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La Diablesse aux 1000 Visages

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8 juillet 2020

Salé, sucré (Yin shi nan nu) 1994 Ang Lee

salé, sucré

Ang Lee continue de parler de personnages coincés entre tradition et modernité. Il connaît son sujet, ça se sent, c’est assez fin. Les scènes de cuisine sont assez simples mais géniales, et suffisent à justifier la vision du film. Il faudrait faire un cycle avec tous ces films asiatiques qui parlent de bouffe, un sous genre en soi là-bas. Pourtant le film ne parle pas vraiment de cuisine mais de sentiments amoureux et de liens familiaux. J’ai vu ce film pas mal de fois et je me rends compte que j’ai toujours pris Chien Lien Wu pour Anita Mui. J’aime bien aussi Sylvia Chang. (vu en 2020)

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8 juillet 2020

Shaolin soccer (Siu Lam juk kau) 2001 Stephen Chow

shaolin soccer

Un crève-la-faim au coup de pied en or devient le centre d’une équipe de foot se basant sur le kung-fu. C’est une vrai comédie Hongkongaise, avec cet humour bien de là-bas (rien que l’accent, t’es mort de rire), cet improbable mélange de genre, cette façon décomplexée de piller nombre de film de l’époque (façon les frères Zucker). Chow y amène son affection pour les déclassés. Devant ce geste à la fois candide, gourmand et rusé, impossible d’opposer la moindre résistance. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Madadayo 1993 Akira Kurosawa

madadayo

Pour son dernier film, AK assure toujours derrière la caméra, filmant ses personnages dans de beaux cadres, enregistrant le passage des saisons en une poignée de plans très simples, charmants, maîtrisant ses couleurs, tirant parti de ses décors de studio en ne cachant pas leur origines et en les rendant très évocateurs. Ceci étant dit, c’est l’histoire d’un prof vénéré et chouchouté par ses anciens élèves, prof qui se complait quelque peu à être le centre d’attention de son petit groupe. On les voit surtout rigoler et piccoler, et le pic du suspens est atteind avec la recherche d’un chat perdu (à moins que ça ne soit de savoir si le prof va clamser avant de finir son verre de biere cul sec). On reconnait bien le th^me de la transmission cher à Kuro, on sent que ce prof est un peu lui, mais franchement c’est un peu mignon avant de devenir gonflant à la longue. Film apaisé (tant mieux), ôde à la fête (OK mais quand on l’observe on se fait un peu…), à la solidarité, ouais. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Incident de parcours (One more mile to go) 1957 Alfred Hitchcock

incident de parcours

Très bien, j’ai furieusement pensé à Psycho. Pas beaucoup de blabla, beaucoups de motifs Hitchcockiens. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Le Secret de M. Blanchard (Mr. Blanchard's Secret) 1956

secret de m

Bien sûr, les parallèles avec Rear Window sont là. Moyen néanmoins, la faute à Marry Scott, fatigante. (vu en 2020)

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8 juillet 2020

Jour de pluie (Wet saturday) 1956 Alfred Hitchcock

jour de pluie

Pas mémorable celui-là, sauvé par John Williams et les deux gamins assez drôle. (vu en 2020)

8 juillet 2020

L'Arriviste (Election) 1999 Alexander Payne

arriviste

Matthew Broderick n’est pas là par hasard, cette fois de l’autre côté, en prof qui essaie de faire de son mieux. C’est peut-être ça Election, une comédie qui veut nous dire qu’il n’y a de héros ou de mec cool nulle part, qu’il n’y a pas de Ferris Bueller, et même pas d’Ed Rooney, juste des gens qui ont des emmerdes. Tout ça est asséné avec un peu trop d’évidence, je veux dire : mais qu’est-ce qu’il veut nous raconter à la fin ? Juste ça ? J’avoue que je ne sais trop quoi penser, c’est pas mal, amusant par moment, mais on sent qu’il veut dépasser la simple comédie et c’est là que c’est un peu court, le film hésitant entre satire et raillerie, un problème que l’on retrouve dans d’autres de ces films. (vu en 2020)

8 juillet 2020

L'Arriviste (Election) 1999 Alexander Payne

arriviste

Matthew Broderick n’est pas là par hasard, cette fois de l’autre côté, en prof qui essaie de faire de son mieux. C’est peut-être ça Election, une comédie qui veut nous dire qu’il n’y a de héros ou de mec cool nulle part, qu’il n’y a pas de Ferris Bueller, et même pas d’Ed Rooney, juste des gens qui ont des emmerdes. Tout ça est asséné avec un peu trop d’évidence, je veux dire : mais qu’est-ce qu’il veut nous raconter à la fin ? Juste ça ? J’avoue que je ne sais trop quoi penser, c’est pas mal, amusant par moment, mais on sent qu’il veut dépasser la simple comédie et c’est là que c’est un peu court, le film hésitant entre satire et raillerie, un problème que l’on retrouve dans d’autres de ces films. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Les Choses de la vie 1970 Claude Sautet

choses de la vie

Il faut reconnaître que les scènes de la vie quotidienne du couple, magnifiquement servies par Piccoli et Schneider, ont une façon de sonner juste, de révéler ce quotidien, que l’on sait n’être qu’un quotidien de cinéma, dans toute sa grandeur, sa trivialité, sa fugacité, dans ce qu’il a d’insaisissable. Il y a les mots justes, les regards justes, on est touchés par des sentiments complexes éprouvés par ce couple. C’est excellent de montrer l’accident (impressionnant) dès le début, d’en faire l’origine du film, et ainsi débarrassé du souci de sa fin, le récit peut tranquillement révéler son thème - l’impossibilité du bonheur. Cette structure permet aussi d’entreméler les temporalités, d’être dans les souvenirs de cet homme, incapable de se satisfaire du présent, de vivre et de se laisser vivre, happé par le néant comme par un trou noir. Moins été convaincu par contre par cet état semi comateux dans lequel erre Piccoli, et ces scènes presque documentaires montrant les acteurs de l’accident, les badauds. Peut-être Sautet veut-il insuffler du réalisme, croquer son époque, mais elles ont terriblement vieillie et jurent avec les scènes intimes, à juraient celles des pieds nickelés dans Max et le Ferrailleurs. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Séjour dans les monts Fuchun (Chun Jiang Shui Nuan) 2019 Xiaogang Gu

séjour dans les monts fuchun

Encore un très bon film chinois, c’est moi ou ils ont la patate en ce moment ? Celui-là adopte la structure et l’esprit d’un rouleau de peinture classique, d’ailleurs évoqués dans le film, pour brosser le portrait de trois générations et de la ville de Fuyang, tissant des liens entre tradition et modernité, le beau travelling le long de la rivière en étant la meilleure illustration. Mais aussi cette séquence où l’on suit à distance plusieurs couple arpentant les escaliers qui jalonnent ce parc. On sent le réalisateur très attentif à ce qui l’entoure, il a assurément un oeil et on est pas étonné d’apprendre qu’il est du coin et qu’il vient du documentaire. Épaté par cette façon d’inscrire son histoire dans ces paysages urbains, de passer du personnel au monde qui l’entoure. Annoncé comme le premier volet d'un triptyque, on attend la suite. En bonne place pour les tops 2020. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Complot de famille (Family plot) 1976

complot de famille

Même s’il ne se hisse pas au niveau de ses grands films, Family Plot se révèle être un bon dernier film, un bon film tout court. Ce petit couple d’américains moyens qui se gavent d’hamburgers avec un plaisir contagieux, vient rappeler à cet autre couple plus classe et distingué que pour eux, la partie est finie, on est plus dans les années 50, fini les tueurs séduisants, les héroïnes glamours, fini les grands Hitch movie, dégagez, vous n’êtes plus crédibles, plus dans votre époque, le monde est devenue trivial, et la vie continue. Barbara Harris renouvelle joliment l’héroïne Hicthcockienne, et on trouve tout plein de bonnes choses dans cette murder comédie (presque) sans meurtres. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Mon père, ce héros 1991 Gérard Lauzier

mon père ce héros

Tellement mauvais que c’est trop facile de pointer les défauts de la chose, il n’y a que ça. Mal joué (Depardieu s’en tire), pas drôle, mais le gâchis vient du fait que Lauzier ne voit rien, n’exploite rien, il y aurait eu matière à dire quelque chose sur ces touristes qui viennent se foutent à poil dans un pays “éxotique” où on prend soin qu’il ne voient jamais plus loin que le bout de leur piscine. Même les Bronzés saisissaient l’opportunité, mais Lauzier, comme ses touristes, ne voit que dalle. Et il est tellement sans talent qu’il n’arrive même pas à tirer un joli plan de l’île Maurice, non pas que ça aurait rendu le film meilleur. Quand à raconter quelque chose sur la paternité ou l’adolescence… (vu en 2020)

8 juillet 2020

Frenzy 1972 Alfred Hitchcock

frenzy

Encore un qui n’a pas toujours les faveurs des plus fervents fans. Mais en vrai il est très bien ce film. C’est la continuité d’un mouvement amorcé plus tôt, où Hitch déshabille ses films du glamour et de la séduction des studios américains, de la classe de ses films anglais (bon, l’est tourné en angleterre aussi), et nous confronte avec un mal plus vulgaire et plus commun. Avant, on avait Grace Kelly, Madeleine Carroll, Tippi Hedren, ici on a une femme grimaçante, la langue pendant hors de la bouche, ou une serveuse ni chaude ni froide, juste normale. Hitch filme les meurtres dans ce qu’ils ont de plus sordide, et dénudent les femmes commes jamais auparavant. Sans oublier l’humour, le film est mené comme une comédie, noire of course. Un commentaire sur IMDB y relève l’importance de la nourriture, c’est vrai qu’il en est farci, toujours en rapport au sexe ou aux meurtres. Once again le méchant intéresse plus le maître que le gentil, peu sympa. Quand même, Rusk n’a visiblement pas l’intention d’arrêter de tuer, alors pourquoi se donne-t-il autant de mal pour faire accuser Blaney, qui sera disculpé dès le prochain meurtre ? (vu en 2020)

8 juillet 2020

L'Étau (Topaz) 1969 Alfred Hitchcock

Etau

Là on est d’accord, c’est pas fameux, le père Alfred s’est pris les pieds dans le tapis et semble avoir été un peu dépassé par son projet. Comme dans les autres Hitch raté, il y a de bons moments (mon préféré : Karin Dor, abattue, d’un coup de revolver, s’écroule sur le sol, vue d’en haut, sa robe formant comme une corolle de sang bleu, la classe) et on ne s’emmerde pas, mais enfin il y a quelque chose qui ne joue pas avec ses multiples parties, ces nombreux personnages qui, à la fin, forme un mic-mac hétérogène sans une ligne forte pour tenir le tout, à l’image de ce casting et de ce tournage international où les protagonistes et les enjeux ne se rencontrent pas. (vu en 2020)

8 juillet 2020

L'Ange noir 1994 Jean-Claude Brisseau

ange noir

Il s’agit de la haute bourgeoisie envahit de l’intérieur par une espèce de mystique féminine, où la femme, mystérieuse, sexuelle, innacessible aux hommes, dispensatrice de désirs et de tourments, serait l’ultime secret derrière les apparences. Les visions de Brisseau, troublantes, subvertissent ces grands bourgeois et le film lui-même, beau et ridicule, un peu maladroit. Un grand écart entre Hitchcock et Jean Rollin, peut-être. Pas réussi mais certainement pas raté, à part, ce qui est déjà quelque chose. J’ai beaucoup été gêné par Tchéky Karyo, aussi crédible en avocat que moi en fleuriste, et par un son dégueulasse, peut-être ma copie était-elle limite. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Le rideau déchiré (Torn curtain) 1966 Alfred Hitchcock

rideau déchiré

Ah, ce film n’a pas toujours bonne cote, je l’ai trouvé très bon pour ma part. D’abord superbe photographie, et magnifiques mate-painting, suscitant une jubilation de gamins devant des modèles réduits. Paul Newman est très bon, malgré tout ce qu’on en dit, Julie Andrews aussi, même si elle est assez passive, elle est du côté des femmes rassurantes, des femmes Hitchcockienne à marier. L'histoire est plutôt classique mais la forme et le soucis qu’à Hitch de déjouer les clichés font tout. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Rhapsodie en août (Hachi-gatsu no rapusodî) 1991 Akira Kurosawa

rhapsodie en aout

Un petit film d’AK, un film de vieux maître (tellement vieux maître qu'il peut caster Richard Gere, je te dis pas), apaisé, tranquille, toujours avec ses figures de style comme cette manière de cadrer tous ses personnages dans un même plans, ou ce travelling à la fin, et toujours travaillé par le souvenir de la bombe. Pas de ronins, de flics, de crève-la fin, juste une grand-mère et sa mémoire. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Pas de printemps pour Marnie (Marnie) 1964 Alfred Hitchcock

marnie

Le suspens basé sur l’inconscient est cette fois réussi (souviens-toi de Spellbound). Marnie est la femme la plus touchante de la filmo d’Hitch (j’ai senti mes yeux devenir humide plus d’une fois, c’est l’âge) et Tippi Hedren est impeccable. Adoré aussi la photo de ce très beau film, tout en tons crème et pastels, préparant l’apparition de ce rouge fatidique. Le film est magnifique et parfois étonnant, comme ce curieux premier plan intrigant (ce sac à la forme suggestive en lieu et place du visage de Marnie), ou ce vol de coffre fort tout en silence, superbe. On remarque beaucoup de perspective très marquées, en revanche pas compris leur signification. (vu en 2020)

 

8 juillet 2020

Judo (Yau doh lung fu bong) 2004 Johnnie To

throwdown

Ce n’est guère l’histoire, étonnamment mince et erratique, qui fait l’intérêt de Throwdown, mais d’une part sa structure scénaristique en miroir (le film commence par sa fin, les personnages ne cessent de retourner aux même endroits, de refaires les mêmes actes, comme un kata qu’on travaille encore et encore), éclatée, et sa mise en scène ludique, toute entière dédiée à l’instant, à ses affrontements, sans dramatisation (tout le monde est fair-play, des antagonistes mais pas de méchants). Johnnie To filme magnifiquement sa ville, avec une caméra très mobile, dans un style serré et décontracté à la fois (du jazz), et un plaisir communicatif. (vu en 2020)

8 juillet 2020

Journal d'une femme de chambre 2015 Benoît Jacquot

journal d'une femme de chambre 2015

Célestine, femme de chambre de son état, débarque en province chez ses nouveaux patrons. Le film suit la même histoire que celui de Buñuel, et dit bien la même chose : cette domestique dont ni la vie ni le corps ne lui appartiennent, prête, pour échapper à sa condition, à suivre un assassin, pédophile et antisémite (quand même), ses employeurs méprisants, dégueulasses, la condition féminine, et tout et tout. Le film le dit mais échoue à le montrer, à le faire ressentir, sans doute à cause de la mâchoire de Léa Seydoux, crispée du début à la fin, à cette mise en scène maladroite (le meurtre de la fillette, marquant chez Buñuel, est ici évoqué vite fait autour d’une conversation, pas terrible), ces flash-back maladroits, trop facile, à cette photo plutôt gaie et jolie où il fait toujours soleil, à cette reconstitution d’époque qui fait, justement, reconstitution. Le film de Buñuel est tellement génial, celui-ci paraît anecdotique. (vu en 2020)

 

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