisé, à l’image des deux musiciens intervenant au gré du film. Une sorte de free cinéma. Ceux qui aiment louent sa dimension ludique, façon jeux de pistes. Moi aussi je trouve ça assez beau, la symbolique des jeux de plateau de mon enfance, mais j’évite d’y rejouer de peur de mourir d’ennui. Bref, c’est foutraque, relâché, ennuyeux, malgré Maria Schneider, sympa en garçonne un peu sauvage, et la belle présence de Joe Dalessandro. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Killing Eve Saison 3

killing eve s3

Je viens de comprendre de quoi ça parle (dit-il, tout fier) : que la vie qu’on vit n’est pas la nôtre, que les valeurs qu’on nous a inculqué sont moisies, qu’on a besoin non d’immoralité, mais d’une autre morale, “d’autre chose”. (vu en 2020)

8 juillet 2020

God of cookery 1996 Stephen Chow

La réalisation plus d’une fois brouillonne n’y fait rien, tout le talent de Stephen Chow est là, son scénario drôle et malin, sa désinvolture, sa manière de mêler thèmes et genres sans aucune gêne, son humour pas vraiment subtil et irrésistible. (vu en 2020)

god of cookery

8 juillet 2020

The Vast of night 2019 Andrew Patterson

C’est un scénario où les événements sont racontés par les dialogues, donc jamais montrés. Alors, pour qu’il y ait un peu de cinéma, on a droit à de longs plans séquences quand on passe d’un lieu à l’autre, super. On a droit aussi à cette patine vintage tant à la mode de nos jours. Désolant. (vu en 2020)

vast of night

8 juillet 2020

A.K. 1985 Chris Marker

a

Moins un documentaire sur Ran qu’un portrait du patron, tel un empereur, un demi-dieu, vénéré et bien entouré par son équipe dévouée, patient et déterminé, un roc. Le doc évite le spectaculaire et bien sûr l’anecdote, se concentre sur les visages, les gestes, la météo. (vu en 2020)

8 juillet 2020

American honey 2016 Andra Arnold

american honey

Star est dans la dèche, alors elle plaque sa p’tite famille et s’embarque avec un groupe d’ados sillonnant le midwest pour vendre des abos de magazines. Ca ressemble à la liberté, et Jack est cromignon, mais derrière les fêtes, les pétards et tout ça, n’est-elle pas tout aussi asservie que n’importe qui ? On tremble, on se dit que ça va mal finir tout ça, mais non, personne n’est violé, personne ne se suicide, life goes on. Pas tout à fait un portrait de l’amérique (juste quelques échantillons), plutôt un récit d’apprentissage, un film de personnages (comme dirait Truffaut) qui raconte en 2h45 ce que d’autres aurait fait en quinze minutes. Arnold, sans juger, sans développer non plus, filme ces corps jeunes, tatoués, sensuels, cette culture en marge dans un flot continu d’images gorgées de soleil, avec une bande son rap qui me fait passer pour un vieux con. Le film y va au forceps (à la durée), édifiant et un peu trop arty avec sa caméra à l’épaule, son format carré et ses gros plans sur les zolies fleurs. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Robocop 1987 Paul Verhoeven

robocop

Le film d’action est tout juste sympa, mais l’intérêt est ailleurs, dans la manière dont Verhoeven s’en empare et y distille son penchant pour le mauvais goût, son rire grinçant, sa malpolitesse, ses scènes qui ne se font pas prier pour aller trop loin plutôt que de s’arrêter à temps, sa façon de rentrer dans le lard du capitalisme. Notons au passage une héroïne peu présente mais annonçant celles à venir.

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